Banques Centrales : le plus difficile est à venir

Par Mauro Fiorini, Rédacteur

Depuis la survenance de la crise financière de 2008, les banques centrales ont inondé le marché de Liquidités et ont acheté massivement de la dette publique ainsi que des dettes de sociétés dans le but de faire baisser les taux d’intérêt et de relancer l’économie de leur pays ou de la zone euro pour la BCE. Ce faisant, ces banques centrales ont fait grossir leur bilan, celui de la FED passant de 900 milliards de dollars à 4.471 milliards de dollars, la BCE vient de dépasser la taille du bilan de la FED pour se situer à 4.568 milliards de dollars et celui de la BOJ est sensiblement le même que celui de la FED.

Ces banques centrales ont réussi à injecter cette énorme quantité d’argent, sans provoquer de hausse de l’Inflation et en clamant avoir rempli leur mission avec succès.

L’effet pernicieux de cette Action se trouve dans l’augmentation de la valeur de tous les actifs aussi bien immobiliers que mobiliers comme les Actions et les Obligations. Fin 2016, certains émetteurs ont même réussi à émettre de la dette avec des Rendements négatifs. Certains n’hésitent pas à parler de bulle imminente et encouragent les banques centrales à revenir à des politiques de taux plus normales.

La FED a commencé le cycle de hausse de ses taux directeurs, hausse qui devrait se poursuivre et a arrêté son programme de rachats de dettes publiques et de réinvestissement des intérêts reçus. Toutefois, il n’apparaît pas encore clairement comment son bilan va se dégonfler. Si elle va trop vite dans la revente de son portefeuille, elle va pousser les Rendements obligataires à la hausse ce qui pourrait provoquer un effondrement des prix semblable à celui de 1994. Si elle ne fait rien, elle encourage les investisseurs dans leur conviction que les taux d’intérêts vont augmenter de manière très lente.

La BCE vient encore d’affirmer que les conditions économiques ne se prêtaient pas encore à la fin de sa politique d’argent bon marché via ses rachats de dettes publiques et privées. La BCE est aussi consciente du risque d’un retour trop rapide à la normale et l’a souligné dans un rapport récent. (Financial Stability Review May 2017)

La Banque du Japon détient à elle seule plus de 75 % de la dette obligataire japonaise et est aussi intervenue sur le marché des Actions.

La politique d’argent bon marché fait partie de l’arsenal mis en place par le Premier Ministre, les fameuses ABENOMICS. Même si l’économie japonaise a repris quelques couleurs, le beau fixe est loin d’être de retour.

En conclusion, l’avenir nous dira si cette nouvelle politique d’argent bon marché se terminera sans dommage collatéral sur les marchés financiers et sans effet papillon.

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