La Revue : A quoi faudra-t-il être attentifs en 2014 ?

bourse Nyse 2Quand on fait le bilan économique et financier de 2013, on se dit que cela aurait pu être pire. La zone euro sort de la récession, les bourses ont affiché de bons résultats, les pays périphériques de la zone euro ont dégagé des excédents à la fois structurels et cycliques de leurs balances courantes. Du côté asiatique, le Japon a surpris tous les observateurs en raison de la politique menée par le premier ministre Shinzo Abe qui a entrainé la bourse nipponne à la hausse.

Mais nous aurions tort de nous laisser engourdir par cette apparente amélioration. Tous les problèmes ne sont pas résolus et il conviendra de tenir à l’œil un ensemble de facteurs qui pourraient être décisifs dans l’évolution économique.

En Europe, le problème de l’endettement des pays de la zone euro est loin d’être réglé. « Nos pays sont encore très endettés et, alors que l’on se focalise sur la croissance et l’inflation, on n’oublie de mentionner l’importance des dettes publiques et des dettes privées des pays. Aujourd’hui, l’Italie fait peur. Avec un taux de croissance nul, sa dette s’accroît. Nous nous attendons à une défiance sur la dette italienne et à un problème de financement », souligne Charles Nollet, Head of Markets and Investment Solutions chez Crédit Agricole Luxembourg. La France doit aussi rester dans le viseur car certains éléments laissent craindre une détérioration de sa situation budgétaire. « Nous devons être attentifs au fait que la moindre hausse des taux d’intérêts, la moindre étincelle peut aboutir à un problème financier encore plus grave. Nous avons tort de croire que la dette publique nous est étrangère. C’est une dette collective dont nous sommes tous les débiteurs et les créanciers », note Bruno Colmant, Partenaire chez Roland Berger.  La politique de la BCE et les avancées de l’union bancaire devront aussi être surveillées et analysées pour pouvoir anticiper l’évolution future de la zone euro. « La solvabilité du secteur bancaire reste faible et le problème le plus crucial en 2014 sera sans doute les lacunes dans l’octroi de crédits aux PME », note Peter Vanden Houte, Chief Economist chez ING.

En Belgique, des mesures doivent être prises de façon urgente en matière de fiscalité mais aussi en ce qui concerne notre système des pensions. Nous ne pouvons plus nous contenter d’un apaisement de façade. Nous sommes à la veille d’une échéance électorale et nos politiciens prennent des mesures inappropriées comme la baisse du taux de TVA sur l’électricité. Nous ne pouvons être que consternés de voir à quel point nos politiciens rejettent les critiques et propositions des économistes. Dans cette période cruciale durant laquelle toutes les expertises devraient être concentrées sur la situation des finances publiques et sur notre compétitivité, il est regrettable de voir à quel point l’avis des experts est négligé.

Aux Etats-Unis, c’est toujours la politique monétaire qui sera le point de mire dans un environnement économique plus favorable. Il sera intéressant de voir quelle sera la politique menée par la nouvelle présidente de la FED, Janet Yellen. On parle d’un ralentissement de la politique accommodante (tapering) mais le problème se situe essentiellement au niveau du timing.

Dans les pays émergents, on ne peut plus parler désormais d’homogénéité régionale. L’année 2013 a été celle de toutes les déceptions sur ces marchés. En Chine, des réformes structurelles importantes sont attendues dans le cadre d’un vaste plan quinquennal. Des pays comme le Brésil, l’Inde, la Turquie et l’Indonésie devront faire l’objet d’une vigilance particulière en raison de l’inflation, de la situation de leur balance courante et de la fragilité de leur économie.

Globalement, l’évolution des bénéfices des entreprises sera un des éléments de soutien essentiels des marchés boursiers dans le monde. Nous allons passer dans une phase de consolidation des bourses qui nécessitera un renforcement de la rentabilité des entreprises. Nous devons être attentifs à recréer les conditions de la croissance.

L’ensemble de ces facteurs à surveiller exigera donc que nous adoptions une longue vue à très large spectre en 2014 !