Investir de façon socialement responsable : quelle réelle différence ?

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Par Sheila Ter Laag, spécialiste ESG pour BNP Paribas Asset Management

L’énorme progression de l’investissement durable s’explique plus facilement si l’on dissipe deux malentendus persistants : qu’il ne s’agit que d’idéalisme et qu’il n’est pas compatible avec un bon rendement financier.

L’investissement durable est rapidement devenu très populaire. Au niveau mondial, plus de 23 000 milliards d’euros sont investis selon des critères ESG[i], soit environ un quart de la valeur totale des investissements en actions mondiales. L’émergence de cette forme d’investissement ne tient pas seulement de l’idéalisme. Le secteur financier a, entre-temps, réalisé les enjeux. Ce constat ressort non seulement de l’énorme quantité d’argent qui afflue vers les investissements durables, mais aussi de la collaboration qui se met en place. Un bon exemple à ce sujet est la création, il y a environ un an, du Network for Greening the Financial System,qui implique les présidents de huit grandes banques centrales et est présidé par l’homme d’affaires et politique Michael Bloomberg. Ces personnes ne sont pas purement idéalistes, mais aussi conscientes des intérêts financiers considérables qui sont en jeu.

  • Le prix du changement climatique

Par intérêts financiers, on peut citer, par exemple, les conséquences du changement climatique. Les dégâts imputables aux grandes catastrophes naturelles ont augmenté de façon exponentielle ces dernières années, ce qui engendre des coûts colossaux pour les compagnies d’assurance et les entreprises actives dans les zones sinistrées. Le secteur financier est de plus en plus conscient de l’urgence des mesures à prendre pour que le monde reste un endroit où il fait bon vivre au risque que le prix à payer en cas d’inaction soit bien plus élevé. Certaines mesures sont susceptibles de bouleverser d’autres secteurs. Les sociétés d’énergie devront, à l’avenir, se passer le plus rapidement possible des réserves de gaz et de pétrole. Le durcissement de la réglementation sur les émissions de CO2 pourrait, à terme, rendre l’extraction de combustibles fossiles tout à fait désavantageuse sur le plan commercial.

  • Investir durablement, est-ce rentable ?

Compte tenu de ces changements majeurs, on peut sans aucune peine lever le deuxième malentendu à propos de l’investissement durable. On pourrait penser que son rendement est inférieur à celui des investissements traditionnels, mais il n’en est rien. Une analyse de la gestion des questions environnementales et sociales des entreprises sous l’angle du développement durable permet de mettre en évidence des risques impossibles à repérer uniquement sur la base des résultats financiers. Une entreprise plus économe en eau et en énergie, par exemple, est favorisée par rapport à ses concurrents si les prix de ces ressources augmentent subitement.

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[i]Global Sustainable Investment Alliance, 2017


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