Trois risques méconnus à surveiller !

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En cette fin d’année, les économistes et stratégistes se penchent sur les perspectives financières pour l’année suivante. Dans ce contexte, les avis sont souvent unanimes. Taux d’intérêt bas, croissance économique au ralenti et risques géopolitiques sont généralement au menu. Cependant, certains stratégistes regardent au-delà de ces facteurs communs. Arnaud Delaunay, chief economist chez Leleux met en garde contre trois risques plus spécifiques.

Dettes émergentes

« Il faut se pencher sur l’endettement des pays émergents. Ces pays s’endettent encore beaucoup en devises fortes comme le dollar. Avec le renforcement du dollar américain, de nombreux investisseurs sont poussés à retirer des actifs des marchés émergents », constate Arnaud Delaunay. La taille des dettes émergentes a fortement augmenté entre 2009 et 2018. Cependant, ce marché se diversifie. On y trouve davantage de dettes « corporate ». La part de ces dettes émise en devises fortes reste importante. Mais les obligations en devises locales progressent également. De nombreux stratégistes sont cependant positifs sur cette classe d’actifs. La dette émergente peut entrer dans les portefeuilles dans le cadre d’une diversification. Mais les dettes émergentes feront encore l’objet d’un suivi en 2020.

Hong-Kong dans le viseur

Le deuxième risque entrevu par la société Leleux est le PEG à Hong-Kong. Depuis 1983, le dollar hongkongais est rattaché au dollar américain à un taux fixe de 7,8 HKD pour 1 USD. En Chine, la devise nationale est le renminbi. Ces deux marchés chinois et hongkongais sont très liés. Hong-Kong est, en effet, une place financière importante pour la Chine. En raison des émeutes, on constate une sortie de capitaux importante à Hong-Kong. Le HKD s’affaiblit. « La question qui se pose alors est de savoir si le PEG à Hong-Kong va tenir », note Arnaud Delaunay. Si Hong-Kong converge davantage vers la Chine, tant en termes d’économie réelle que de système financier, le renminbi devrait, en théorie, devenir la devise dominante. Cela  marginaliserait le dollar de Hong-Kong. Cependant, le HKD représente un symbole d’autonomie important pour les Hongkongais. Il n’est pas certain qu’ils veuillent l’abandonner si facilement. A suivre donc…

Repo : vers une nouvelle crise ?

Pour rappel, un Repo est un « Sale and repurchase Agrement ». Il s’agit d’une opération financière par laquelle deux parties s’entendent pour vendre des titres au comptant et à les racheter à terme à une date et à un prix convenus à l’avance. Les Repo ont une maturité en général courte entre un jour et un an. Ce marché présente aussi un risque potentiel. « On constate qu’il y a une pression sur ce marché pour l’instant. Nous arrivons à la fin de l’année. Les banques liquident leurs positions pour avoir d’avantage de liquidités. De cette façon, elles répondent aux exigences réglementaires en matière de liquidité. Il va donc falloir suivre le marché des Repo en cette fin d’année », prévient ce chief economist. Le marché des Repo a déjà connu des tensions en septembre de cette année. La Réserve fédérale va-t-elle encore intervenir sur ce marché en 2020 ? Doit-on s’attendre à une pénurie de dollars en 2020 ? « C’est un marché très peu transparent. Il peut constituer un souci pour le secteur bancaire. Il faudra voir ce qu’il va se passer en fin d’année », annonce Arnaud Delaunay.

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