Placements : comment préparer la rentrée ?

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A la veille de la nouvelle année scolaire, il est bon de refaire aussi le point dans ses investissements. Les taux d’intérêt n’en finissent pas de baisser. Les marchés boursiers donnent des sueurs froides aux investisseurs. Dès lors, comment appréhender la rentrée pour ses placements ? Le point avec Christof Govaerts, responsable de la stratégie de gestion chez Nagelmackers.

A quoi doit-on s’attendre sur le front des taux d’intérêt ?

La situation à ce niveau était déjà difficile. Aujourd’hui, elle l’est encore plus ! On anticipe encore une politique monétaire accommodante aux Etats-Unis. De ce fait, il pourrait y avoir trois baisses de taux d’intérêt d’ici fin 2020 dans ce pays.

En Europe, les observateurs et dirigeants ont fait le constat des limites de la politique monétaire de la BCE. L’effet sur la croissance et l’économie réelle n’est pas celui qui était escompté. On a connu une inflation sur les marchés des avoirs financiers mais pas dans l’économie réelle. De ce fait, il faut peut-être faire autre chose. Les Etats devront sans doute prendre le relais avec des mesures fiscales. Ces mesures auraient pour but de relancer la croissance. On sait, par ailleurs, que la BCE prépare quelque chose. Baisses des taux directeurs et nouveaux programmes d’achats seront sans doute au menu de la rentrée. Mais ces actions sont déjà anticipées par les marchés à hauteur de 90%.

On doit donc s’attendre à des taux d’intérêt négatifs ou des rendements obligataires négatifs au moins jusqu’à la fin de 2020. Cette situation aura un impact aussi sur les banques.

Et qu’en est-il sur les marchés boursiers ?

On sent très nettement l’impact que les guerres commerciales ont sur les marchés d’actions. On pensait que l’impact serait limité entre la Chine et les Etats-Unis. Or, on voit déjà des effets significatifs sur des titres européens comme Siemens, Bayer ou BASF. Les actions des industries automobiles allemandes souffrent également. C’est le cas de BMW, Mercedes ou Volkswagen. Toutes les industries cycliques ont pris des claques en bourse.

Comment intégrer tous ces éléments dans ses placements ?

On se rend compte qu’il n’y a plus d’opportunités intéressantes sur les marchés obligataires. Aujourd’hui, il y a, sur le marché secondaire, des obligations high yield avec une durée résiduelle de 2-3 ans qui présentent des rendements négatifs. Ce phénomène n’est donc désormais plus limité aux seules obligations de qualité. Il se manifeste aussi sur des obligations de moindre qualité. Et ça c’est grave ! Il faut donc être très prudents en obligations. Il convient d’éviter les maturités trop longues et être très sélectifs sur les durées courtes. Pour notre part, nous sous-pondérons les obligations et plus particulièrement les obligations avec des maturités longues.

Il faut aussi commencer à se méfier des obligations émergentes en devises locales. On vient de voir ce qui s’est passé en Argentine ! Demain, on pourrait voir des risques plus élevés dans d’autres pays émergents comme l’Inde ou la Turquie, par exemple.

Faut-il alors se tourner vers les actions ?

Sur les bourses, les anticipations à la baisse se poursuivent également. Cela va prendre plus de temps que prévu pour que l’économie redémarre. Quand Singapour revoit ses prévisions de croissance à la baisse comme aujourd’hui, c’est un signe négatif. En effet, c’est l’endroit de transit des marchandises par excellence entre l’Orient et l’Occident. C’est la même chose avec l’Australie. Ce pays donne souvent le ton sur le risque à venir. Or, l’Australie vient de baisser ses taux d’intérêt deux fois consécutives. Il faut admettre que l’Asie ne sera plus le moteur de la croissance future. Le FMI a aussi revu ses prévisions de croissance à la baisse.

Et en conclusion ?

Nous ne sommes pas pessimistes mais très prudents. L’impact des éléments géopolitiques et des guerres commerciales est très important. On pense ici aussi à la possibilité d’un Brexit dur. On peut donc garder entre 5 et 10% du portefeuille en liquidités. Certains investisseurs ont pris leurs bénéfices. Aujourd’hui, on manque de visibilité à bien des égards. Nous préférons garder quelques cartouches pour la suite, mais avec prudence…

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