CFD : Eviter la taxe sur la spéculation peut vous faire perdre beaucoup d’argent !

DSC_2578Le législateur vient d’instaurer une taxe de 33% sur les plus-values réalisées par les investisseurs particuliers sur certains produits cotés en bourse lorsque ces plus-values sont réalisées dans un délai de 6 mois à dater de l’achat. Cette taxe frappe les transactions sur les actions et certains produits dérivés cotés sur la bourse de Bruxelles (Euronext). Pour éviter cette taxe, les investisseurs seront sans doute enclins à opter pour certains comportements.

Ils effectueront peut-être leurs transactions, en toute légalité, à partir d’une plateforme située à l’étranger : Pays-Bas, Luxembourg ou France. Ils éviteront ainsi la taxe sur les opérations de bourse (TOB) et la taxe sur la spéculation en cas de revente avec profit de leurs actions endéans les 6 mois de l’achat. Ils peuvent aussi ne pas revendre leurs titres dans les 6 mois et attendre patiemment que ce délai échoie.

Une autre solution bien plus hasardeuse est proposée par certains courtiers en ligne : le CFD pour « Contract for difference » (contrat sur différences en français). De quoi s’agit-il ? Un CFD est un produit financier dérivé non coté sur les marchés financiers basé sur un accord entre deux parties (acheteur et vendeur) qui stipule que le vendeur paiera à l’acheteur la différence entre le prix actuel d’un actif sous-jacent (actions, indices boursiers, devises ou matières premières) et sa valeur à une date ultérieure. Par exemple, le vendeur précise qu’il paiera à l’acheteur du CFD la différence entre le cours de bourse d’une action aujourd’hui et le cours de cette même action à un moment donné. Si la différence est négative, c’est alors l’acheteur qui paie la différence au vendeur. Ces CFD ne font pas l’objet d’une taxation particulière.

« Il faut cependant être très attentifs dans ce cadre. Ces produits présentent des dangers. En effet, nous sommes ici dans des produits qui ne sont pas cotés en bourse. Il y a un risque de contrepartie car nous sommes dans un contrat. C’est regrettable que le législateur mette en place des mesures fiscales qui orientent les épargnants vers ce qu’il y a de plus vil dans la finance ! », regrette Olivier Leleux, CEO de Leleux Associated Brokers. Par l’achat d’un CFD, l’investisseur n’achète pas l’action mais achète un droit à une performance sur un actif sous-jacent. Il n’a aucun actif en portefeuille, donc pas de droit de vote. « De plus, il prend un risque très important : si l’actif sous-jacent part dans le mauvais sens, c’est à dire s’il baisse, l’investisseur devra essuyer cette baisse. S’il avait eu l’action en portefeuille, il aurait pu la garder en attendant qu’elle remonte », explique Olivier Leleux.

Nous sommes donc ici dans un produit complexe qui n’est pas réglementé comme les actions. Il est spéculatif et dangereux pour les investisseurs non avertis. « Parfois, ces produits sont utilisés avec des effets de levier. Dans ce cas, les pertes peuvent être encore plus importantes. Nous estimons que ces produits sont aussi dangereux que les obligations reverse convertible. Les investisseurs qui veulent éviter de payer la taxe sur la spéculation en entrant dans ce genre de produits prennent un grand risque : ils peuvent perdre beaucoup d’argent », avertit Olivier Leleux.

Il est bon de rappeler que l’investissement dans un produit doit toujours se faire en connaissance de cause. Il faut par ailleurs éviter de canaliser ses choix sur le seul critère fiscal. Cela peut mener à des placements qui ne correspondent pas à l’horizon d’investissement ni au niveau de risque que l’on s’est fixé.

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