Pouvoir d’achat ressenti et objectif : pourquoi la perception n’est-elle pas la réalité ?

DSCN1586Quand on parle de l’évolution du pouvoir d’achat et surtout de son éventuelle baisse, il convient de distinguer le pouvoir d’achat objectif, basé sur des considérations purement financières, et le pouvoir d’achat ressenti qui obéit à des facteurs psychologiques. Alors que l’on nous dit que l’inflation est faible ou nulle, nous avons l’impression que les prix ne cessent de grimper. Le ressenti n’est donc pas identique aux faits objectivement recensés.

Comment expliquer cette perception ? Il n’y a pas forcément de contradiction entre ces fortes hausses observées et la hausse des prix mesurée par les instituts nationaux. La mémoire humaine est sélective. Il est certain que nous retenons mieux les fortes hausses. De plus, la mémoire humaine est imprécise en ce qui concerne les chiffres et, quand nous effectuons un achat, nous ne nous souvenons pas avec une grande précision du prix que nous avions payé lors du précédent achat du même produit. Par ailleurs, l’indice des prix prend en compte la baisse de certains produits, en particulier les ordinateurs et l’électroménager, dont l’achat est peu fréquent à la différence de biens tels que l’énergie ou la nourriture que nous achetons quotidiennement. Le document «Pistes et éclairages économiques-Pour une nouvelle conception du pouvoir d’achat» fait ainsi référence à un document publié par la DG Economic and Financial Affairs de la Commission Européenne qui montre comment une hausse des prix a été perçue par la population après l’introduction de l’euro alors que les chiffres d’inflation ne présentaient pas de hausse des prix aussi significative. Une abondante littérature sur le sujet a avancé des explications qui sont reprises dans le document de la Commission européenne. Certains produits (cafés, restaurants, fruits et légumes, coiffeurs, tickets de cinéma…) ont effectivement enregistré une hausse de prix importante à un moment donné. Cette hausse a particulièrement influencé la perception d’une hausse généralisée des prix. On ne doit pas non plus négliger des éléments qui sont spécifiques au passage à l’euro : la difficulté de calculer la conversion, la couverture qui a été faite par les médias sur les évolutions des prix et cette incessante comparaison entre les prix en euros et les prix en monnaies nationales qui prévalait à l’époque. La baisse du pouvoir d’achat telle qu’elle est perçue n’est donc pas toujours une réalité objective et un effort en matière d’éducation doit être réalisé pour rendre cette perception du pouvoir d’achat plus exacte.

Economistes Coq 2016

Pour en savoir plus : Consultez le document complet « Pistes et éclairages économiques-Pour une nouvelle conception du pouvoir d’achat »

 

 


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