Quand la Banque centrale européenne doit reconsidérer sa politique

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Pierre Wunsch, Gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, était l’invité de la Société Royale d’Economie Politique de Belgique la semaine passée. Récemment arrivé à ce poste, Pierre Wunsch a dressé un panorama de la situation monétaire en Europe. « Lorsque l’économie va bien un banquier central s’ennuie. En revanche, quand l’économie va mal, ce métier est passionnant », avoue Pierre Wunsch.

Il faut dire que les choses se sont précipitées pour la Banque centrale européenne en 2018. De nombreux indicateurs sont repassés au rouge en fin d’année et la BCE a dû reconsidérer la politique monétaire. La Banque centrale européenne a dû annoncer qu’elle ne relèverait pas ses taux directeurs avant 2020.

Dans les modèles économiques, on a sur-estimé l’inflation et sous-estimé l’emploi. « En ce qui concerne l’inflation, on assiste à un décalage, un décrochage, entre les attentes des experts économiques et les attentes du marché. Nous sommes à nouveau prêts à réactiver les instruments pour permettre à l’inflation de remonter. La politique monétaire utilisera cependant d’abord les taux d’intérêt comme instrument de politique. Elle s’attaquera ensuite à la taille du bilan de la Banque Centrale », ajoute le gouverneur.

Cependant, il convient de rester attentif à l’impact de cette politique de taux d’intérêt au plancher sur les banques. Si les banques ne sont plus rentables, on peut estimer qu’il y a un problème dans la transmission de cette politique monétaire dans l’économie. Aujourd’hui, on est proche de la limite concernant les taux d’intérêt. « On constate que le Trésor a augmenté la maturité de ses emprunts face à la baisse des taux d’intérêt. A terme, il faudra être attentif à l’impact qu’une politique monétaire expansionniste pourrait avoir sur la stabilité financière », prévient Pierre Wunsch.

Dans ce cadre, les banquiers centraux devront envisager aussi d’autres mesures de type macro-prudentielles. Il faudra peut-être imposer certaines règles supplémentaires dans l’octroi des crédits hypothécaires ou augmenter les exigences de fonds propres des banques en cas d’octroi de crédits. Si des bulles apparaissent dans certains segments de marché, laes banquiers centraux peuvent toujours enclencher des politiques plus ciblées.

Mais, aujourd’hui, sur le long terme, les banques centrales sont aussi soumises à de nouveaux défis. La numérisation de l’économie engendre parfois des idées reçues. Les gens ont peur de perdre leur emploi. Or, la croissance bien que faible a été riche en création d’emplois ces derniers temps.

Le changement climatique, sujet à la mode, devra-t-il aussi être pris en compte par les politiques monétaires à l’avenir ? « Si le banquier central devait intervenir momentanément pour assurer cette transition, il faut être réalistes. Il faut être conscients que cette transition énergétique aura un coût et que cela demandera de vrais efforts. Il y aura aussi, par exemple, des révisions à faire dans le calcul de l’indice des prix », note le gouverneur.

Les banquiers centraux doivent donc mettre en place des mécanismes de politique monétaire tout en veillant aux règles macro-prudentielles. Ils doivent également surveiller de près les grands défis à long terme de notre société.

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