Penser à long terme pour ne pas rater notre futur

Nous ne pouvons plus nous permettre de nous voiler la face et de ne pas réagir alors que nous sommes confrontés à une évolution exponentielle des nouvelles technologies. Face aux évolutions fulgurantes de la technologie, c’est un véritable signal d’alarme que lance Peter Hinssen, entrepreneur, conseiller et enseignant, dans son dernier essai « The Day after Tomorrow ». « Ce livre était dans mon esprit depuis des mois et c’est sans doute le livre le plus noir que j’ai écrit. En tant qu’ingénieur, j’ai toujours été très excité par le potentiel qu’offrent les nouvelles technologies mais cette fois-ci, pour la première fois, j’en voyais les inconvénients et c’était très important pour moi de les exposer », reconnaît cet auteur qui en est à son quatrième livre.

De technophobes nous sommes tous devenus techno-addicts et l’accélération de l’impact des technologies comme l’intelligence artificielle ou le blockchain sera bien plus grande que ce que nous avons connu comme accélération durant les 20 dernières années. Les prévisions de chiffre d’affaires et de croissance des marchés sont constamment remises en cause. « Durant des années, l’évolution du nombre de SMS a été exponentielle. Rien ne laissait présager que cela n’allait pas continuer dans le même sens. Puis est arrivé WhatsApp qui a complètement bouleversé la donne et a stoppé nette la croissance du nombre de SMS envoyés. On ne peut pas extrapoler ce que sera the day after tomorrow, le jour après demain. Les concepts seront totalement différents de ceux que nous connaissons maintenant », prévient Peter Hinssen. Un nombre impressionnant de tâches seront effectuées et donc remplacées par des algorithmes. Comment gérer cela d’un point de vue social ? Comment seront prises en compte les conséquences sociales, financières et économiques de ces bouleversements ? Nous pouvons difficilement réaliser l’impact qu’aura cette profonde disruption sur l’emploi. « Nous pourrions atteindre des taux de chômage de l’ordre de 15 à 20% et nous retrouver dans un scénario à la grecque. Il faut s’y préparer mais la majorité de nos politiciens ne sont pas conscients de ce phénomène ».

Les leaderships économiques changent aussi et, aujourd’hui, des sociétés comme Google, Facebook ou Amazon (GAF) sont dans une position où les gagnants raflent tout : ils ont créé de véritables royaumes. Ils exportent leurs avancées technologiques à travers le monde.

Il faut penser à faire revenir les impôts et taxes sur ces revenus dans les pays où les revenus ont été produits. « Que constate-t-on ? L’Europe est la grande absente dans ce contexte. Cela m’inquiète beaucoup mais je pense que nous avons une deuxième chance. La plupart des géants américains et chinois visent le commerce vers les consommateurs particuliers (Business to Consumer). Nous avons une chance dans les services aux entreprises, communautés, Etats (dans le business to business). L’Europe a donc une carte à jouer mais elle doit sauter dans le train de l’innovation. Il faut aussi secouer les politiciens pour qu’ils réalisent que l’éducation doit évoluer. Aujourd’hui, on enseigne les mêmes sujets qu’il y a trente ans. Il faut mettre en place un grand débat de société pour repenser la société d’après-demain. Nous devons avoir une vision et puis l’exécuter », plaide encore Peter Hinssen.

L’Europe bénéficie d’un potentiel de gens brillants. La ville de Zug est devenue une véritable « cryptovalley » avec le développement des monnaies virtuelles. Berlin se construit une renommée dans l’Internet des objets (Internet of Things-IOT). Au Royaume-Uni, la société spécialisée en Intelligence Artificielle Deepmind a été rachetée par Google.

L’Europe doit aussi mettre en place les éléments qui permettent aux entreprises de grandir sans se faire racheter par les étrangers. Peter Hinssen démontre également que les grands succès technologiques ont souvent comme provenance ou pour source de financement des origines militaires ou de défense. L’Europe de la défense n’existe pas et c’est un handicap supplémentaire. Il faudra la construire.

Il arrivera un moment où il y aura probablement plus de personnes que de jobs à pourvoir. Il faut donc stimuler la créativité chez les jeunes. Une des sources de créativité est la co-création qui permet de lancer de nouveaux services ou produits en collaboration avec les clients. L’Europe doit se réveiller pour stimuler ses talents, les pousser sur la voie de la créativité. C’est, selon Peter Hinssen, une des seules façons de passer le cap vers après-demain sans trop de dégâts.

« The Day after Tomorrow », Nexxworks, commande sur http://nexxworks.com/books

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