COP 25 : Une occasion manquée !

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Par Ophélie Mortier, DPAM

Le seul consensus du sommet climatique de l’ONU à Madrid que l’on peut retenir est l’échec des discussions. En effet, s’il y a un point sur lequel tout le monde est tombé d’accord c’est bien la déception générale des négociations onusiennes des deux dernières semaines.

Et pourtant, dans son discours d’introduction, le Secrétaire Général des Nations Unies Mr. Guterres avait été clair sur l’urgence d’ambitions fortes. Il a ainsi mentionné le « point de non-retour sur la question climatique».

De plus, 2019 a fourni sa série d’exemples concrets du changement climatique à travers le monde. On parle ici, par exemple, des incendies au Brésil, de la fonte des glaciers, des cyclones au Mozambique et au Bahamas, de Venise inondée, de la sécheresse en  Australie. Malgré cela, les pays présents n’ont pas pu relever le défi de définir les obligations techniques et légales nécessaires à l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 2° C voire de préférence  1.5° C. Ils ont préféré s’enliser dans des discussions sans fin de haute technicité comptable.

Report de décision

En effet, au cœur des discussions plutôt techniques et comptables, la conférence devait mettre en place l’article 6 de l’Accord de Paris qui vise essentiellement la mesure et l’accomplissement des engagements de réductions des émissions carbones (INDC). Il fallait notamment résoudre la question des éventuels doubles comptages mais aussi l’intégration demandée par certains pays (en général les plus émetteurs) de méthodes de calculs avantageuses accordées dans le Protocole de Kyoto. Mais ces méthodes auraient pour résultat de réduire les ambitions de réductions d’émissions réelles engagées dans l’Accord de Paris. Malgré la longueur quasi record du sommet, les discussions se sont conclues sur un report de la décision au sommet intermédiaire de Bonn en juin prochain.

Dialogue sur l’océan

Au-delà de l’objectif premier du sommet, les attentes étaient grandes face à l’urgence climatique pointée par les scientifiques. Cette urgence est aussi réclamée par une mobilisation sans pareille de la population mondiale. On a évoqué ainsi notamment l’idée d’une « COP bleue » pour intégrer la question des océans et la question des pertes et dommages liés au changement climatique. Ici aussi on a pu constater peu d’actions concrètes et ambitieuses.

Sur la question d’un focus particulier sur les océans, qui représentent deux tiers de la surface terrestre et absorbent un quart des émissions de dioxydes de carbone, le sommet conclut sur la reconnaissance d’un besoin d’action plus rapide et plus forte. Il décide aussi de l’organisation d’un dialogue sur l’océan.

Peu de résultats concrets

Sur la question de la responsabilité et du financement des pertes et dommages liés au changement climatique, même report de décision. La réunion conclut sur la mise en place d’un groupe de travail d’ici 2020. Ce groupe planchera sur un plan d’action et le rôle du fonds vert pour le climat dans ce financement. Mr. Guterres n’a pas caché sa déception du résultat de la COP 25. C’est en effet un échec alors que le monde n’est déjà pas sur les rails pour les engagements de Paris. Or, l’année 2020 marque un tournant important dans ces engagements avec la révision des engagements (« INDC ») de ses signataires. Aujourd’hui, seulement 80 pays représentant à peine 10% des émissions globales, ont revu leurs ambitions à la hausse. C’est probablement l’absence de résultats concrets qui justifie le peu de couverture médiatique de la COP 25. L’annonce du Green Deal par l’Union Européenne, qui veut consacrer minimum 25% de son budget à long-terme à l’action climatique lui a un peu volé la vedette médiatique. Malheureusement, la dernière action de la Commission européenne de Mme Von der Leyen n’a pas fait le poids face à la réticence des émetteurs importants tels que le Brésil, la Chine, l’Inde ou encore l’Australie.

Occasion manquée donc ! Le rendez-vous est reporté en juin 2020 pour la session intermédiaire de Bonn et en septembre pour le sommet EU-Chine à Leipzig…

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