Pourquoi investir en Afrique Sub-Saharienne?

pexels-photoPar Capital Group

Les marchés obligataires d’Afrique subsaharienne offrent un potentiel de croissance supérieure, des rendements structurellement plus élevés, une corrélation limitée avec les autres marchés émergents et un potentiel de contraction durable des rendements. Pourtant, conjuguée à la fragilité des marchés obligataires de ce continent, la diversité peut constituer un véritable défi pour les investisseurs à long terme. Nous pensons qu’une recherche sur le terrain et une analyse macro-économique exhaustive sont le meilleur moyen pour déterminer les perspectives fondamentales de chaque pays d’après les valorisations des obligations.

Une croissance ininterrompue

Alors que de nombreux pays affichent depuis un moment une croissance en berne et des taux d’intérêt négatifs, l’Afrique subsaharienne continue d’enregistrer une croissance supérieure à 5%, ce qui est élevé, y compris pour un pays émergent. Ce dynamisme offre un soutien pour assurer le service de la dette.

Des rendements structurellement supérieurs

Comme d’autres économies frontières, les pays d’Afrique subsaharienne présentent pour la plupart un faible niveau de développement et des risques très spécifiques plus marqués. Cela se reflète généralement dans leurs rendements supérieurs, qui ont également tendance à être plus élevés au sein de leur groupe de notation, où ces caractéristiques devraient déjà être prises en compte. Prenons un exemple : malgré une meilleure note de solvabilité, un endettement équivalent et un taux de croissance supérieur à celui du Honduras (à 5,5 %, contre 3,5 %), le Kenya affiche des rendements supérieurs de 200 points de base environ.

Des résultats moins corrélés à ceux d’autres marchés émergents

La plupart des marchés obligataires d’Afrique subsaharienne, notamment les marchés locaux, présentent des corrélations inférieures à celles généralement constatées avec les autres marchés émergents. Ainsi, celle entre le Nigeria et des marchés émergents traditionnels comme la Turquie ou le Brésil est souvent nulle, voire négative, contre un niveau proche de 0,4-0,6 avec l’Afrique du Sud, considérée comme un marché mature d’Afrique subsaharienne. Les devises d’Afrique subsaharienne sont elles aussi faiblement corrélées aux marchés émergents plus traditionnels. Ces marchés peuvent avoir un impact positif au sein du portefeuille, tout en réduisant le risque global de ce dernier par le biais des corrélations plus limitées.

Potentiel de contraction durable des rendements et des spreads

À mesure que le niveau de vie progresse et que le secteur privé se développe, la demande de services financiers s’accroît, ce qui alimente la demande d’actifs financiers libellés en devise locale et contribue, avec l’amélioration des institutions (ex. : banques centrales indépendantes), à l’élargissement et à l’approfondissement des marchés locaux. À mesure qu’un marché local gagne en profondeur et s’ouvre aux investisseurs étrangers, les taux d’intérêt réels peuvent reculer et il peut évoluer vers un modèle de marché émergent plus traditionnel, généralement plus diversifié et avec un secteur financier plus développé. De la même manière, à mesure que les économies de marché émergentes évoluent vers un modèle de marché développé, on peut s’attendre à une amélioration de leur note de solvabilité (à long terme) et à une contraction de leurs spreads.

Un continent pluriel

Malgré les avantages potentiels offerts par les obligations d’Afrique subsaharienne, les nouveaux investisseurs peuvent avoir des difficultés à appréhender l’immensité de l’Afrique. Ce continent compte 1,1 milliard d’habitants (soit 17 % de la population mondiale) répartis dans 54 pays et qui parlent 2 100 langues. Sa superficie dépasse celle de la Chine, de l’Inde, des États-Unis et de la majeure partie de l’Europe réunis. Il est divisé en cinq régions distinctes : le nord, l’ouest, le sud, l’est et le centre, chacune affichant un niveau de développement économique propre.

Étant donné la nature variée du continent, les investisseurs doivent tenir compte de plusieurs éléments importants. La gouvernance et la corruption en font partie. Selon l’organisme mondial de surveillance de la corruption Transparency International, sur les 10 pays jugés les plus corrompus dans le monde en 2015, six figuraient en Afrique subsaharienne.

Un autre aspect est la diversification économique. Bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne, comme le Nigeria et le Gabon, sont tributaires des exportations de pétrole et d’autres matières premières. Cela peut être problématique puisqu’un pays trop dépendant des matières premières peut avoir des difficultés à rembourser sa dette lorsque leurs prix reculent. Cela étant, plusieurs pays sont importateurs de pétrole. C’est le cas de la Côte d’Ivoire, du Kenya et du Sénégal. Enfin, les perspectives macroéconomiques varient sensiblement d’un pays à l’autre de la région, des pays qui sont jugés en bonne voie (Côte d’Ivoire) à ceux qui sont en plus grande difficulté (Zambie).

Comment l’investisseur peut-il exploiter ces opportunités, mais aussi ces risques ? La première chose à retenir est que chaque pays d’Afrique est différent, que ce soit sur le plan économique, politique, religieux, ethnique, culturel, et bien d’autres aspects encore. Le danger est d’adopter une approche d’investissement universelle, sans appréhender les forces et faiblesses de chaque pays de ce continent si éclectique.

Et bien sûr, il est essentiel de soupeser les valorisations absolues et relatives des obligations au regard des perspectives fondamentales de chaque pays.

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