Investissement socialement responsable : Les Belges à la traîne !

hands-water-poor-povertyLes investisseurs des pays les plus riches sont ceux qui sont les moins concernés par les aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs investissements. C’est une des conclusions d’une étude réalisée au niveau mondial pour le gestionnaire de fonds Schroders sur les tendances des investisseurs en matière d’investissement ESG (Environnement, Social et gouvernance). « C’est assez surprenant, on imagine plutôt l’inverse. Il est vrai que les pays riches sont moins directement confrontés à ces problèmes que les pays en développement », note Wim Nagler, Sales Director Belgium & Luxembourg chez Schroders. Dans ce cadre, les Belges sont en queue de peloton. Pas de quoi être très fiers !

Pour l’investisseur belge, les aspects ESG sont secondaires par rapport à la performance et au risque du portefeuille. Dans l’aspect socialement responsable, c’est la gouvernance qui le préoccupe davantage que le respect de l’environnement ou que les aspects sociaux. Dans son optique de placement, l’investisseur belge a une vue beaucoup trop orientée à court terme, ce qui n’est pas compatible avec un investissement socialement responsable dont les objectifs s’étalent sur le long (voire très long) terme. Le Belge se dit plus concerné par la bonne gouvernance et par les droits humains que par la pauvreté dans le monde ou par les changements climatiques. Les compagnies qui ont un lien avec des régimes répressifs ou dictatoriaux pousseraient cependant 73% des investisseurs belges à désinvestir dans ces sociétés.

La taille du portefeuille a-t-elle une influence sur le comportement éthique des investisseurs ? « Là aussi c’est surprenant. On remarque que ce sont ceux qui investissent le moins qui sont les plus préoccupés par les aspects éthiques des investissements. Il semblerait que les investisseurs les plus avertis et les plus actifs soient beaucoup moins sensibles à cet aspect », constate Wim Nagler. Mais ce ne sont pas non plus les plus jeunes investisseurs qui sont davantage concernés par ces aspects. Il semblerait que ce soit surtout la tranche entre 35 et 44 ans qui se soucie d’investir de façon éthique. Au niveau régional, les Wallons sont plus sensibles à ces questions que les Flamands ou que les Bruxellois.

Cette étude interpelle à plus d’un titre. Elle soulève un certain nombre de questions. Comment explique-t-on le retard qu’a pris la Belgique dans la sensibilisation à l’investissement socialement responsable ? Est-ce une question de culture ? Un manque d’éducation aux problématiques ESG ? L’offre en produits ISR est-elle insuffisante sur le marché belge ? Les institutions financières ne pousseraient-elles pas ce concept dans leurs conseils en investissement ? Les investisseurs belges estiment-ils que la performance et le risque sont les seuls critères à prendre en compte lors d’un placement ? Les Belges semblent en effet oublier qu’ils peuvent avoir un impact sur l’évolution de la société, sur l’environnement et sur la gouvernance lorsqu’ils posent un acte financier ou lorsqu’ils prennent une position en investissement. En revanche, cette étude démontre très clairement et confirme que les femmes se soucient davantage des aspects éthiques dans leurs placements que les hommes. Qui a dit que la finance n’était pas une affaire de femmes ?

Pour en savoir plus, consultez aussi :

Pourquoi les femmes investissent-elles de façon plus éthique que les hommes ?

Comment investir de façon éthique ? De l’investissement socialement responsable à l’impact investing.

A quoi faut-il être attentif quand on investit dans un fonds durable ?

 


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