Réfléchissez-y à deux fois avant d’investir dans une « licorne »

@pexels

Par Andrew Evans, gestionnaire de fonds chez Schroders

Investir dans une « licorne » à valorisation élevée n’est pas un moyen durable de générer du capital.

Des licornes à profusion

La Grande-Bretagne a récemment annoncé qu’elle occupait la troisième place, derrière les États-Unis et la Chine, du classement mondial des sociétés de technologie non cotées en bourse et dont la valeur dépasse 1 milliard de dollars. Au cours des deux dernières décennies, les entrepreneurs britanniques ont produit 72 licornes, dont 13 rien que l’année dernière.

Mais, toutes les réactions enthousiastes ne doivent pas faire oublier les données objectives. On peut se baser sur le ratio cours-bénéfices corrigé des variations cycliques (CAPE). Ce ratio reflète l’évolution moyenne des bénéfices au cours des dix années écoulées, corrigée de l’inflation. Le CAPE aide à déterminer si une entreprise ou un secteur est bon marché ou coûteux.

Trois success-stories

La revue The Economist s’est récemment intéressée à douze licornes anciennes et actuelles du secteur de l’Internet, qui sont actives notamment dans les domaines du transport, du streaming musical, de l’immobilier et du commerce en ligne. Six sont originaires des États-Unis, cinq d’Asie et une d’Europe, avec une moyenne d’âge de dix ans. Ensemble, elles représentent une valeur de marché de 350 milliards de dollars. Ces sociétés ont une valorisation combinée de 350 milliards de dollars, soit à peu près autant que la valorisation basée sur les émissions d’actions d’Alibaba (2014), Facebook (2012) et Google (2004). Ces introductions en bourse, qui ont conduit à la création de plus d’un billion de dollars de valeur, comptent parmi les plus réussies et resteront gravées dans la mémoire des gestionnaires de fonds, ajoute l’article. « Les gestionnaires de fonds qui détenaient de telles actions ont obtenu de meilleurs résultats tandis que ceux n’en détenaient pas ont risqué d’être licenciés. »

L’article paru dans The Economist souligne également que onze entreprises des douze en question ne font pas de bénéfices. C’est actuellement le cas pour 84 % des introductions en bourse, contre 33 % il y a dix ans. Les douze ont déjà brûlé 47 milliards de dollars pour atteindre leur niveau actuel. C’est un lourd tribut à payer. Pour justifier la valorisation à 350 milliards, elles doivent augmenter leur chiffre d’affaires de 49 % par an au cours des dix prochaines années. C’est le même taux de croissance qu’Amazon, Alphabet et Facebook ont réalisé durant les dix années qui ont suivi leur introduction en bourse.

Aucun bénéfice et plutôt onéreuses

Il est humain de ne retenir que les grands gagnants. Les cours des actions d’Amazon, Alphabet et Facebook ont bien performé. Mais à côté de cela, des centaines d’entreprises technologiques prometteuses ont connu l’échec et disparu sans laisser la moindre trace. Nul ne peut dire si les douze réussiront ou non. Mais pour un investisseur en valeur, il n’est pas avisé d’investir dans des sociétés qui ne font pas de bénéfices et qui affichent de surcroît une valorisation élevée. Cela n’est pas un moyen durable de générer du patrimoine sur le long terme. 

Retrouvez le texte complet de cette analyse dans l’article intitulé “Why investors should think hard before feeding a ‘unicorn’”, d’Andrew Evans, gestionnaire de fonds chez Schroders. 

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