Le taux de pauvreté sous-estime les difficultés économiques des belges

Par Philippe Defeyt, Président de L’Institut pour un Développement Durable

Sont considérées comme pauvres les personnes vivant, aujourd’hui, avec

 

  • moins de 1.100 €/mois pour une personne seule
  • moins de 1.650 €/mois pour un couple
  • moins de 2.310 €/mois pour une famille avec 2 jeunes enfants.

Mais on peut aussi mesurer la pauvreté subjective (ce sont les personnes rencontrées qui se déclarent en difficultés), mesurée par des questions du type : « Compte tenu des revenus de votre ménage, votre ménage est-il en mesure de boucler son budget très facilement, facilement, plutôt facilement, plutôt difficilement, difficilement ou très difficilement ? ».

Cette question est posée depuis 2004 en Belgique mais les réponses sont rarement exploitées. C’est dommage, parce que la comparaison entre les réponses à cette question et le taux de pauvreté pour différentes catégories de ménages est très éclairante.

En 2014, 21% des belges vivaient dans un ménage qui boucle difficilement ou très difficilement son budget. Cette même année, le taux de pauvreté était de 15% « seulement ».

Voici d’autres observations :

  • 56% des belges pauvres vivent dans un ménage qui a des difficultés ou des très grandes difficultés pour boucler son budget ; on peut s’étonner que ce pourcentage ne soit pas plus élevé. Certes mais des personnes dites pauvres n’ont pas nécessairement de difficultés pour boucler leur budget. C’est par exemple le cas de personnes âgées propriétaires d’un logement payé et qui n’ont pas de problème de santé et ce pourcentage n’était « que » de 45% en 2005 ;
  • au contraire des personnes qui ne sont pas désignées comme pauvres peuvent avoir des difficultés économiques si, par exemple, elles sont fortement endettées ou très malades ; c’est ainsi que 14% des belges qui ne sont pas pauvres ont des difficultés ou des très grandes difficultés pour boucler leur budget.

Trois conclusions majeures s’imposent :

  1. Entre 2005 et 2014, le nombre de personnes vivant dans un ménage ayant difficile ou très difficile pour boucler son budget a toujours été supérieur au nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, sauf pour les personnes âgées.
  2. La pauvreté subjective a été pendant toute la crise de 2008 plus marquée qu’avant la crise, sauf à nouveau pour les personnes âgées.
  3. Les moins de 65 ans considérés comme pauvres ont de plus en plus de mal à boucler leur budget.

On peut donc parler d’une augmentation de la pauvreté subjective entre l’avant-crise et la période de crise et d’une intensification des difficultés économiques vécues par les personnes vivant en bas de l’échelle des revenus (= sous le seuil de pauvreté), sauf pour les personnes âgées dont la situation absolue et relative s’améliore.

Plus de détails sur l’étude de l’IDD ici

Consultez aussi:

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