Les investisseurs doivent accepter les fluctuations des prix

450px-millennium_force1_cpPar Philipp Vorndran, Capital Market Strategist chez Flossbach von Storch

Les investisseurs ont peur de la volatilité ou, en d’autres termes, des fluctuations des prix. Ils évitent donc les investissements dont les prix pourraient connaître de fortes fluctuations. C’est un problème dans un monde sans intérêt, car une stratégie d’évitement comme celle-ci signifie de dire adieu aux rendements sur le long terme. Une inflation, même modérée, suffit à éroder lentement mais sûrement la valeur de votre épargne.

Les investisseurs ont deux possibilités. Soit ils abandonnent toute idée de rendement et déposent leur argent à la banque, soit ils apprennent à faire la distinction entre de simples fluctuations de prix et un réel risque d’investissement. La seconde option est la plus intelligente des deux sur le long terme.

Pour l’essentiel, le risque réel auquel l’investisseur est confronté est celui de ne pas atteindre ses objectifs d’investissement, par exemple de se préparer une retraite suffisante. Plus l’investisseur a de temps, moins il a besoin de s’inquiéter des fluctuations de prix. En d’autres termes, moins il est risqué pour lui d’investir en actions, qui ont un rendement attendu supérieur à celui des obligations. L’analyse historique montre qu’un portefeuille d’actions répliquant l’indice d’actions américain S&P 500 ou l’indice Dax n’a jamais enregistré de perte absolue sur une période de dix à douze ans. Dès lors, des fonds dont l’investisseur n’a pas besoin pour une période prolongée peuvent être investis en toute confiance en actions ou en obligations d’entreprise à haut rendement.

L’un des problèmes est que, depuis plusieurs décennies, les investisseurs ont été gavés de l’idée que volatilité et risque sont une seule et même chose et sont de ce fait intimidés. Les universitaires aiment tout particulièrement à renvoyer à cette association apparemment simple. Après tout, les fluctuations des prix sont faciles à mesurer et conviennent bien à la description du concept abstrait de « risque ». Toutefois l’argument présente un certain nombre de failles.

Par exemple, la volatilité d’un investissement est toujours particulièrement élevée si son prix vient à chuter fortement. Selon la théorie, lorsque le prix est « bas », le risque est automatiquement élevé. Aucun investisseur intelligent ne peut accepter cette contradiction. Pourquoi l’achat d’une action au prix de 50 serait-il plus risqué que l’achat au prix de 100 si la qualité de la société n’a pas changé ?

L’utilisation de la volatilité comme mesure du risque est également trompeuse. Si un épargnant a déposé plus que le montant légalement garanti de 100.000 euros sur un compte dans la mauvaise banque, ce n’est pas sans risque, même si la valeur de son épargne ne fluctue pas. En outre, un Bund allemand à dix ans avec un rendement de moins 0,1 pour cent n’est pas non plus exempt de risque, bien que la théorie ait paradoxalement un point de vue différent, puisqu’après tout la perte à l’échéance est « certaine ».

L’horizon d’investissement constitue un facteur nettement plus important lors de l’évaluation du risque. Un investisseur qui effectue des placements à long terme doit s’efforcer d’ignorer les fluctuations des prix, qui exagèrent généralement le véritable niveau de risque. Il doit plutôt se concentrer sur la qualité des investissements et leur valorisation. Les investisseurs qui achètent, à prix raisonnable, des actions de sociétés présentant des perspectives de bénéfices à long terme, un bilan solide et une équipe dirigeante capable peuvent tranquillement attendre que la qualité sous-jacente se reflète dans des prix en hausse. Ils sont également récompensés par des paiements de dividendes réguliers.

Les investisseurs en quête de rendements attractifs sur le long terme n’ont d’autre choix que d’accepter les fluctuations des prix. Malheureusement, il n’y a plus d’alternative.

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