Les BRICS sont morts, longue vie aux pays émergents !

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Par Vincent Juvyns, Stratégiste chez J.P. Morgan AM

Contrairement à ce que nous avons pu croire, et parfois observer par le passé, les pays émergents ne constituent pas un groupe de pays homogène et c’est justement ce qui les rend plus attractifs que jamais auprès des investisseurs en quête de diversification.

Ces dernières années, nous avons en effet tenté d’approcher le vaste univers émergent en enfermant différents pays, sur base de similitudes supposées, dans des acronymes tels que les « BRICS[1]» ou les « Fragile Five[2]». Ces acronymes ne sont cependant que des « instantanés » qui reflètent des convergences davantage temporaires que structurelles entre ces pays, et la tempête politique que traverse actuellement le Brésil est venue nous le rappeler.

En effet, le Brésil, qui fait à la fois partie des « BRICS » et des « Fragile Five », se distingue désormais de ses « coreligionnaires » à nombre d’égards. Ainsi, alors que depuis le « taper tantrum[3] » de 2013, la plupart des pays « Fragile Five » ont substantiellement réduit leurs déficits de comptes courants, il a fallu attendre l’année 2016 pour que le Brésil s’y attaque. Ceci illustre la lenteur du processus de réforme dans ce pays et explique pourquoi l’imbroglio politique actuel fait craindre aux investisseurs que des nouveaux retards soient enregistrés dans la mise en œuvre de réformes essentielles pour que le Brésil retrouve le chemin de la croissance. Le Brésil a, en effet, beau représenter la première lettre des « BRICS », après deux années consécutives de récession, il est aujourd’hui, en termes de performances économiques, bon dernier de ce groupe de pays et n’y a donc plus tout à fait sa place.

Si les « BRICS » et autres acronymes ont fait long feu, ce n’est cependant pas le cas des marchés émergents, qui depuis 3 ans, revivent littéralement comme l’illustre l’accélération de leur croissance par rapport à celle des pays développés. Alors qu’en 2015 l’écart de croissance entre pays développés et émergents était de 2%, il devrait atteindre 2,5% cette année et 2,8% l’an prochain[4] . Cette dynamique se reflète au niveau des bénéfices d’entreprises qui, après avoir affiché une croissance de 7,5% en 2016, pourraient croitre de 20%[5] cette année. En termes de valorisations, malgré leurs excellentes performances du début d’année, les émergents demeurent attractifs puisqu’ils affichent un ratio cours/bénéfices et 12,7 et un ratio cours/valeur comptable de 1,5, ce qui est en ligne avec les moyennes historiques. En outre, la stabilisation des taux US a permis à leurs devises de se stabiliser par rapport au dollar ce qui entraîne une baisse de l’inflation et devrait permettre aux banques centrales de se monter plus accommodantes.

Ainsi, si les problèmes rencontrés par le Brésil doivent être monitorés, il s’agit néanmoins d’un cas isolé qui ne doit pas jeter l’opprobre sur un quelconque groupe de pays ou sur l’univers émergent tout entier. En revanche, cette situation illustre une nouvelle fois, si besoin était, la nécessité d’une gestion active de son exposition aux émergents basée sur une approche « bottom-up[6] » plutôt qu’une approche « top-down[7] » se référant à des acronymes qui n’ont plus lieu d’être.

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[1] BRICS: Brésil Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.

[2] Fragile Five : Pays (Brésil, Turquie, Inde, Afrique du Sud et Indonésie) qui en 2013, affichaient des déficits de comptes courants importants.

[3] Hausse soudaine des taux d’intérêts provoquée par un discours de Ben Bernanke en mai 2013

[4] FMI World Economic Outlook Avril 2017

[5] Source: IBES, MSCI

[6] Sur base des informations de terrain ou des bilans des pays/entreprises

[7] Sur base de la dynamique macro-économique


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