Que penser d’un investissement dans une « obligation verte » ?

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Par Erik Joly, CIO ABN AMRO Private Banking

Une obligation verte est identique à une obligation « normale » en ce qui concerne la manière dont elle fonctionne. La différence, c’est que le produit d’une obligation verte soutient un objectif durable défini. Bien qu’il existe différents types d’obligations vertes, les objectifs environnementaux les plus courants sont liés à la lutte contre le changement climatique ou à la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2). Plus récemment, les obligations vertes se sont développées pour soutenir une plus grande variété de projets, poursuivant notamment les objectifs de développement durable de l’ONU. Il existe même des obligations « bleues » qui financent des projets durables axés sur le secteur maritime et les océans.

Un large éventail d’émetteurs d’obligations vertes

Des gouvernements, des organisations non gouvernementales (comme la Banque mondiale), des institutions financières et des sociétés émettent des obligations vertes. Par exemple, l’an dernier, le gouvernement belge (noté AA par S&P) a émis une obligation verte à 15 ans pour 4,5 milliards d’euros. Il s’agissait de la première obligation souveraine verte de Belgique. Les fonds ainsi collectés serviront à financer l’atténuation du changement climatique et la protection de l’environnement en Europe. Plus spécifiquement, le produit de ces obligations ira à des projets tels que les transports propres (85 %), les énergies renouvelables (3 %) et l’efficacité énergétique (2 %). Le gouvernement belge, par exemple, envisage de construire des parcs éoliens et d’améliorer l’infrastructure ferroviaire autour de Bruxelles.

Le projet d’investissement dans l’obligation publique belge a connu une souscription presque trois fois supérieure aux attentes, pour un montant total de 12,7 milliards d’euros. Le coupon était de 1,25 % et le gouvernement belge a souligné que cette OLO était identique aux autres en termes de taille, de liquidité et de prix.

D’autres obligations souveraines vertes sont en préparation

La Belgique n’est que le quatrième pays européen à émettre des obligations vertes, après la France, l’Irlande et la Pologne. Cependant, plusieurs enjeux gouvernementaux apparaissent. En mai, le gouvernement néerlandais a annoncé son intention d’émettre une obligation verte à 20 ans pour 4,6 milliards d’euros. Ce sera la première obligation souveraine verte émise par un émetteur noté AAA. Elle sera accessible aux investisseurs de toutes tailles, puisque proposée en coupures de 1 000 euros.

En 2019, les gouvernements suédois et espagnol devraient également émettre des obligations vertes. En dehors de l’Europe, les gouvernements du Kenya, d’Égypte, de Hong Kong et du Vietnam prévoient eux aussi d’émettre des obligations vertes.

Cependant, les obligations d’État sont encore minoritaires parmi les émetteurs d’obligations vertes. L’avance est détenue par des entreprises, notamment des institutions financières.

Les entreprises émettrices d’obligations vertes en hausse

Des entreprises technologiques, comme Apple, ont également émis des obligations vertes, de même que des entreprises énergétiques, telles qu’E.ON en Allemagne, et des entreprises de télécommunication, comme Telefonica en Espagne. L’obligation d’Apple, pour 1,5 milliard de dollars, a été émise pour financer de nouveaux bâtiments durables et améliorer l’efficacité énergétique. En Europe, les deux principaux secteurs émetteurs d’obligations vertes sont les secteurs de l’énergie et de l’immobilier.

Les entreprises énergétiques traditionnelles émettent généralement des obligations vertes pour financer des projets d’énergie renouvelable et améliorer leur profil vert. En Europe, de nombreuses grandes entreprises énergétiques diversifiées, dont Enel, Engie et Iberdrola, ont émis des obligations vertes pour financer la transition des combustibles fossiles vers des sources d’énergie renouvelables. Les opérateurs de réseau, tels que la société néerlandaise Tennet, utilisent des obligations vertes pour financer le transport d’électricité renouvelable provenant d’éoliennes offshore vers le réseau électrique terrestre

Comme le montrent ces projets, les obligations vertes sont des outils efficaces pour aider les entreprises à financer la transition vers une réduction des émissions de CO2 et à mettre en place l’infrastructure nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. L’idée d’utiliser les marchés des capitaux pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat et les objectifs de développement durable des Nations Unies fonctionne clairement.

L’avenir devient plus vert

Les émissions d’obligations vertes pourraient se développer considérablement, car elles ne représentent aujourd’hui qu’un faible pourcentage de l’ensemble des émissions d’obligations. Les opportunités d’investissement, tout comme les fonds, suivent l’augmentation des émissions. Aujourd’hui, les fonds sont limités simplement en raison du déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché des obligations vertes. L’offre et la demande des investisseurs institutionnels, comme les fonds de pension, sont limitées. Ces investisseurs « buy & hold » achètent des obligations vertes en raison de leur qualité, de leur profil risque/rendement et de leur capacité à améliorer le profil de durabilité des portefeuilles. Ils permettent également aux investisseurs institutionnels de répondre à l’intérêt croissant de leurs clients pour les investissements durables.

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