Vers une parité euro/dollar ?

Par Guy Wagner, Banque de Luxembourg

La hausse du dollar touche à sa fin, du moins contre l’euro. L’indice trade-weighted (indice pondéré en fonction des échanges commerciaux) du dollar s’est apprécié de plus de 30 % depuis septembre 2014.

Une appréciation supplémentaire de la monnaie américaine risquerait d’avoir des conséquences négatives pour les flux commerciaux et de capitaux. L’histoire a montré que des appréciations importantes du dollar ont souvent été source d’instabilité au niveau mondial, surtout lorsqu’elles se sont accompagnées d’une hausse des taux américains. Ce risque est d’autant plus grand à un moment où la dépendance du système international à l’égard du dollar n’a rarement été aussi élevée.

Le principal élément qui pourrait conduire à une appréciation supplémentaire du billet vert est lié à d’éventuels changements dans le régime fiscal aux Etats-Unis et plus particulièrement en matière d’imposition des importations et des exportations. Ces changements, qui correspondent à une forme de protectionnisme, prévoient de supprimer la déductibilité fiscale des importations, alors que les revenus provenant des exportations seraient exonérés d’impôts aux Etats-Unis. Toutes autres choses étant égales par ailleurs, ils entraîneraient une réduction du déficit de la balance courante des Etats-Unis et ce faisant, réduirait l’apport de liquidités en dollars dans le reste du monde.

En l’absence de tels changements dans le régime fiscal américain, la hausse du dollar touche à sa fin, du moins contre l’euro. Le consensus sur le dollar semble presque unanimement positif, la plupart des observateur estimant qu’il n’est qu’une question de temps avant que la monnaie US n’atteigne la parité avec la monnaie unique. Leur optimisme repose en partie sur l’optimisme général entourant l’économie américaine depuis l’élection de Donald Trump et, de manière plus concrète, sur des politiques monétaires divergentes et le différentiel d’intérêt qui en résulte. Dans la mesure où ces éléments sont bien connus, on peut estimer qu’ils sont aujourd’hui intégrés dans les cours. Parmi les facteurs qui pourraient amener les investisseurs à changer d’avis figurent un éventuel ralentissement de la conjoncture aux Etats-Unis, le risque de désillusion avec la nouvelle administration américaine ou un changement dans les anticipations des opérateurs sur la politique monétaire de la Banque centrale européenne, changement qui pourrait par exemple venir d’une remontée cyclique de l’inflation.

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