Perspectives 2020 : pas de panique mais prudence !

Lors du petit déjeuner organisé par La Libre Belgique et le blog MoneyStore, Georges Hübner, Professeur de finance HEC Liège et Thierry Masset, Chief Investment Officer chez ING Belgique ont passé en revue les éléments qui pourraient marquer l’économie et les marchés en 2020.

Taux au plancher

Fin 2018, les anticipations concernant les taux d’intérêt avaient abouti à un quasi consensus : les taux allaient remonter en 2019. « Or, cela ne s’est pas produit. Il y a un an, les taux allemands étaient encore positifs. Aujourd’hui, ils sont en zone négative. Le secteur financier n’avait pas anticipé cette nouvelle baisse. Cela explique les mauvaises performances du secteur bancaire. En revanche, le secteur immobilier frôle la surchauffe», constate Georges Hübner.

Cet économiste estime que les taux d’intérêt à court terme resteront encore bas et que les taux à long terme resteront faibles encore pendant au moins cinq ans. Comment investir dans un tel contexte ? Dans un environnement de taux bas, c’est la théorie TINA qui prévaut : there is no alternative ! La gestion à taux fixe devient très compliquée. Les écarts de taux se réduisent pour les crédits plus risqués. « Les revenus sur l’épargne sont nuls. En gestion obligataire, les taux sont nuls voire négatifs sur les bons débiteurs. Il faut être attentifs au fait que les détenteurs d’obligations courent le risque du débiteur, le risque de taux et le risque de maturité. Mais il faut cependant encore investir en obligations et ce, pour couvrir le risque en portefeuille. Il ne faut pas tout mettre en actions. Il faut bien distinguer la gestion du risque de celle de la performance », conseille Thierry Masset.

Ralentissement sans récession

Aujourd’hui, ce sont les craintes concernant une éventuelle récession qui surgissent. Sont-elles fondées ? On parle de récession lorsqu’on assiste durant deux trimestres consécutifs à une croissance négative du PIB. « Actuellement, nous assistons à un fort ralentissement économique. Ce ralentissement est généralisé et les indicateurs de confiance sont moins favorables que précédemment. Mais parler de récession semble prématuré. Nous allons connaître encore une période de croissance atone », estime Georges Hübner. Il ne faut pas confondre cycle économique et cycle boursier. En effet, depuis 2011, le cycle boursier est long et favorable. Dans ce contexte de croissance atone, quels sont les secteurs et régions les plus risqués ? « Sur l’ensemble de 2019, les secteurs défensifs comme la santé ou la consommation ont bien performé. Cependant, au cours des dernières semaines, on remarque un virage vers davantage de cyclicité. Nous restons prudents face à ce retournement. Nous préférons rester sur des actions de sociétés de bonne qualité qui affichent un bon chiffre d’affaires et des résultats consistants. Nous sommes aussi prudents sur les actions des marchés émergents », conseille Thierry Masset. Les pays émergents pourraient souffrir du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Et l’Europe dans tout ça ? Pendant des années, les stratégistes étaient favorables aux actions européennes. Cependant, elles n’ont jamais vraiment décollé. La question reste de savoir si l’Europe pourrait bénéficier de catalyseurs.En marge des zones géographiques, l’investisseur peut aussi se positionner sur des grands thèmes de société : robotique, cybersécurité, ou vieillissement de la population.

Géopolitique

Un autre risque non négligeable en 2020 concerne la géopolitique. Dans un environnement de croissance atone, l’impact des chocs extérieurs sera plus marqué. En marge de la guerre commerciale, il y a d’autres événements à suivre en 2020. Le Brexit, la situation à Hong-Kong ou les élections aux Etats-Unis seront autant de facteurs de risque pour les marchés financiers. En conclusion, les orateurs prodiguent leurs derniers conseils. « On peut rester investis mais avec prudence », conseille Thierry Masset. Il faudra alors veiller à la qualité, à la liquidité et à la diversification des placements. On peut garder une poche en cash pour les éventuels imprévus. « Je n’ai pas vraiment de conviction pour 2020. Mais il faut être conscient que c’est un très mauvais moment pour changer son profil de risque. Il ne faut pas spéculer avec son patrimoine », prévient Georges Hübner. L’année 2020, connaîtra une croissance atone. Dans ce contexte, les chocs positifs ou négatifs auront un impact plus large sur l’économie et sur les marchés financiers.

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