BlaBlaCar : voyager, partager, se parler

par-defaut-2016-10-12-a-10-27-40Il y a près de 10 ans, une grève paralyse la France sous l’investiture de Nicolas Sarkozy. La réforme des retraites fige le pays tout entier, plus moyen de circuler. Une plateforme de co-voiturage se met alors en place sous le nom de covoiturage.fr en créant une communauté où les gens peuvent faire part de leurs intentions de trajets en vue de proposer un partage de voitures. A l’époque, le concept était gratuit. Ensuite, il est devenu payant en espèces pour évoluer par après vers des paiements en ligne.

Aujourd’hui BlaBlaCar est une communauté de 35 millions de membres à travers 22 pays et 12 millions de voyageurs par trimestre. Le concept est simple. Il permet aux conducteurs de partager leur voiture lors des trajets qu’ils effectuent entre deux villes. La longueur des trajets varie entre 50 et 200 km en moyenne. Les passagers qui veulent voyager vers une destination, se rendent sur la plateforme et regardent si un conducteur est disponible pour aller vers ce lieu. Lorsqu’ils trouvent un conducteur, ils réservent leur voyage et effectuent le paiement du voyage en ligne. « Il s’agit non pas du paiement d’un voyage mais bien d’un partage des frais. Nous évaluons le prix par trajet et en fonction du nombre de passagers payants pour que le conducteur retrouve une partie de ses frais mais ne réalise pas de bénéfices. Ce concept ne fait donc pas l’objet d’une taxation spécifique puisque nous sommes dans un système de partage de frais. Il n’y a pas non plus de régulation exigée comme pour Uber, par exemple, puisqu’il n’y a jamais de profit réalisé. Il n’y a pas non plus de problème d’assurance puisque l’assurance du conducteur couvre les passagers », explique Nicolas Brusson, co-fondateur de la société.

D’où vient le nom de BlaBlaCar ? En voiture on parle, on échange. On est alors dans le mode Bla Bla, le covoitureur appréciant la conversation. Il sera Bla Bla Bla s’il est vraiment très bavard. Oui, mais si l’on veut juste se taire ou écouter sa musique ? Alors on est simplement Bla et on le mentionne sur la plateforme.

BlaBlaCar transporte entre 40 et 50 millions de voyageurs par an. Présente également en Belgique, BlaBlaCar connaît un véritable engouement. En 6 mois, 460.000 places de co-voiturage ont été proposées par des conducteurs belges. En 2016, plus de 16,5 millions de kilomètres ont été parcourus via ce co-voiturage soit 43 fois la distance de la terre à la lune… A titre d’exemple, un voyage Bruxelles-Paris revient à 20 euros et un Bruxelles-Charleroi à 5 euros.

La réservation et le paiement se font par une application en ligne. Mais qui utilise BlaBlaCar  en Belgique ? Les voyageurs belges sont composés de 56% d’hommes contre 44% de femmes. A noter qu’il existe une formule « ladies only ». Le plus gros succès durant l’été a été enregistré sur le voyage Bruxelles-Knokke. En semaine, c’est le trajet Liège-Bruxelles qui remporte le plus de succès. A noter que beaucoup de jeunes se sont rendus via BlaBlaCar au festival de Dour. Les Top Trajets sont les trajets internationaux vers Paris et Lille au départ de Bruxelles ou Liège. La moyenne d’âge des utilisateurs est de 33 ans. Ce sont les Nicolas, les Thomas et les Olivier qui utilisent le plus ce moyen de voyager avec les Marie, les Sarah et les Laura. Les marques de voitures les plus utilisées sont les Volkswagen, les Renault et les BMW de couleurs blanche, noire ou grise. La passagère la plus âgée avait 80 ans. Il n’y a pas d’âge pour covoiturer !

Tout le système est basé sur une communauté et sur la confiance. Les conducteurs et les voyageurs se notent réciproquement après le voyage. « Nous travaillons vraiment sur la confiance. Nous voulons créer un nouveau comportement de voyage où l’on partage sa voiture. Au départ, nombreux sont ceux qui étaient sceptiques sur la validité de cette offre. Nous avons dû passer une barrière de l’éducation », reconnaît Nicolas Brusson. Cependant, après 10 ans d’existence le système BlaBlaCar n’est toujours pas rentable. Les actionnaires ont injecté près de 320 millions de dollars dans le projet qui est toujours en phase d’investissement et d’hyper croissance. « Nous ne sommes pas rentables aujourd’hui par choix. Nous voulons d’abord nous développer dans le plus de pays. Nous n’avons pas établi d’horizon de break even », note Nicolas Brusson. Affaire à suivre donc !

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