Brexit : Qui sont les perdants et les gagnants ?

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Le Brexit a entrainé une onde de choc sur les marchés. On pourrait, à première vue, estimer que les investisseurs en bourse sont les grands perdants. Cependant, ceux qui sont restés investis n’ont pas (encore) enregistré de perte nette réelle. Il faut également distinguer les secteurs et zones géographiques qui seront impactés négativement et positivement dans ce contexte.

Plusieurs secteurs de l’économie britannique sont particulièrement exposés au Brexit. Le secteur bancaire est en première ligne et les valeurs bancaires ont encaissé de fortes baisses sur les marchés suite à l’annonce du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Les banques ont beaucoup à perdre vu le poids du centre financier de Londres par lequel transite un cinquième des transactions financières mondiales. Exclu du marché unique européen, le Royaume-Uni, où plus d’un million de personnes travaillent dans les services financiers, ne pourrait plus être la porte d’entrée des banques américaines ou asiatiques vers l’Europe, et des délocalisations d’emplois sont à prévoir » selon l’AFP. La grande question qui se pose aujourd’hui concerne le maintien du passeport européen pour la vente de produits financiers dans l’Union. Les sociétés financières britanniques pourront-elles encore vendre leurs produits dans l’espace européen ? C’est tout le secteur bancaire, en ce compris les banques européennes, qui a souffert en bourse depuis le Brexit.

Un autre secteur pourrait également connaître quelques difficultés : le transport aérien qui pourrait subir la perception de taxes supplémentaires et connaitre des difficultés pour ouvrir de nouvelles lignes aériennes. Cela impacterait à la fois le trafic des passagers et le fret des marchandises. Par ailleurs, le coût du carburant va repartir à la hausse compte tenu de la dévaluation de la livre sterling face au dollar. « IAG, propriétaire de British Airways, et la compagnie low-cost EasyJet, toutes deux domiciliées au Royaume-Uni, ont déjà averti que leurs résultats financiers de cette année seraient touchés. L’irlandaise Ryanair réalise plus d’un quart de son chiffre d’affaires au Royaume-Uni, et devrait se retrouver sous pression aussi, anticipent les analystes de Deutsche Bank », note encore AFP.

On doit également s’attendre à un ralentissement dans l’industrie automobile localisée en Grande-Bretagne que ce soit au niveau des constructeurs mais aussi des équipementiers. « Parmi les constructeurs, Nissan, Tata (propriétaire de Jaguar Land Rover), BMW (propriétaire de Mini et Rolls Royce), Toyota et General Motors (avec sa marque britannique Vauxhall) sont en première ligne ». Les conditions d’accès au marché du travail vont se durcir en Grande-Bretagne. Cela risque d’entraîner des difficultés dans le recrutement des talents en provenance de l’étranger dans le secteur high tech. D’autres secteurs seront également touchés par un ralentissement de l’économie britannique qui se profile suite au Brexit : le tourisme, les médias et la distribution qui sont des secteurs cycliques.

En ce qui concerne l’immobilier, il y aura des perdants et des gagnants. Le prix de l’immobilier et des loyers va diminuer en Grande-Bretagne ce qui est une bonne nouvelle pour les locataires et une moins bonne pour les propriétaires. Le secteur immobilier, surtout à Londres, pourrait pâtir directement et immédiatement des délocalisations.

Mais le Brexit n’a pas que des côtés sombres. Il y aura aussi des gagnants. Avec la baisse de la livre sterling, les secteurs exportateurs devraient bénéficier d’un avantage compétitif. Au niveau géographique, Berlin va pouvoir se positionner dans le développement des technologies en attirant sur son territoire les talents. L’Irlande, le tigre celtique, a des atouts à faire valoir : on y parle la même langue, elle est toujours dans l’Union et a une économie libérale.

La chute des cours de bourse va également permettre aux investisseurs d’acquérir des actions de sociétés de qualité à bas prix. « Le vote du Brexit peut créer des opportunités d’achats pour les sociétés qui ont de bons fondamentaux, qui sont de qualité et qui distribuent des dividendes », note Richard Turnhill, Global Chief Investment Strategist chez Blackrock.

Dans ce tumulte, les valeurs refuge ont la cote. « Nous pensons que la banque centrale américaine va retarder la hausse de ses taux d’intérêt, tandis que la Banque d’Angleterre interviendra en réduisant ses taux d’intérêt, en amplifiant son programme d’assouplissement quantitatif ou même en intervenant sur le Forex. Cependant, il ne sera pas aisé pour la Banque d’Angleterre de gérer sa politique monétaire, car le Brexit peut résulter en un risque accru d’inflation et réduire la confiance pour la livre. Ce contexte est favorable aux obligations souveraines, sauf les obligations du gouvernement britannique, puisqu’on constate une baisse de la confiance en la survie du Royaume-Uni en tant qu’ensemble », constate les experts de chez Candriam. Le dollar fait aussi figure de valeur refuge.

Dans sa stratégie d’investissement, la maison de gestion Candriam continue de favoriser les secteurs défensifs et exposés mondialement, comme, la santé, les biens de consommation de base (alimentaire, boisson et tabac, produits ménagers) et la technologie qui bénéficie toujours d’une croissance structurelle.

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