Hit-parade des fonds : Mauvaise passe pour les latinos !

Cet été la crise argentine a pesé sur les marchés sud-américains. Selon les données fournies par Quantalys, les fonds investis en actions latino-américaines et principalement ceux investis sur la bourse brésilienne ont accusé des baisses de respectivement 6,93% et 7,86% au cours du mois d’août dernier. Le point avec Vincent Juvyns, Strategiste chez J.P. Morgan AM.

Comment explique-t-on ce coup de froid ?

C’est l’Argentine qui a mis le feu aux poudres. Le week-end du 12 août ont eu lieu les élections primaires en vue du scrutin national du 27 octobre prochain. Les sondages étaient serrés. Le parti de Mauricio Macri est assez bien perçu par les marchés compte tenu de la politique d’austérité qu’il entend mener. Cette politique qui vise à redresser l’économie argentine a obtenu le soutien du FMI. Alors que les dirigeants argentins avaient pris la mesure des problèmes à résoudre, leurs opposants politiques reprennent le dessus. Or, ils sont opposés aux politiques économiques menées actuellement. Les marchés et le peso argentin ont donc accusé le coup.

Qu’en est-il dans les autres pays d’Amérique Latine ?

La situation au Venezuela n’a pas évolué. En ce qui concerne le Brésil, il faut rappeler que 6,2% des exportations de ce pays sont dirigées vers l’Argentine. Cependant, le Brésil pourrait bénéficier de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. En effet, le Brésil est un gros producteur de soja vers lequel la Chine pourrait se tourner pour s’approvisionner en-dehors des Etats-Unis. Cependant, les récoltes ont été bonnes aux Etats-Unis cette année, ce qui crée une situation d’offre excédentaire. On a également assisté à un repli des prix du pétrole en août, ce qui n’est pas favorable pour les pays latino-américains.

Il faut noter qu’en règle générale, le climat de guerre commerciale n’est pas favorable pour les pays émergents. Et, dans les pays émergents, l’Amérique Latine est certainement le maillon faible.

A quoi faut-il être attentifs ?

Les pays émergents ne sont pas une classe d’actifs homogène. Quand on y investit, il faut distinguer les pays biens gérés de ceux qui ne le sont pas. Dans ce cadre, le Brésil ou l’Argentine ne valent pas la Chine ou certains pays asiatiques. On distingue des degrés d’émergence différents entre ces pays. La Chine est-elle encore réellement émergente ? Il est un fait que, dans tous les pays émergents, l’Asie domine. Il faut aussi reconnaître qu’un pays comme l’Argentine ne représente qu’une petite partie des pays émergents. Elle n’est présente qu’à concurrence de 0,3% dans l’indice MSCI émergents.

Quelles sont les perspectives ?

L’Amérique Latine devrait pouvoir profiter de la guerre commerciale sino-américaine. Il faudra cependant rester attentifs aux processus de réformes qui vont être mis en place. Dans quelle mesure le Brésil va-t-il s’attaquer à la corruption, au crime organisé et à la relance des investissements dans les infrastructures ? Pour le moment nous ne voyons pas encore d’actes concrets. Affaire à suivre donc.

Avertissement concernant les données chiffrées:

Copyright Quantalys 2019. Les données exportées dans ce fichier appartiennent à Quantalys et ne peuvent être utilisées que dans les limites du contrat de licence vous liant à Quantalys ou des conditions générales d’utilisation acceptées par vous. Ces données ne sont pas garanties, ne sont pas nécessairement à jour ni complètes et Quantalys recommande à l’Utilisateur de ne pas prendre de décisions d’investissement sans en avoir vérifié lui-même l’exactitude et l’exhaustivité auprès des sociétés de gestion concernées, ni sans avoir lu le prospectus du fonds.

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