Taux négatifs… mais performances positives !

DSC_2594Par J.P. Morgan AM

Depuis le début de l’année, les investisseurs européens ne savent plus à quel saint se vouer, face à des obligations aux taux de plus en plus en négatifs et à des marchés d’actions volatils. Dans ce contexte, rares sont ceux qui osent encore s’aventurer sur les marchés financiers et ils se replient pour la plupart vers des actifs, réputés défensifs, comme le cash et l’or, mais qui n’offrent aucun rendement. Pourtant, les marchés financiers, et singulièrement les marchés obligataires, offrent nombre d’alternatives pour les investisseurs à la recherche d’actifs à la fois peu volatils et générateurs de rendement.

Cette conviction peut sembler paradoxale lorsqu’on observe les marchés obligataires[1] aujourd’hui. En effet, 70% des obligations souveraines mondiales affichent un taux inférieur à 1% et 30% d’entre-elles affichent un taux négatif. En Europe, la situation est même plus extrême puisque suite au renforcement du programme d’assouplissement quantitatif de la BCE, c’est près de 50% des obligations souveraines qui affichent un taux négatif. Les obligations d’entreprises continuent quant à elles, à offrir un surcroit de rendement attractif mais leurs taux sont aussi au plus bas, avec 45% des obligations d’entreprises mondiales affichant un rendement inférieur à 2%, 20% un rendement inferieur à 1% et déjà 3% qui se traitent à des taux négatifs. C’est encore une fois en Europe que, grâce au soutien de la BCE, les taux sont les plus bas puisque 89% des obligations d’entreprises se traitent à un taux inférieur à 2%, 72,5% à un taux inférieur à 1% et près de 10% à un taux négatif.

Cependant, taux bas ou négatifs ne sont pas synonymes de mauvaises performances. Les taux évoluent en sens inverse du prix des obligations et tant que celles-ci continueront à être soutenues par les banques centrales les prix continueront à grimper et les taux à baisser. Or, depuis le début de l’année les banques centrales multiplient leurs interventions. La Banque Centrale Européenne a annoncé le renforcement de son programme de rachat d’actifs en mars et l’extension de celui-ci à la dette d’entreprises investment grade depuis le mois de juin. La Banque Centrale d’Angleterre (BoE) a fait de même début août, en baissant son taux directeur de 0,25%, en augmentant de 60 milliards de livres son programme de rachats de bons du trésor britannique et en débloquant une enveloppe de 10 milliards de livres pour racheter de la dette d’entreprise. La Banque Centrale Japonaise (BoJ) continue elle aussi ses achats d’obligations japonaises tandis que la Réserve Fédérale américaine devrait postposer sa prochaine hausse de taux en 2017 et continuer à maintenir la taille de son bilan stable.

L’évolution des indices obligataires[2] depuis le début de l’année illustre bien cette dynamique puisque les obligations souveraines européennes et américaines affichent une performance de respectivement 7% et 6%. La dette à haut rendement affiche quant à elle une performance de 6,6% en Europe et de 12% aux États-Unis et la dette émergente occupe le haut du classement avec une performance de plus de 13%. Ces chiffres démontrent que malgré les taux bas il est toujours possible de réaliser de belles performances sur les marchés obligataires tout en subissant une moindre volatilité que sur les marchés d’actions.

Pour saisir ces opportunités, il convient néanmoins de privilégier les fonds obligataires flexibles qui réalisent des performances en ligne avec les indices précités mais tout en gérant activement le risque de taux et en étant mieux diversifiés.

En conclusion, face à la volatilité des marchés : « Keep calm and buy flexible bonds funds”!

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[1] Source: Bloomberg, BofA/Merrill Lynch indexes, J.P. Morgan Asset Management.

[2] JPM GBI Country Returns YTD 03/08/2016