Mais, qu’est-ce qui se passe au Japon ?

Source: Pexels

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Par Erik Joly, Chief economist chez ABN Amro

La banque centrale japonaise (BoJ) s’est réunie le 21 septembre pour décider de sa politique monétaire. Le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, estime que les mesures qui ont été prises jusqu’à présent portent leurs fruits. Il souligne que les prévisions d’inflation sont restées stables malgré des conditions défavorables et que ce n’est qu’une question de temps avant que celles-ci ne repartent à la hausse. Kuroda s’attend à ce que le consommateur japonais continue d’anticiper et tienne compte de l’effet de la politique monétaire dans ses prévisions. Lors d’une récente allocution, le gouverneur de la BoJ a expliqué que la plupart des facteurs qui ont jusqu’à présent empêché d’atteindre l’objectif de 2 % sont de nature exogène. Il a notamment pointé le recul des prix pétroliers, le ralentissement observé sur les marchés émergents et les conséquences de l’augmentation de la TVA sur la consommation.

Malgré les mesures d’assouplissement monétaire, les prévisions d’inflation restent largement inférieures à l’objectif de 2 % et sont même orientées à la baisse. La faible dynamique de l’inflation semble exercer une influence sur les prévisions. Nous pensons que l’inflation ne devrait pas beaucoup évoluer en 2016 étant donné l’impact des prix de l’énergie, la récente appréciation du yen et la fragilité de la demande. Du côté des entreprises, la croissance des investissements est restée modeste, les bénéfices se sont récemment repliés et la vigueur du yen a pesé sur les exportations. Malgré le resserrement du marché du travail, où le chômage est retombé à environ 3 %, les salaires ne montrent qu’une légère hausse. Les entreprises hésitent toujours à augmenter leurs coûts. La croissance du PIB devrait être respectivement de 0,6 % et 0,7 % en 2016 et 2017. En ce qui concerne l’inflation, une hausse à 1 % en 2017 peut être prévue.

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Il est évidemment encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l’efficacité des mesures prises. En outre, d’autres facteurs internationaux susceptibles d’avoir une influence directe sur le taux de change et l’économie (un resserrement monétaire de la Fed, par exemple) demeurent incertains.

Depuis 2013, la BoJ a augmenté progressivement les volumes de ses achats, tout en y incluant de nouvelles classes d’actifs. Ainsi, les trackers (ETF) et les fonds immobiliers REIT japonais (J-REIT) sont désormais également pris en compte dans le cadre de son programme, l’accent étant mis sur des objectifs tels que le renforcement du capital humain et du capital physique.

Les achats d’ETF, débutés en 2010, ont également été augmentés en plusieurs phases et représentent aujourd’hui 6 milliards de yens par an. Les critères de sélection des ETF ont, par ailleurs, été révisés au fil du temps. La BoJ ne peut pas détenir plus de 50 % des parts d’un ETF, ce qui signifie que les autres parts doivent être aux mains d’autres acheteurs. Les derniers chiffres disponibles montrent que la banque centrale possède actuellement environ 62 % des ETF nippons.

La BoJ a instauré un taux de dépôt négatif depuis le mois de janvier de cette année. Et pour en limiter les conséquences sur les organismes financiers, la banque a mis en place un système sur trois niveaux. Selon le gouverneur, Haruhiko Kuroda, le taux négatif a entraîné une forte diminution des taux bancaires et du rendement sur les obligations d’entreprise. Le LIBOR à trois mois est ainsi passé de 17 pb au début de l’année à -0,2 pb. Kuroda a indiqué que les organismes financiers faisaient, selon certaines enquêtes, encore preuve de proactivité dans leurs octrois de crédit. Les effets du taux de dépôt négatif divergent et dépendent des caractéristiques des banques. Les chiffres du premier trimestre montrent que la marge d’intérêt des banques ne cesse de se contracter, ce qui pèse évidemment aussi sur leur rentabilité. Mais à l’heure actuelle, il est encore difficile d’évaluer avec précision quel sera, à l’avenir, l’impact de ce taux de dépôt négatif sur le système bancaire.

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