La locomotive allemande de nouveau sur les rails

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Par Erik Joly, Chief Economist ABN AMRO Belgique

L’économie allemande renoue avec la croissance à un rythme accéléré. Au cours du dernier trimestre de l’année dernière, la croissance a affiché une progression de plus d’1,5%, par ailleurs largement soutenue par l’ensemble des acteurs économiques. La confiance des producteurs connaît ainsi entre-temps la hausse la plus élevée qu’on ait enregistrée depuis des années. Mais dans ce mouvement général vers l’avant, les consommateurs ne se sont pas non plus laissés distancer.

Depuis le milieu de l’année 2016, l’Allemagne semble de nouveau endosser le rôle de moteur de la reprise économique. L’économie allemande peut être qualifiée comme une économie industrielle – alors que son homologue française repose davantage sur les services – et abrite quelques-unes des plus grandes multinationales au monde. L’évolution favorable de la parité des changes euro/dollar a permis aux entreprises allemandes d’accroître leur compétitivité sur le marché international et de doper leurs exportations. Pour nos voisins de l’Est, le fait que leurs exportations sont tournées vers les marchés mondiaux constitue un atout supplémentaire. En d’autres termes, ils ne sont pas tributaires d’une région déterminée et sont à l’abri des mesures protectionnistes, quel que soit l’endroit où elles pourraient être mises en place. Tous ces éléments combinés contribuent à tirer de nouveau les bénéfices vers le haut. Signe de ce nouvel élan : le fait par exemple que Porsche va accorder à chaque travailleur un bonus de 9 111 euros.

Mais aussi dans le secteur des services, l’économie allemande enregistre d’excellentes performances. Le célèbre bureau d’études britannique Markit a relevé récemment que l’emploi dans les entreprises de services croissait à un rythme inégalé ces dernières années. L’indice composite des directeurs d’achats publié récemment par Markit (le PMI, Purchasing Manager Index), indicateur reflétant les résultats d’une enquête réalisée à la fois auprès des acheteurs du secteur manufacturier et auprès des directeurs d’achats du secteur des services, a atteint 58 points, une excellente performance qui résume cette poussée d’optimisme.

Autre élément remarquable : le fait que, parallèlement à ces résultats, l’intérêt allemand à long terme parvienne à maintenir à la fois son caractère si avantageux et sa stabilité. Ce constat vaut par ailleurs aussi pour pratiquement l’ensemble des pays du cœur de la zone euro. Autrement dit, un écart important se creuse entre les perspectives de croissance vertigineuses et le taux d’intérêt à long terme. Le rachat massif de titres publics par la Banque centrale européenne (BCE) a en effet permis de maintenir les taux à un niveau plancher. Cet intérêt bon marché permet aussi aux entreprises allemandes de poursuivre leur financement à très faible coût, ce qui devrait bénéficier aux investissements d’expansion et de croissance.

La Bourse de Francfort emboîte le pas depuis presque deux ans à l’indice mondial, dont l’appréciation est relativement intéressante. Avec un rapport entre le cours et le bénéfice estimé pour cette année et l’année prochaine respectivement à 14 et 12,9, les 30 valeurs phares de l’indice DAX se négocient à un prix plus avantageux que celles de l’Euro Stoxx 50. Le DAX est aussi presque 20% meilleur marché que son homologue américain. Les années précédentes ont été marquées par une baisse de 10% en moyenne.

Il va de soi que nous ne pouvons faire fi des événements de la scène politique. Les élections prévues dans le courant de la seconde moitié de l’année sont encore susceptibles d’assombrir ces perspectives favorables. Les résultats récents aux Pays-Bas et les tout derniers sondages en France donnent toutefois à penser qu’à première vue, le populisme n’a pas encore foulé le sol européen.

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