Le marché de l’art contemporain, « bulle ou pas bulle » ?

par défaut 2014-09-13 à 10.45.32Par Puilaetco Dewaay Private Bankers

Des résultats toujours en hausse.

Partie visible du marché de l’art, les ventes aux enchères en sont le baromètre. Si le marché impressionniste et moderne était la valeur étalon dans les années ‘80 et ‘90, le XXIème siècle a conduit l’art d’après-guerre et contemporain sur la plus haute marche des records d’enchères. À chaque nouvelle saison de ventes, des montants toujours plus impressionnants sont déboursés et il est légitime de se demander si ce marché a atteint son sommet, s’il va continuer à se dépasser ou s’il va retomber comme un soufflé.

En novembre dernier, l’appétit des collectionneurs avait été aiguisé par la vente historique, orchestrée par Christie’s, au cours de laquelle le triptyque de Francis Bacon, « Three Studies of Lucian Freud », s’était échangé pour 142,4 millions de dollars, raflant ainsi la place d’œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères au « Cri » d’Edvard Munch, qui avait réalisé 119,9 millions de dollars, l’année précédente, chez Sotheby’s.

L’année 2013 s’était profilée comme une année record pour le marché de l’art, atteignant 12,17 milliards de dollars. Avec un résultat supérieur de plus d’un milliard de dollars par rapport à la même période en 2013, le premier semestre 2014 semble confirmer l’effervescence de ce marché.

Des prix à la mesure d’un marché planétaire.

Si les collectionneurs américains et européens sont toujours très présents, ce marché est boosté par la concurrence des acheteurs en provenance d’Asie, des anciennes républiques soviétiques, d’Inde, d’Amérique Latine et du Moyen-Orient. Ces collectionneurs fortunés font monter les enchères en fonction de leurs moyens et surenchérissent aujourd’hui sur les grands noms de l’art occidental, mondialisation oblige. C’est à cette classe de collectionneurs que revient le marché des pièces exceptionnelles. Les œuvres plus courantes quant à elles profitent de cette dynamique.

L’art d’après-guerre et l’art contemporain.

L’intérêt pour l’art d’après-guerre et pour l’art contemporain apparaît somme toute assez logique, l’accès aux chefs d’œuvres de l’art impressionniste et de l’art moderne s’étant fortement tari. L’art d’après-guerre, a pris progressivement le statut de « nouveau classique » et des valeurs sûres s’en sont dégagées.  On voit arriver sur le marché des pièces majeures en provenance de collections privées, cédées par une génération de collectionneurs se séparant aujourd’hui « naturellement » d’œuvres acquises en leur temps.

L’art contemporain, quant à lui, s’inscrit dans un vrai mode de vie. Ses passionnés souhaitant se reconnaître et participer à la conquête de l’époque à laquelle ils appartiennent, organisent leurs agendas en fonction des foires, des biennales, des grandes ventes et des expositions. S’il est source de découvertes, de plaisir, de voyages, de rencontres, l’art contemporain est aussi un investissement financier et peut même s’avérer être un bon investissement à condition toutefois que les artistes retenus ne soient pas sujets aux effets de mode qui feront fluctuer leur cote, voire les faire disparaître de la scène.

Bacon, Rothko, Warhol, Lichtenstein, Richter, pour ne citer qu’eux, sont des noms que l’histoire et le marché retiendront, tout le monde s’entend aujourd’hui pour le dire. Si on reconnaît en Basquiat un artiste majeur qui a ouvert des portes aux générations qui l’ont suivi, y aurait-il encore un petit doute à lever face à Jeff Koens alors qu’il est un des artistes phare les plus créatifs des années ’80 – ’90 ?

Une vue à court terme ? Pas si sûr.

D’expérience, les salles de ventes, marquées par la crise de 2008, se sont adaptées pour contrer l’effet bulle. Afin de redonner confiance aux acheteurs et aux vendeurs, elles ont revu leur stratégie : leurs ventes sont devenues plus sélectives, les œuvres proposées de meilleure qualité, leurs estimations bien plus réalistes et elles proposent également de plus en plus de ventes privées. D’autre part, l’accès aux informations sur les prix et les transactions, facilité par Internet, a rendu le marché plus transparent et donc plus attractif. Aussi, le nombre croissant de nouveaux clients par le fait de la mondialisation a rendu le marché très large et très global. Enfin, les collectionneurs eux-mêmes sont mieux avisés, plus investis dans leurs choix ou encore savent s’entourer de bons conseillés.

Le contexte mondial actuel, la remise en cause des salles de ventes, l’évolution des législations et les progrès d’Internet sont des éléments qui tendraient à penser que le marché de l’art est stable et solide. De fait, les prix réalisés ces quatre dernières années n’ont pas découragé les acheteurs, et ont stimulé les vendeurs à se défaire d’œuvres majeures et fraîches sur le marché.

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