Qu’est-ce que le rachat d’actions propres?

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Par Frédéric de Laminne, Rédacteur

De nombreuses sociétés cotées procèdent au rachat de leurs propres actions. Ce procédé est-il intéressant pour les actionnaires?  Quelles conclusions peut-on tirer d’une telle annonce ?

Juridiquement et comptablement, le rachat d’actions propres est soumis à un certain nombre de contraintes. En particulier, les sommes dédiées à ce rachat doivent être disponibles pour la distribution de dividendes . Elles doivent donc provenir de réserves disponibles constituées à partir de bénéfices mis en réserve au cours des exercices précédents. La société devra alors isoler ces réserves qui deviendront indisponibles.

De plus, si c’est une société belge, elle ne pourra pas acquérir plus de 20% de ses propres actions.

  1. Pourquoi procéder au rachat de ses propres actions ?

L’entreprise peut avoir plusieurs raisons de procéder au rachat de ses propres actions :

  • Elle a la possibilité d’agir sur la régulation de son cours de bourse. L’entreprise peut notamment réaliser une bonne opération financière si elle considère, à juste titre, que le cours de bourse est trop bas par rapport aux perspectives de la société. Elle espère donc réaliser une plus-value en revendant les titres une fois que le cours aura grimpé.

Si le nombre de titres est relativement important par rapport aux volumes échangés habituellement en bourse, le rachat pourra avoir une influence mécanique positive sur le cours de bourse puisqu’il augmentera la demande. Cependant, cet effet risque d’être de courte durée et l’effet inverse se produira vraisemblablement au moment de la revente des titres.

  • Une autre possibilité est l’acquisition de titres en vue de permettre l’intéressement du personnel à qui l’on octroie des options d’achat d’actions dans le cadre des plans de « stock options ».
  • Alternativement, l’entreprise peut encore décider de détruire les titres acquis, ce qui aura un effet rélutif (c’est-à-dire, le contraire de dilutif) sur le bénéfice par action. Prenons un exemple : si une société a émis 1 000 000 d’actions et réalise un bénéfice de 8 millions d’euros. Le bénéfice par action est donc de 8 euros par action. En acquérant 20% de ses actions puis en les détruisant, la société n’a plus que 800 000 actions et le bénéfice par action passe donc mécaniquement à 10 euros. Avec un rapport cours/bénéfice de 15, le cours de bourse devrait théoriquement passer de 8 € x 15 = 120 € à 10 € x 15 = 150 € !
  • Le rachat peut également servir à modifier le contrôle de la société. Par exemple, dans le cas des sociétés qui ne sont pas cotées en bourse, le rachat par l’entreprise de ses propres actions peut constituer une manière d’acquérir les parts d’un actionnaire sans que les autres doivent mettre la main au portefeuille.

2. Quel signal ce rachat donne-t-il ?

A priori, le fait qu’une société considère que son cours de bourse est trop bas devrait être considéré comme un signal positif. Sa direction devrait être bien placée pour évaluer les perspectives. D’un autre côté, on peut aussi considérer cette annonce comme le signe que la société manque de projets attrayants à financer. De plus, le rachat d’actions suivi de leur annulation ne peut qu’affaiblir la situation bilantaire. Soit la société a puisé dans ses liquidités pour racheter ses actions, soit, ce qui est pire, elle a dû s’endetter.

Quant à l’’investisseur particulier belge, il pourrait préférer toucher un dividende. Et ce, même si celui-ci subit un précompte mobilier (30% actuellement en Belgique, auquel peut s’ajouter une retenue à la source dans le pays d’origine de la société si elle n’est pas belge) alors que les plus-values sur actions ne sont pas imposées… En effet, de nombreux investisseurs rechignent à céder une partie d’un investissement pour compenser la faiblesse des dividendes payés, même avec un avantage fiscal à la clé.

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