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Comment investir dans l’Internet des objets industriels ?

Le 14 septembre 2017

Par Erik Joly,Country Director Products & Solutions, ABN AMRO Private Banking

Une transition est en train de toucher les usines et les processus industriels. Tout commença il y a des décennies avec l’automatisation, lorsque des machines devinrent capables de remplacer des processus exigeants en main-d’œuvre ou spécialisés dans le monde industriel. Au cours de ces dix dernières années, l’automatisation s’est de plus en plus accomplie à travers la robotique.

Aujourd’hui, un nouvel acteur a rejoint la robotique dans le monde des usines : l’Internet des objets. L’Internet des objets se développant et gagnant les usines est devenu connu sous le nom d’Internet des objets industriels ou d’industrie 4.0. Les avantages de l’Internet des objets industriels incluent une amélioration de la flexibilité de la production, une réduction des temps d’arrêt, de la maintenance et du nombre de travailleurs.

Alors que l’utilisation de la robotique va croissante, on assiste à une forte vague d’investissement dans des plates-formes et solutions liées à l’Internet des objets industriels.

L’Internet des objets industriels consiste en la pose de capteurs et caméras avec puces de communication sur des machines et produits d’une usine. Ces capteurs sont ensuite capables de suivre par exemple la position d’un produit, de mesurer si une machine fonctionne bien ou d’analyser la quantité d’énergie utilisée. Les données sont collectées et analysées par le biais du Wifi ou d’un autre type de connexion mobile, à l’aide d’un logiciel spécialisé. Les informations en découlant peuvent servir à l’amélioration de processus, par les managers ou par la machine proprement dite.

La connexion de capteurs à des machines industrielles, véhicules et produits trouve son application dans une large gamme de secteurs, comme les usines, les plates-formes de forage, les trains et les services publics. Ces capteurs permettent aux opérateurs d’obtenir des informations en temps réel et sur le moment auquel un remplacement ou une maintenance s’impose. Les opérateurs sont également en mesure de changer plus facilement de ligne de production, rendant les cycles de production plus simples et moins onéreux. Associée à une utilisation accrue de robots industriels, cette connectivité s’accompagne d’un important potentiel d’économie sur les coûts et de marges bénéficiaires accrues.

Quelques innovateurs sont en train d’aller plus loin et de connecter leur usine à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Les fournisseurs peuvent alors optimiser leurs opérations sur la base d’un aperçu en temps réel des exigences de l’usine. L’usine a également besoin d’un stock un peu moins élevé. Les détaillants peuvent également soumettre des commandes et personnaliser leurs produits, suivre l’avancement et optimiser leurs propres stocks. L’intégration directe des commentaires du client dans la chaîne d’approvisionnement peut donner lieu à une production plus efficace de produits personnalisés. Le fabricant d’appareils électroménagers chinois Haier a déjà franchi ce cap.

Les sociétés étant déjà des acteurs importants dans l’automatisation industrielle et dénombrant une foule de machines, comme General Electric, ABB, Siemens et Schneider Electric, jouissent d’un avantage stratégique par rapport à leurs rivaux de plus petite taille et aux prestataires de services tiers. Il n’est toutefois pas encore possible de déterminer qui sortira gagnant de cette tendance. Les fabricants hésitent à introduire de nouveaux fournisseurs dans leur chaîne d’approvisionnement en raison du risque de perturbation de leurs processus critiques de production.

Au vu de l’importance de ces opérations critiques, une cybersécurité s’impose également. Une cyber-attaque touchant une entreprise peut être lourde de conséquences. En juin 2017, une cyber-attaque d’envergure était lancée, affectant d’innombrables entreprises du monde entier. Lors de l’attaque, une chocolaterie Cadbury a été complètement mise à l’arrêt et les terminaux de conteneurs Maersk ont subi une congestion massive. Des événements de ce type justifient des investissements dans la cyber-sécurité, non seulement sous la forme de l’installation de pare-feu, mais aussi de logiciels de détection et de réaction qui décèlent rapidement et isolent les cyber-intrus.

L’utilisation de la robotique connaît un développement permanent dans le domaine de l’automatisation. Les sociétés fructueuses dans ce domaine sont Kion AG en Allemagne et Nidec au Japon. Kion assiste à une forte demande de ses équipements d’entreposage entièrement automatisés. Connecter l’entrepôt et les chariots élévateurs à fourche à l’aide de capteurs permet de créer des lieux de travail plus efficaces et plus sûrs.

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Risques politiques et opportunités économiques

Par Ivo Bosteels, Director Discretionary Portfolio Management, ABN AMRO Private Banking Belgium
Le 14 juin 2017

Les risques politiques s’atténuent en Europe…

L’année dernière, les marchés financiers ont été souvent dominés par l’incertitude politique. Le résultat inattendu du référendum sur le Brexit en juin 2016 est encore frais dans les mémoires. Lorsque Donald Trump a été élu à la présidence des États-Unis quelques mois plus tard, on a craint de voir une vague populiste déferler sur l’Europe et anéantir l’intégration européenne. Pour les observateurs les plus sceptiques, l’implosion de la zone euro n’était plus que l’affaire de quelques mois. En 2017, les élections étaient au programme d’États membres européens importants : aux Pays-Bas, en France, en Allemagne ainsi que des élections anticipées éventuelles en Italie et en Autriche.

Aux Pays-Bas, Geert Wilders n’a cependant pas réussi à tourner les élections législatives en sa faveur. En France, Emmanuel Macron a remporté les élections présidentielles et endigué la vague eurosceptique. Selon les sondages, son parti En Marche ! pourrait également s’imposer lors des élections législatives.

En Allemagne, l’effet Schulz semble également se tasser. Angela Merkel a très habilement fait de l’UE l’un de ses chevaux de bataille et subtilisé ce thème au SPD. Les résultats des récentes élections locales montrent que Merkel bénéficie d’un soutien solide, qui a plus tendance à se renforcer qu’à s’affaiblir. Il est fort probable que l’Allemagne et la France développent des initiatives pour donner une nouvelle impulsion à l’intégration européenne. Avec la volonté des Français d’instaurer des réformes et celle des Allemands de prendre l’initiative, l’avenir de l’UE s’annonce sous de meilleurs auspices qu’il y a un an.

…et augmentent aux Etats-Unis

Dans l’intervalle, l’incertitude politique s’intensifie outre-Atlantique. Le président Donald Trump est de plus en plus sur la sellette. Trump et son entourage entretiendraient des relations avec la Russie et le président aurait mis le Directeur du FBI James Comey sous pression avant de finir par le licencier. Il aurait en outre divulgué des informations secrètes à des fonctionnaires russes. L’avenir nous dira si tous ces éléments suffiront à destituer Trump. Mais quoi qu’il en soit, cela aura des répercussions politiques. Trump a été élu président dans l’espoir qu’il mènerait une politique qui s’avérerait positive pour l’économie et les entreprises, notamment par le biais de mesures de relance et de réformes fiscales. Il semble toutefois plus difficile que prévu de faire entériner ces projets par le Congrès. Les récentes complications politiques ne facilitent certainement pas la mise en œuvre de l’agenda de Trump, même s’il a décidé dans l’intervalle de se retirer de l’accord de Paris sur le climat. Une décision à laquelle une grande partie des entreprises américaines a réagi négativement.

L’économie européenne reprend le flambeau aux Etats-Unis

De plus en plus de signes annoncent un printemps économique dans la zone euro. L’indice PMI, qui mesure la croissance économique, a atteint son niveau le plus haut depuis six ans. L’indice de confiance des entrepreneurs et des consommateurs atteint pratiquement son apogée depuis dix ans. Au premier trimestre, et durant toute l’année 2016, la croissance économique dans la zone euro a été supérieure à celle des États-Unis. Tous les États membres de l’union monétaire profitent de la relance. L’accélération de la croissance est due à une combinaison de facteurs. L’économie mondiale reprend du poil de la bête, les taux sont bas grâce à la politique de la BCE et, pour la première fois depuis des années, les gouvernements stimulent la croissance via la politique budgétaire.

L’EUR/USD profite de la faiblesse du dollar…

Les récents chiffres macroéconomiques décevants aux États-Unis, notamment la hausse des prix à la consommation et les ventes au détail, ont mis fin au redressement du dollar. Les chiffres plus faibles que prévu ont entraîné une révision à la baisse des prévisions relatives aux relèvements des taux par la Banque centrale américaine (Réserve fédérale) en 2017 et 2018. En outre, les taux réels américains ont également chuté. À cela s’ajoute la publicité négative autour du gouvernement Trump, qui a atténué l’engouement pour le dollar.

… et de la force de l’euro

Le sentiment à l’égard de l’euro s’est en revanche considérablement amélioré. Les résultats électoraux aux Pays-Bas et en France ont fortement réduit les risques politiques dans la zone euro. En outre, les chiffres macroéconomiques pour la zone euro montrent une situation favorable. Enfin, la Banque centrale européenne (BCE) commence progressivement à préparer le marché à un ralentissement de son programme de rachat d’obligations en 2018 (tapering). Ces éléments ont remis du vent dans les voiles de l’euro.

L’EUR/USD peut continuer d’augmenter en 2017

Pour le reste de l’année, le dollar devrait continuer de s’affaiblir et l’euro, gagner en puissance. Le relèvement des taux de 25 pb par la Réserve fédérale en juin est d’ores et déjà totalement assimilé par le marché, ce qui est aussi en partie le cas de la prochaine augmentation de 25 pb prévue en septembre. Deuxièmement, le gouvernement Trump continuera probablement d’être dénigré par la presse, ce qui réduira l’appétit des investisseurs pour le billet vert et entraînera la fermeture des positions longues spéculatives. Enfin, la situation est devenue défavorable au niveau technique, avec un EUR/USD qui a dépassé la moyenne à 200 jours, un niveau de résistance important.

Le potentiel de hausse du cours de l’EUR/USD sera sans doute atténué par le regain d’attention que susciteront l’incertitude politique et le mauvais état structurel en Italie plus tard dans l’année.

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La locomotive allemande de nouveau sur les rails

Par Erik Joly, Chief Economist ABN AMRO Belgique

Le 18/04/2017

L’économie allemande renoue avec la croissance à un rythme accéléré. Au cours du dernier trimestre de l’année dernière, la croissance a affiché une progression de plus d’1,5%, par ailleurs largement soutenue par l’ensemble des acteurs économiques. La confiance des producteurs connaît ainsi entre-temps la hausse la plus élevée qu’on ait enregistrée depuis des années. Mais dans ce mouvement général vers l’avant, les consommateurs ne se sont pas non plus laissés distancer.

Depuis le milieu de l’année 2016, l’Allemagne semble de nouveau endosser le rôle de moteur de la reprise économique. L’économie allemande peut être qualifiée comme une économie industrielle – alors que son homologue française repose davantage sur les services – et abrite quelques-unes des plus grandes multinationales au monde. L’évolution favorable de la parité des changes euro/dollar a permis aux entreprises allemandes d’accroître leur compétitivité sur le marché international et de doper leurs exportations. Pour nos voisins de l’Est, le fait que leurs exportations sont tournées vers les marchés mondiaux constitue un atout supplémentaire. En d’autres termes, ils ne sont pas tributaires d’une région déterminée et sont à l’abri des mesures protectionnistes, quel que soit l’endroit où elles pourraient être mises en place. Tous ces éléments combinés contribuent à tirer de nouveau les bénéfices vers le haut. Signe de ce nouvel élan : le fait par exemple que Porsche va accorder à chaque travailleur un bonus de 9 111 euros.

Mais aussi dans le secteur des services, l’économie allemande enregistre d’excellentes performances. Le célèbre bureau d’études britannique Markit a relevé récemment que l’emploi dans les entreprises de services croissait à un rythme inégalé ces dernières années. L’indice composite des directeurs d’achats publié récemment par Markit (le PMI, Purchasing Manager Index), indicateur reflétant les résultats d’une enquête réalisée à la fois auprès des acheteurs du secteur manufacturier et auprès des directeurs d’achats du secteur des services, a atteint 58 points, une excellente performance qui résume cette poussée d’optimisme.

Autre élément remarquable : le fait que, parallèlement à ces résultats, l’intérêt allemand à long terme parvienne à maintenir à la fois son caractère si avantageux et sa stabilité. Ce constat vaut par ailleurs aussi pour pratiquement l’ensemble des pays du cœur de la zone euro. Autrement dit, un écart important se creuse entre les perspectives de croissance vertigineuses et le taux d’intérêt à long terme. Le rachat massif de titres publics par la Banque centrale européenne (BCE) a en effet permis de maintenir les taux à un niveau plancher. Cet intérêt bon marché permet aussi aux entreprises allemandes de poursuivre leur financement à très faible coût, ce qui devrait bénéficier aux investissements d’expansion et de croissance.

La Bourse de Francfort emboîte le pas depuis presque deux ans à l’indice mondial, dont l’appréciation est relativement intéressante. Avec un rapport entre le cours et le bénéfice estimé pour cette année et l’année prochaine respectivement à 14 et 12,9, les 30 valeurs phares de l’indice DAX se négocient à un prix plus avantageux que celles de l’Euro Stoxx 50. Le Dax est aussi presque 20% meilleur marché que son homologue américain. Les années précédentes ont été marquées par une baisse de 10% en moyenne.

Il va de soi que nous ne pouvons faire fi des événements de la scène politique. Les élections prévues dans le courant de la seconde moitié de l’année sont encore susceptibles d’assombrir ces perspectives favorables. Les résultats récents aux Pays-Bas et les tout derniers sondages en France donnent toutefois à penser qu’à première vue, le populisme n’a pas encore foulé le sol européen. 

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Quelle vision pour l’Asie ?                                                                            

Par Erik JOLY, Economiste en chef chez ABN Amro Private Banking

Le 22 mars 2017

Les signes d’un revirement positif dans l’industrie mondiale et dans le commerce international sont de plus en plus nombreux. Cette reprise de la croissance mondiale et du commerce international se manifeste également dans les exportations et les importations de l’Asie émergente.

La croissance régionale devrait rester autour des 6 % en 2017-2018, grâce au rétablissement de la croissance en Inde

La croissance en Asie émergente devrait se maintenir à 6 % cette année. Le ralentissement de la croissance en Chine devrait se dérouler très progressivement. La correction attendue du marché immobilier et le durcissement prudent de la politique entraîneront probablement un léger fléchissement du rythme de croissance dans le courant de cette année. Durant cette année politiquement importante (avec un changement radical de la composition du principal comité politique à l’automne), Pékin prendra les mesures nécessaires pour maintenir la croissance à un niveau acceptable. Bien que l’opération de démonétisation ait réduit la croissance à court terme, l’Inde devrait conserver son statut de géant émergent à la croissance la plus rapide. Nous avons réduit nos prévisions de croissance de 7,5 % à 7,0 % pour l’exercice fiscal 2016, mais tablons sur un retour de la croissance à 7,5 % au cours de l’exercice fiscal 2017. Par ailleurs, l’Inde est devenue moins exposée à une hausse des taux d’intérêt américains. En outre, son degré d’ouverture relativement limité rend le pays moins sensible à une politique commerciale potentiellement plus protectionniste des États-Unis.

Prévisions de croissance revue à la hausse pour plusieurs pays fortement tributaires des exportations

Les prévisions de croissance pour 2017-2018 ont été relevées de 0,5% pour plusieurs pays fortement tributaires des exportations – tels que Hong Kong, Singapour et Taïwan. Cette révision repose essentiellement sur l’accélération de l’activité mondiale et sur les répercussions majeures de fin 2016. Les prévisions de croissance pour la Malaisie ont également été releées, vu que le pays profite d’un redressement de la demande externe et d’une remontée progressive des prix pétroliers. La croissance en 2017 devrait plus ou moins rester identique à celle de l’année dernière pour l’Indonésie (5 %), la Corée du Sud (2,5 %) et la Thaïlande (3 %).

L’inflation de base continue de grimper…

L’indice régional de l’inflation (IPC) est légèrement remonté pour atteindre son niveau le plus élevé depuis 6 mois (2,6 % en glissement annuel) en janvier 2017. Cette progression reflète en partie la hausse des prix du pétrole, des denrées alimentaires et des autres matières premières. Cette évolution est déterminée dans une large mesure par la Chine et l’Inde, bien que l’inflation de base progresse également dans les autres pays émergents d’Asie. En Chine, l’inflation de base a atteint 2,2 % en glissement annuel en janvier, soit le niveau le plus élevé depuis octobre 2011. En Inde également, l’inflation de base a culminé à 2,07 % en glissement annuel en janvier, soit le niveau le plus élevé depuis septembre 2014.

… et l’assouplissement monétaire semble toucher à sa fin

Maintenant que l’inflation (de base) augmente et que la Fed va, selon toute probabilité, relever le taux directeur en 2017 et en 2018, le cycle d’assouplissement monétaire en Asie émergente semble toucher à sa fin. Les quatre principales économies n’ont plus connu de nouvelles baisses du taux directeur depuis octobre 2016. Après avoir baissé le principal taux directeur de 50 points de base au total à 6,25 % en 2016, la Banque centrale indienne n’a plus opéré de changement depuis octobre. Les acteurs du marché avaient tablé sur une nouvelle baisse. En Chine, la Banque centrale (PBoC) a maintenu le principal taux directeur (le taux des prêts à 1 an) constant pendant plus d’un an à 4,35 %. La PBoC a même récemment relevé plusieurs taux d’intérêt pour ses facilités de trésorerie, dans le cadre d’une politique de resserrement prudente visant à endiguer l’endettement excessif et la sortie de capitaux et à maîtriser la pression inflationniste. Dans l’intervalle, la plupart des gouvernements asiatiques ont encore la possibilité, si nécessaire, de mener une politique budgétaire stimulante, vu que les finances publiques se portent relativement bien d’une manière générale.

Les principaux risques persistent

La croissance régionale dans l’Asie émergente devrait se maintenir autour de 6 % en 2017 et en 2018. Outre les risques géopolitiques (relation Chine/États-Unis, mer de Chine méridionale, péninsule coréenne), un certain nombre de risques macrofinanciers importants subsistent :

  1. Surprises négatives liées à une transition chaotique en Chine. Il n’y a pas pas d’atterrissage brutal pour la Chine en 2017-2018 en perspective. Mais le risque de chocs a augmenté avec la présidence de Trump. Le relèvement des taux (directeurs) aux États-Unis combiné à l’incertitude liée à la politique commerciale américaine pourrait entraîner un regain de pression sur le yuan, une délocalisation accrue des capitaux et une nouvelle baisse des réserves de devises chinoises. Les mesures de Pékin visant à ralentir le marché immobilier et à limiter l’endettement pourraient également entraîner de mauvaises surprises. Une erreur stratégique pourrait confronter la Chine à une réduction désordonnée de la dette pouvant s’accompagner d’une baisse de la croissance du PIB plus importante que prévu.
  2. Protectionnisme. Bien que le président Trump ait nommé plusieurs faucons anti-Chine dans son gouvernement, il est probable qu’il renoncera à une sérieuse guerre commerciale, qui pourrait effectivement se retourner contre les États-Unis et ne rendrait pas justice à la relation de force équilibrée entre les deux pays. Il est évident que les risques de baisse existent. La Chine n’est pas le seul pays d’Asie exposé à un protectionnisme accru. Bon nombre de pays tributaires des exportations, dont le modèle de croissance repose sur les chaînes de production mondiales, seraient touchés par un mouvement protectionniste (outre la Chine, Hong Kong, Singapour, Taïwan, la Corée du Sud, la Malaisie, Thaïlande et le Vietnam seraient également concernés).
  3. Durcissement des conditions financières. Jusqu’ici, le Trump tantrum (un dollar plus fort et des taux d’intérêt plus élevés aux États-Unis entraînent une sortie des capitaux des pays émergents) s’est révélé de courte durée. Une hausse majeure (plus élevée que prévu) des taux d’intérêt américains pourrait engendrer une nouvelle vague de reflux de capitaux, voire un durcissement des conditions financières en Asie et une hausse des taux d’intérêt pour les emprunteurs asiatiques. L’Asie émergente est cependant moins sensible à ce type de revers que les pays émergents d’autres régions

 

 

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Pourquoi les obligations des marchés émergents n’ont-elles plus la cote ?

Par Erik Joly, ABN Amro Private Banking

Le 20 février 2017

Les écarts de rendement entre les obligations des marchés émergents et celles des pays développés ont retrouvé leur faible niveau d’avant l’élection de Donald Trump en novembre dernier. La situation est telle que ces obligations sont onéreuses au vu des risques que font courir aux marchés émergents les politiques protectionnistes du nouvel exécutif américain.

En 2016, des obligations émergentes ont été introduites dans les portefeuilles car elles permettaient une certaine diversification internationale et offraient des perspectives de rendement intéressantes. À la suite du Brexit et étant donné l’agenda électoral chargé en Europe, c’était une façon d’éloigner quelque peu les portefeuilles de la zone euro. En outre, après avoir traversé une période de faiblesse et d’instabilité sur le plan économique, les marchés émergents commençaient à se redresser en affichant une amélioration de leurs fondamentaux, soutenue par une stabilisation des prix des matières premières.

La préférence a été alors donnée aux obligations souveraines en devise forte et une stratégie y afférente a été mise en œuvre lorsque le différentiel de rendement (ou « spread ») entre l’indice des marchés émergents et celui des bons du Trésor américain était de près de 350 points de base en faveur du premier indice cité. Cette stratégie portait ses fruits et l’écart se réduisait, bien que la Réserve fédérale ait réaffirmé son intention de procéder à un relèvement des taux. L’arrivée imminente d’un cycle de resserrement monétaire aux Etats-Unis, lequel, aurait dû connaître une évolution progressive et maîtrisée, a été prise en compte

Tout se passait à merveille et les obligations émergentes remplissaient le rôle qui leur était réservé dans les portefeuilles.

Entre juillet et début novembre, l’avance de l’indice des marchés émergents s’est replié peu à peu jusqu’à atteindre 330 points de base. Et puis, le 9 novembre, à la surprise quasi générale, les Américains ont élu Donald Trump à la Maison-Blanche. En conséquence, l’un des deux scénarios suivants allait forcément se produire :

Soit, il allait prendre des mesures de relance économique en pleine phase de reprise conjoncturelle, obligeant ainsi la Réserve fédérale à relever ses taux plus rapidement. Soit, il allait mettre en œuvre toutes les mesures protectionnistes annoncées pendant sa campagne électorale. Dans le premier cas de figure, les marchés émergents souffriraient d’un durcissement de la politique monétaire américaine. Dans le second, ils pâtiraient gravement d’un ralentissement du commerce mondial.

Comme il était peu probable que les marchés émergents parviennent à sortir leur épingle du jeu, il a été décidé de revoir la position à neutre peu après le 9 novembre. En outre, étant donné que le marché a lui aussi estimé que les obligations émergentes allaient subir les conséquences fâcheuses de la nouvelle présidence américaine, l’indice des écarts de rendement est reparti à la hausse.

Après le choc initial causé par le résultat inattendu des élections américaines, les économistes et les marchés financiers pensaient tous qu’une fois président, Donald Trump mènerait une politique moins agressive que ses discours de campagne. Bon nombre s’attendaient également à ce qu’il mette en place, comme il l’avait annoncé, ses mesures de relance à travers des réductions d’impôts et des hausses de dépenses. Dans ce climat d’optimisme, les classes d’actifs plutôt risquées (telles que les obligations des marchés émergents) sont arrivées à poursuivre leur progression, malgré la hausse du billet vert et l’augmentation du rendement des bons du Trésor américain.

À 330 points de base, l’indice des marchés émergents a retrouvé son faible niveau de début novembre. Si, globalement, les économies émergentes enregistrent encore de bons résultats et permettent toujours de s’éloigner des risques politiques présents en Europe, ces obligations semblent onéreuses eu égard à la ligne politique qu’entend suivre réellement l’administration Trump.

On assiste déjà au retour d’une certaine fragilité parmi les devises de pays émergents qui dépendent fortement du commerce extérieur.

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Comment orienter son portefeuille en 2017 ?

Par Erik Joly, Chief Economist ABN AMRO Private Banking Belgium

Le 11 janvier 2017

L’issue des élections américaines a créé un paysage politique clairement régi par les stimulants promis pour l’économie américaine. Le résultat électoral implique aussi un risque accru à court terme pour les marchés obligataires, et à moyen terme pour le commerce mondial.

Les actions seraient plus enclines que les autres catégories de placements à stimuler le rendement du portefeuille, en particulier sur fond de croissance économique modérée. Nous assistons en ce moment à une normalisation du climat d’investissement. La crainte de la déflation se dissipe ; une reprise progressive de l’inflation se profile à l’horizon.

Les taux étant très bas, il convient toujours d’éviter les obligations. De plus, il est devenu difficile de manœuvrer sur les marchés obligataires à présent que les banques centrales s’efforcent surtout de raviver l’inflation. Les matières premières peuvent continuer à jouer un rôle en tant que protection contre l’inflation et la volatilité des marchés. Dans le climat dynamique qui nous attend, les liquidités peuvent être utilisées pour mettre à profit les opportunités qui se présentent. Ces occasions peuvent notamment se manifester sous la forme de corrections temporaires des marchés des actions (s’il s’avérait par exemple, le 20 janvier, que le président Trump ne parviendra pas à réaliser tous les projets qu’il avait annoncés, les marchés des actions pourraient avoir tendance à lever le pied).

Les facteurs fondamentaux l’emportent sur la politique

Une accélération de la croissance mondiale, soutenue par une politique budgétaire expansive aux États-Unis (croissance attendue du PIB américain en 2017 est attendue: 2,4 %, contre 6,5 % en Chine. Le momentum qui s’annonce pour les marchés émergents (4,4 %) et la zone euro (1,4 %) devrait contribuer à rompre avec la croissance modérée et la faible productivité.

Le nouveau gouvernement américain privilégie clairement la croissance. La mondialisation revêt de plus en plus un caractère numérique et s’oriente de plus en plus vers les services. Dans ce contexte, la technologie et les tendances sociales s’imposent en tant que catalyseurs ; la mondialisation n’est plus tributaire des canaux commerciaux traditionnels. Bien entendu, cette évolution ne profitera pas à toutes les entreprises. Celles qui présentent une rentabilité supérieure à la moyenne et sont relativement indépendantes des aléas macroéconomiques et politiques ont toutes leurs chances.

Selon les attentes, l’inflation atteindra 2,7 % aux États-Unis et 1,2 % dans la zone euro. À court terme, l’inflation des salaires n’est pas à l’ordre du jour, mais elle pourrait devenir un thème aux États-Unis si le programme incitatif de Donald Trump stimule encore davantage l’économie et l’emploi déjà robuste.

Le défi : harmoniser les politiques

Dans le domaine de la politique budgétaire, le manque de coordination internationale joue des tours aux pays européens. De cette manière, l’Europe pourrait rester trop dépendante des incitants monétaires. Aux États-Unis, avec un président républicain et une majorité républicaine au Congrès, la mise en œuvre de la politique budgétaire sera plus aisée. Les incitants budgétaires pourront permettre une normalisation soutenue des taux d’intérêt. Si le marché acquiert la conviction que la Federal Reserve devrait faire preuve de davantage d’agressivité, nous pourrions voir les taux des emprunts d’État américains rebondir subitement.

 

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Les consommateurs émergents : un bon thème d’investissement

Par Erik Joly, ABN AMRO Private Banking

Le 19 décembre 2016

Les consommateurs émergents locaux disposent d’un plus grand pouvoir d’achat qui leur permet de faire du shopping et de voyager. C’est pourquoi nous pensons que le «consommateur émergent » reste un domaine d’investissement intéressant.

Sur les marchés émergents, de plus en plus de gens bénéficient d’une hausse des revenus. Cette nouvelle prospérité donne lieu à de nouveaux modèles de dépenses, les produits de luxe devenant plus abordables. Dans ce contexte, il a souvent été fait référence à la « pyramide des besoins de Maslow ». Celle-ci se présente sous la forme d’une pyramide montrant comment les besoins des gens évoluent en fonction des différents stades de prospérité. Les entreprises axées sur le consommateur sont particulièrement bien placées pour tirer parti de la transition entre les besoins fondamentaux et les produits plus luxueux.

Un moteur de croissance pour les multinationales

La classe moyenne en plein essor dans les pays émergents libère un énorme potentiel de ventes pour les entreprises occidentales. Les marchés émergents – déjà vitaux pour de nombreuses sociétés occidentales – devraient devenir encore plus importants à l’avenir. Après tout, les économies occidentales ne se développent qu’à un rythme très modéré. Des multinationales axées sur le consommateur comme Unilever et Nestlé tirent désormais l’essentiel de leur croissance des marchés émergents. Ces entreprises ont récemment souligné les difficultés auxquelles elles sont confrontées pour dégager de la croissance dans les pays occidentaux. Les hausses de prix sont également difficiles à mettre en œuvre. Sans surprise, elles voient les marchés émergents comme le moteur de leur croissance à long terme.

L’Inde rattrape rapidement son retard

La croissance des revenus s’est resserrée en Amérique latine. Au Brésil, le plus grand pays de cette région, les revenus ont même baissé au cours de ces deux dernières années. L’économie locale dépend fortement de la demande des produits de base. La baisse spectaculaire des prix des produits de base depuis 2014 a eu un impact sur le portefeuille du consommateur latino-américain moyen. Depuis lors, les prix des produits de base ont commencé à se redresser, ce qui devrait donner une nouvelle impulsion à la croissance des revenus.

En Asie, la croissance économique a à peine ralenti. La Chine n’affiche plus la croissance économique exubérante de 10 % observée il y a quelques années, mais elle continue de croître à un rythme supérieur à la moyenne. L’économie devrait s’installer progressivement dans une trajectoire de croissance plus faible (ralentissant à 6 % en 2017). En revanche, l’économie indienne continue à prendre de l’avance. L’Inde abrite environ 18 % de la population mondiale et est l’une des économies les plus dynamiques, avec une prévision de croissance, à l’heure actuelle, de 7,5 % pour 2016 et 2017. Si les prévisions à long terme sont par définition incertaines, l’Inde continuera à connaître des chiffres de croissance élevés, même après 2017. Fondamentalement, l’Inde devrait continuer à croître plus rapidement que la Chine. Les consommateurs indiens sont encore beaucoup moins prospères que leurs homologues chinois, avec un PIB par habitant de 6 200 USD en Inde contre 14 300 USD en Chine. Mais au rythme vigoureux actuel de la croissance, leur prospérité va grimper au cours des cinq à dix prochaines années et atteindre le même niveau que celui que la Chine a connu il y a quelques années.

Premier aspect positif pour le secteur des produits de luxe

Dans l’ensemble, les pays émergents peuvent être considérés comme le moteur de croissance par excellence pour les multinationales, même si des vents contraires temporaires sont inévitables. Le secteur des produits de luxe, par exemple, est actuellement aux prises avec la corruption en Chine. Les montres haut de gamme, les bons vins et les sacs de luxe ont été particulièrement touchés. Ces produits de luxe étaient souvent offerts par des parties locales en échange de contrats lucratifs. La répression gouvernementale actuelle de cette pratique a mis la demande sous pression. Le premier signe timide d’amélioration est venu de LVMH, un acteur majeur des produits de luxe. La direction de LVMH voit la demande chinoise reprendre. Bien qu’il s’agisse d’un signe encourageant, il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions fermes. Cela étant, une demande soutenue de ces produits de luxe sur le long terme est à prévoir et le ralentissement actuel devrait être temporaire.

Le tourisme prend de plus en plus d’importance

Le secteur des voyages et des loisirs dépend fortement, lui aussi, des consommateurs émergents. Ce secteur a été fortement touché par les récentes attaques terroristes en Europe. L’histoire nous montre que les effets de ces attaques sont temporaires. Cependant, le nombre alarmant d’attentats qui affectent actuellement l’Europe pourrait avoir un impact plus prolongé pour certaines destinations. Ce phénomène est visible dans certaines villes. Paris, par exemple, accueille beaucoup moins de touristes. Mais le volume total des touristes issus des marchés émergents et visitant l’Europe ne diminue pas

La force motrice du tourisme des marchés émergents, ce sont les touristes chinois. La China Tourism Academy (CTA), en collaboration avec l’organisation de voyages en ligne Ctrip.com, estime que 12 % de Chinois de plus sont partis à l’étranger à l’occasion de la récente semaine de vacances nationales de début octobre. À plus long terme, l’association sans but lucratif Pacific Asia Travel Association prévoit que le nombre de Chinois voyageant à l’étranger augmentera de 50 % au cours des cinq prochaines années. À l’appui de cette projection, Carnival, la plus grande flotte de navires de croisière au monde, a signalé à la fin du mois de septembre que les réservations pour 2017 étaient déjà en hausse par rapport à 2016, à des prix moyens plus élevés.

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Mais, qu’est-ce qui se passe au Japon ?

Par Erik Joly, Chief economist chez ABN Amro

Le 27 octobre 2016

La banque centrale japonaise (BoJ) s’est réunie le 21 septembre pour décider de sa politique monétaire. Le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, estime que les mesures qui ont été prises jusqu’à présent portent leurs fruits. Il souligne que les prévisions d’inflation sont restées stables malgré des conditions défavorables et que ce n’est qu’une question de temps avant que celles-ci ne repartent à la hausse. Kuroda s’attend à ce que le consommateur japonais continue d’anticiper et tienne compte de l’effet de la politique monétaire dans ses prévisions. Lors d’une récente allocution, le gouverneur de la BoJ a expliqué que la plupart des facteurs qui ont jusqu’à présent empêché d’atteindre l’objectif de 2 % sont de nature exogène. Il a notamment pointé le recul des prix pétroliers, le ralentissement observé sur les marchés émergents et les conséquences de l’augmentation de la TVA sur la consommation.

Malgré les mesures d’assouplissement monétaire, les prévisions d’inflation restent largement inférieures à l’objectif de 2 % et sont même orientées à la baisse. La faible dynamique de l’inflation semble exercer une influence sur les prévisions. Nous pensons que l’inflation ne devrait pas beaucoup évoluer en 2016 étant donné l’impact des prix de l’énergie, la récente appréciation du yen et la fragilité de la demande. Du côté des entreprises, la croissance des investissements est restée modeste, les bénéfices se sont récemment repliés et la vigueur du yen a pesé sur les exportations. Malgré le resserrement du marché du travail, où le chômage est retombé à environ 3 %, les salaires ne montrent qu’une légère hausse. Les entreprises hésitent toujours à augmenter leurs coûts. La croissance du PIB devrait être respectivement de 0,6 % et 0,7 % en 2016 et 2017. En ce qui concerne l’inflation, une hausse à 1 % en 2017 peut être prévue.

par-defaut-2016-10-14-a-16-53-27Il est évidemment encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l’efficacité des mesures prises. En outre, d’autres facteurs internationaux susceptibles d’avoir une influence directe sur le taux de change et l’économie (un resserrement monétaire de la Fed, par exemple) demeurent incertains.

Depuis 2013, la BoJ a augmenté progressivement les volumes de ses achats, tout en y incluant de nouvelles classes d’actifs. Ainsi, les trackers (ETF) et les fonds immobiliers REIT japonais (J-REIT) sont désormais également pris en compte dans le cadre de son programme, l’accent étant mis sur des objectifs tels que le renforcement du capital humain et du capital physique.

Les achats d’ETF, débutés en 2010, ont également été augmentés en plusieurs phases et représentent aujourd’hui 6 milliards de yens par an. Les critères de sélection des ETF ont, par ailleurs, été révisés au fil du temps. La BoJ ne peut pas détenir plus de 50 % des parts d’un ETF, ce qui signifie que les autres parts doivent être aux mains d’autres acheteurs. Les derniers chiffres disponibles montrent que la banque centrale possède actuellement environ 62 % des ETF nippons.

La BoJ a instauré un taux de dépôt négatif depuis le mois de janvier de cette année. Et pour en limiter les conséquences sur les organismes financiers, la banque a mis en place un système sur trois niveaux. Selon le gouverneur, Haruhiko Kuroda, le taux négatif a entraîné une forte diminution des taux bancaires et du rendement sur les obligations d’entreprise. Le LIBOR à trois mois est ainsi passé de 17 pb au début de l’année à -0,2 pb. Kuroda a indiqué que les organismes financiers faisaient, selon certaines enquêtes, encore preuve de proactivité dans leurs octrois de crédit. Les effets du taux de dépôt négatif divergent et dépendent des caractéristiques des banques. Les chiffres du premier trimestre montrent que la marge d’intérêt des banques ne cesse de se contracter, ce qui pèse évidemment aussi sur leur rentabilité. Mais à l’heure actuelle, il est encore difficile d’évaluer avec précision quel sera, à l’avenir, l’impact de ce taux de dépôt négatif sur le système bancaire.

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Clinton versus Trump, quel impact pour l’économie américaine ?

Par Erik JOLY, Economiste en Chef, ABN AMRO Belgique

Le 8 septembre 2016

À l’approche des élections présidentielles américaines, nous nous sommes penchés sur les vraisemblables répercussions économiques découlant du résultat du scrutin, entre Hillary Clinton et Donald Trump. Même si les programmes économiques des deux candidats ne sont pas assez spécifiques pour obtenir des données chiffrées suffisantes, nous avons tâché de comparer les principaux thèmes abordés par les deux adversaires.

Hillary Clinton derrière le Bureau ovale

Début novembre se tiendront les élections présidentielles américaines, ainsi que celles des représentants et des sénateurs qui siègeront à l’un des deux organes du pouvoir législatif national. À la veille des conventions nationales de juillet, Hillary Clinton jouissait d’une avance confortable de quatre points sur son concurrent, et ce, dans la plupart des sondages. Par le passé, la fiabilité des sondages dépendait de la proximité de la date de dépouillement du scrutin. Par conséquent, la victoire de la candidate démocrate aux élections présidentielles paraît presque inéluctable, tandis que les Républicains conserveront très certainement la majorité à la Chambre de représentants, étant donné qu’il ne leur reste plus qu’à remporter 5 sièges, contre 30 pour les Démocrates. Dès lors, la probabilité que les Démocrates contrôlent la Chambre des représentants est relativement faible. En ce qui concerne le Sénat, les résultats se montrent bien plus imprévisibles.

Dans le cadre de ces élections, le débat économique a été relégué au second plan…

Cette année, le processus électoral américain en a surpris plus d’un en raison de son caractère contestataire. Les candidats à la présidentielle, dont Donald Trump, ont misé sur le sentiment anti-immigration et anti-mondialisation, l’inégalité et le désir de défendre les intérêts de la nation. En réalité, au cours de la campagne électorale, le programme économique a été relégué au second plan et les discours ont davantage joué sur la peur, dans l’optique d’attirer les électeurs sceptiques à l’égard de la mondialisation.

… et les programmes économiques restent vagues

L’agenda économique de Donald Trump se contente d’exposer quelques points concrets, alors que l’approche d’Hillary Clinton aborde 37 priorités/problématiques essentielles tout en restant vague sur bien des aspects. Dans une certaine mesure, les candidats partagent la même vision sur l’opposition aux accords de libre-échange et l’augmentation des dépenses publiques. Toutefois, les convictions de Donald Trump sont nettement plus fortes. En effet, il rejette catégoriquement les accords commerciaux et a fait la promesse d’adopter une approche plus agressive contre la Chine et le Mexique en vue de rééquilibrer les relations commerciales. Ces politiques pourraient conduire à une doctrine isolationniste en raison des probables ripostes des pays concernés. Par ailleurs, la croissance des exportations américaines ne tarderait pas à ralentir. Les principales différences politiques sont liées à l’immigration et aux soins de santé. À cet égard, Hillary Clinton s’inscrit dans la lignée de l’administration Obama, tandis que Donald Trump prévoit de réduire l’immigration, notamment par la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique. Ce genre de politiques d’immigration resserrerait le marché du travail à mesure que la main-d’œuvre disponible se fait plus rare. Si la nation se rapproche du plein emploi, les pénuries de travailleurs pourraient avoir une incidence considérable sur les salaires, et conduire par la suite à une offre d’emplois réduite.

Quant aux dépenses publiques, les deux candidats projettent de les augmenter. Néanmoins, Donald Trump prévoit une hausse bien plus significative que son adversaire, laquelle donne la priorité aux soins de santé et à la sécurité sociale, compensés par de nouveaux impôts. Donald Trump prévoit, quant à lui, de réduire les impôts sur les sociétés, de 35 % à 15 %, alors que la candidate démocrate propose de compenser les nouvelles dépenses publiques par une augmentation de l’impôt sur le revenu, visant principalement les contribuables à hauts revenus. Selon les estimations du Committee for a Responsible Federal Budget, l’incidence budgétaire totale de la proposition de Donald Trump génèrerait une augmentation du ratio dette publique/PIB de 52 points d’ici à 2026, contre 12 points sous la présidence des Démocrates. D’après nous, l’augmentation significative de la dette découlant du programme du candidat républicain n’est pas viable. Par ailleurs, elle ferait l’objet d’une certaine résistance, et ce, même au sein du Parti républicain, étant donné que le ratio dette publique/PIB deviendrait ingérable (120 %).

En réalité, les électeurs républicains expriment un scepticisme plus profond que les partisans démocrates dans ce domaine, bien que dans les deux camps, le doute plane de plus en plus. Selon les enquêtes menées par YouGov, moins de 10 % des électeurs républicains s’attendent à un redressement de l’économie, et ce, depuis le deuxième semestre de l’année 2015. Les électeurs démocrates, quant à eux, se montrent davantage optimistes, même s’ils ne sont que 30 % à croire en une reprise économique. Cependant, leur optimisme s’est entaché en un an à peine, puisqu’ils étaient au départ près de 50 % à espérer une réelle amélioration. Ces différences justifient l’ampleur de la transformation proposée sur ce terrain. Manifestement, le candidat républicain aspire à un remaniement d’une multitude de questions politiques, notamment des réformes fiscales, du thème de l’immigration, du commerce et de la sécurité nationale.

Comportement du dollar américain lors des présidences précédentes

Nos recherches ont démontré que les développements économiques ainsi que l’opinion à l’égard du marché financier ont une incidence bien plus importante sur la devise américaine que les transformations politiques. Le billet vert affiche une nature des plus spécifiques. Tantôt, il s’agit d’une devise cyclique, tantôt d’une valeur refuge. Autrement dit, les facteurs cycliques prennent parfois le dessus et influencent la force du dollar américain, alors qu’à d’autres moments les caractéristiques de valeur refuge de cette monnaie prévalent. C’est pourquoi la connaissance des facteurs dominants dans un environnement donné revêt une importance capitale. Une vue d’ensemble du comportement adopté par le dollar américain lors des présidences précédentes est présentée ci-dessous.

La combinaison la plus favorable pour le dollar américain serait une croissance économique supérieure à la tendance, avec l’amélioration de la dynamique de croissance, l’obtention d’un ratio positif entre la croissance et l’inflation (c’est-à-dire une croissance supérieure à l’inflation) et l’augmentation ou le maintien à des taux élevés des rendements réels (taux d’intérêt nominal – inflation). Ce contexte favoriserait l’apparition du billet vert comme devise cyclique. Le président Reagan, lors de son premier mandat, a été le seul à démontrer cette combinaison unique, alors que la situation du dollar américain s’était totalement inversée au cours de son second mandat. De surcroît, lorsque Reagan est arrivé à la Maison-Blanche en 1981, il est parvenu à remonter le moral et l’estime de soi de son peuple. Par conséquent, les États-Unis étaient considérés comme une grande puissance mondiale, ce qui a grandement renforcé le statut de la devise du pays. Bien souvent, les facteurs cycliques ne pointent pas tous dans la même direction et leur incidence peut dès lors être nulle. La demande pour cette devise en tant que valeur refuge peut également être particulièrement élevée lors de crises majeures. Le dollar américain est fortement remonté lors du second mandat de Bill Clinton, en raison des multiples crises (marché des changes en Asie, fonds spéculatif Long Term Capital Management, Russie, Amérique latine), et de Barack Obama

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Energies renouvelables : le vent tourne

Par ABN Amro Private banking

Le 9 juin 2016

Le solaire et l’éolien peuvent devenir pleinement compétitifs face aux énergies fossiles, même sans aide publique. L’issue de la conférence de Paris sur le climat et les préférences des consommateurs vont favoriser l’augmentation des capacités de production et aboutir à des tarifs plus compétitifs pour les énergies renouvelables. En parallèle, une hausse de la demande est anticipée pour les fabricants de panneaux solaires et d’éoliennes, ainsi que pour les sociétés qui offrent des solutions de haute technologie en matière de stockage et d’efficacité énergétique du réseau électrique.

  • L’augmentation des capacités solaires et éoliennes a d’abord été permise par les subventions publiques.
  • Dorénavant, les capacités accrues et les innovations suffiront à assurer la compétitivité des énergies renouvelables, sans subventions.
  • Des opportunités d’investissement existent dans les batteries de stockage, les éoliennes et l’amélioration du réseau électrique.

La combustion des carburants fossiles (charbon, pétrole et gaz) est l’une des premières causes de pollution atmosphérique. Les émissions de gaz à effet de serre (en particulier du dioxyde de carbone, ou CO2) nuisent à l’environnement et sont considérées comme la cause du réchauffement climatique. En décembre 2015, lors de la conférence de Paris sur le climat (COP 21), les gouvernements ont élaboré un plan ambitieux pour limiter le réchauffement climatique à 1,5-2 °C. En outre, les consommateurs ont également envie d’un environnement plus durable. Tout cela crée des conditions favorables pour les énergies renouvelables. À mesure que celles-ci se développent, l’écart de prix avec les énergies fossiles se réduit, contribuant ainsi à une mégatendance, celle de la « révolution énergétique », où l’abondance énergétique fait baisser les prix.

L’électricité va gagner en importance

En 2015, plus de 85 % de la consommation totale de combustibles était d’origine fossile et seulement 6 % d’origine hydraulique, éolienne, solaire, ou issue de la biomasse. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande d’électricité devrait croître de 70 % d’ici à 2040, en raison de la croissance économique et démographique, de la transition vers les véhicules électriques et de l’augmentation du

pouvoir d’achat. Les marchés émergents de l’Inde et de la Chine devraient enregistrer la plus forte augmentation de la demande d’électricité.

Le monde doit passer à une économie plus durable s’il veut atteindre les objectifs de l’accord de Paris, à savoir un réchauffement planétaire maximal de 1,5-2 °C. Ainsi, l’AIE prévoit pour 2040 un mix énergétique composé d’énergies renouvelables à hauteur de 50 % en Europe, de 30 % en Chine et au Japon, et de plus de 25 % aux États-Unis et en Inde1.

par défaut 2016-06-06 à 10.52.00À l’échelle mondiale, la plupart des énergies renouvelables ne sont toujours pas en mesure de rivaliser en matière de prix et restent donc dépendantes des subventions. Les coûts des projets éoliens et solaires sont déterminés par leur localisation et leur exposition aux forces naturelles (ensoleillement ou vitesse moyenne du vent, par exemple). La figure 1 compare le coût moyen mondial de l’énergie éolienne et solaire au coût régional du charbon, du gaz et du nucléaire. Seul l’éolien onshore est déjà compétitif face à la plupart des sources traditionnelles. Nous prévoyons une évolution similaire pour l’énergie solaire.

Les subventions font baisser les prix

Comme convenu lors de la COP 21, les gouvernements doivent présenter cette année leur plan pour limiter le réchauffement climatique. Nous pensons que les énergies renouvelables seront mises en avant pour stimuler l’augmentation des capacités de production. Cette stimulation est importante, car le déploiement de capacités accrues bénéficiera aux énergies renouvelables.

Les tarifs de rachat garanti constituent un instrument très efficace de promotion des énergies renouvelables. Ce système prévoit un prix de vente fixe ainsi que la vente garantie de l’énergie produite, pendant une période de 20 ans en général. Ces prix fixes étant révisés à la baisse pour les nouveaux projets durant la période convenue, les producteurs d’énergies renouvelables doivent innover pour bénéficier du système.

Le solaire a nettement tiré parti des économies d’échelle réalisées en Allemagne et en Chine. Fin 2009, le coût de production d’un mégawatt d’énergie solaire était de 315 USD. Cinq ans plus tard, il est tombé à 129 USD, soit une baisse de 60 % (figure 2), et l’AIE pense que ce prix va encore baisser de 40 %. Les énergies fossiles devraient quant à elles devenir plus chères une fois soumises au système de quotas d’émission de CO2.

Des investissements dans les renouvelables moins corrélés aux prix des énergies fossiles.

Depuis 2014, les investissements dans la production d’énergies renouvelables ont augmenté, malgré la forte baisse des prix des carburants fossiles (voir figure 3). C’est assez surprenant dans la mesure où les investissements dans le renouvelable sont devenus une solution attrayante face aux prix élevés des énergies fossiles. Cette inversion de tendance suggère que l’appétit des investisseurs augmente, de même que les opportunités. Nous pensons que la tendance va se poursuivre et améliorer la part de marché des énergies renouvelables.

Nécessité d’innover

Les énergies renouvelables dépendent aussi des innovations. Les réseaux électriques actuels doivent notamment être adaptés aux caractéristiques des énergies renouvelables.

par défaut 2016-06-06 à 10.54.36En effet, la production d’énergie solaire et éolienne varie selon l’ensoleillement et la direction du vent, tandis que la demande d’électricité dépend de la météo ou du moment de la journée. Afin de relier la demande à l’offre, il est nécessaire de raccorder les réseaux d’électricité nationaux à un réseau intégré à l’échelle mondiale, un réseau capable de transférer provisoirement les surcapacités ou la surproduction d’énergie vers les régions en pénurie.

Le stockage de l’énergie permet en outre au réseau électrique d’équilibrer l’offre et la demande. Dans le solaire, les surplus d’énergie générés durant la journée peuvent être utilisés la nuit lorsque le système ne fonctionne pas. Jusqu’à présent, le stockage s’effectue essentiellement dans des batteries lithium-ion.

Arrivée de la technologie des batteries

Sur le marché des batteries lithium-ion, le segment du stockage de l’énergie renouvelable devrait devenir le plus important d’ici à 2020. Parmi les produits de stockage, le Powerwall de Tesla est une grosse batterie domestique pouvant être rechargée par le réseau électrique du fournisseur lorsque celui-ci est en surcapacité, ou par l’énergie renouvelable (solaire ou éolienne) produite chez soi. Ainsi, les ménages peuvent devenir autosuffisants en produisant l’énergie renouvelable dont ils ont besoin (habitat autonome).

Le marché des batteries lithium-ion se développe également rapidement. Selon le portail de statistiques allemand Statista, le marché des batteries lithium-ion destinées à l’électronique grand public a atteint 13,2 milliards USD en 2015, contre 9,6 milliards USD en 2012. Il devrait monter à 14,8 milliards USD en 2020. En termes de segments, Statista prévoit que l’électronique grand public représentera 24 % du marché mondial des batteries lithium-ion en 2020, le marché automobile 30 % et le stockage de l’électricité (réseau ou renouvelable) 38 %. Parmi les sociétés spécialisées dans les technologies des batteries lithium-ion, citons Tesla, Panasonic, Johnson Control, TDK Corp., Samsung SDI et Hitachi.

Les scientifiques travaillent actuellement sur de nouvelles technologies de batteries. Certaines existent déjà, mais elles ne sont pas encore adaptées à la production de masse. Les batteries lithium-ion restent donc leaders tout en faisant l’objet d’améliorations. Le plus urgent est de baisser leur coût et d’accélérer le temps de recharge afin de les rendre compétitives face aux énergies fossiles. Selon les estimations

actuelles, les énergies fossiles sont quatre fois moins chères que la production des batteries lithium-ion.

Les voitures électriques sur le point d’être adoptées à grande échelle

Les voitures électriques, qui représenteront 30 % du marché lithium-ion en 2020, ont l’avantage de ne pas émettre d’émissions d’échappement. Elles peuvent donc contribuer à réduire la pollution de l’air dans les villes densément peuplées. En outre, elles sont plus économes en énergie que les traditionnelles voitures équipées de moteurs à combustion.

Les voitures électriques émettent 50 % de moins de CO2 que les véhicules traditionnels durant le cycle de vie complet, tandis que l’efficacité énergétique de ces derniers n’est que de 15 %, en raison des pertes de chaleur dans le moteur. Dans la mesure où l’automobile contribue à environ 15 % des émissions totales de carbone dans le monde, les voitures électriques peuvent jouer un rôle important dans la réalisation des objectifs climatiques fixés dans l’accord de Paris, en décembre 2015.

Les nouveaux modèles de voiture électrique devant être introduits en 2017 pourraient favoriser l’adoption à grande échelle. À l’heure actuelle, la pénétration des voitures électriques reste faible, à 250 000 unités vendues par an, soit moins de 1 % des ventes totales. Mais leur généralisation ne se fera qu’à certaines conditions : un prix de vente pas trop élevé, une autonomie accrue et un système de recharge amélioré.

Nous pensons que le lancement de la Model 3 de Tesla, en avril 2016, et de la nouvelle Opel Ampera-e, en 2017, accélérera la pénétration des voitures électriques car elles seront toutes deux vendues pour environ 30 000 USD et auront une autonomie de 350 kilomètres, contre une moyenne actuelle de 100-150 kilomètres pour les autres voitures électriques.

Sociétés industrielles offrant des solutions

Les énergies renouvelables modifient non seulement la dynamique des secteurs de l’énergie et des services aux collectivités, mais aussi le secteur industriel, de manière positive et négative.

La plupart des équipements utilisés pour produire, capter et stocker les énergies renouvelables sont fabriqués par des entreprises industrielles : GE et Vestas Wind pour les éoliennes, ABB et Siemens pour les connexions offshore HVDC (haute tension courant continu).

Ces connexions HVDC réduisent au maximum les pertes lors du transport de l’énergie éolienne générée offshore. Des solutions logicielles ou l’utilisation de réseaux intelligents (Schneider Electric) peuvent également aider les producteurs d’énergies renouvelables à faire face à la disponibilité intermittente de l’énergie solaire ou éolienne.

Dans le solaire, le marché des panneaux photovoltaïques est dominé par les acteurs chinois comme Trina Solar et Yingli Green Energy2. Les producteurs occidentaux incluent Canadian Solar, Solar City et First Solar.

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To Brexit or not to Brexit !

Par Erik Joly, Office Head Investment, ABN AMRO Private Banking

Le 2 mai 2016

Dans moins de trois mois, les Britanniques se rendront aux urnes pour se prononcer par référendum pour ou contre le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. Les sondages prédisent un coude-à-coude entre les partisans et les opposants du retrait. La plupart des entreprises semblent en tout cas soutenir le maintien de leur pays dans l’UE. C’est ce qui est récemment ressorti d’une consultation effectuée par la Confédération de l’industrie britannique : une vaste majorité des entreprises participantes optent résolument pour le maintien. Et un certain nombre d’institutions financières influentes avaient déjà fait savoir qu’elles tourneraient le dos à Londres si le Brexit devenait réalité. Mais l’issue d’un tel référendum demeure très incertaine.

Notre scénario de base part de l’hypothèse selon laquelle le Royaume-Uni reste dans l’UE, et nous lui attribuons une probabilité de 65 %. Par ailleurs, nous avons identifié quatre scénarios de Brexit dont nous pensons qu’il existe une probabilité de 35 % que l’un d’eux se réalise un jour. Ces scénarios de Brexit envisagent surtout les conséquences économiques et financières jusqu’en mai 2017, tout en sachant pertinemment bien que les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE risquent de se prolonger bien au-delà ; peut-être deux ans dans l’éventualité d’une sortie au second semestre 2018 et sans doute encore plusieurs années après celle-ci.

Scénario de base : le Royaume-Uni reste dans l’UE (probabilité de 65 %)

Bien que les conservateurs britanniques soient très partagés, la consigne de vote officielle du gouvernement est de dire oui au maintien. Tant le Premier ministre Cameron, que la plupart des membres de son gouvernement, que la majorité des autres partis politiques mèneront campagne pour le maintien de la situation actuelle. Ce scénario prévoit un ralentissement de la croissance économique au cours des six premiers mois de cette année. L’incertitude relative au référendum grèverait les investissements tout en ayant également des effets négatifs sur une économie mondiale déjà affaiblie. En conséquence, la Banque d’Angleterre se trouverait en position de ne pouvoir faire que du surplace. Au second semestre, l’économie britannique remonterait la pente. Les prévisions concernant le PIB britannique de cette année envisagent une hausse de 1,6 % (contre 2,2 % l’an dernier) puis de 2,5 % en 2017. Les conséquences économiques sur la zone euro seraient négligeables. En ce qui concerne l’évolution des taux de change, la paire de devises eur/gbp atteindrait un taux de 0,78 préalablement au référendum pour ensuite reculer à 0,71.

Scénario de Brexit 1 : sortie anarchique sans contagion au reste de l’UE (probabilité de 15 %)

Si Brexit il y a, il s’agirait du scénario le plus probable des quatre. Si les Britanniques optaient réellement pour la sortie de l’UE, les marchés devraient se préparer à de longues et pénibles négociations pour établir les conditions du retrait. Dans ce cas, il est probable que les entreprises et les investisseurs partiraient du principe que la poursuite du libre-échange est impossible et qu’ils adapteraient leur posture en ce sens. Certains membres de l’UE pourraient tenter d’en tirer parti au profit de leur secteur financier, mais fondamentalement, nul doute sur le fait que l’EU adopterait une position particulièrement dure au cours des négociations afin d’éviter que l’exemple britannique ne fasse des émules parmi les autres États membres mécontents de l’UE. Le Royaume-Uni ne pourrait plus bénéficier de la libre circulation des personnes ; c’est ce que l’UE exigerait comme condition en contrepartie de l’accès total au marché intérieur.

L’incertitude relative aux futures entraves commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni aurait une influence négative sur les investissements étrangers et l’emploi. L’économie britannique entrerait alors en récession et la Banque d’Angleterre devrait se résoudre à mener une politique de stimulation monétaire. La prime de risque de la livre sterling ainsi que les actions augmenteraient, ce qui engendrerait une perte de valeur. L’an prochain, le PIB britannique perdrait 2,5 points de pourcentage comparé à celui du scénario de base. La paire de devises eur/gbp se dirigerait vraisemblablement vers un taux de 0,95 alors que l’effet négatif sur le PIB de la zone euro en 2017 s’élèverait apparemment à un quart de pour cent.

Scénario de Brexit 2 : sortie anarchique avec contagion au reste de l’UE (probabilité de 5 %)

C’est de loin le scénario le plus défavorable. La sortie du Royaume-Uni de l’UE donnerait du grain à moudre aux mouvements eurosceptiques dans le reste de l’Europe. Il est possible que les gouvernements de ces pays soient mis sous pression pour organiser à leur tour un référendum, ce qui ferait croître le risque politique dans toute l’Europe. Une mauvaise situation économique, un taux de chômage élevé, des politiques d’austérité ainsi qu’une politique migratoire débridée sont autant de raisons pour lesquelles les partis populistes gagneraient du terrain et seraient responsables d’une forte fragmentation du paysage politique. Tout ceci rendrait les réformes gouvernementales plus difficiles et provoquerait, chez les investisseurs, un regain d’inquiétude concernant l’euro. En cas de nouvelle flambée de la crise de l’euro, la croissance du PIB de la zone euro deviendrait tout à fait nulle. La croissance du PIB britannique serait encore inférieure de 0,5 point de pourcentage à celle du premier scénario de sortie. Après une augmentation initiale, la paire de devises eur/gbp chuterait à 0,85 immédiatement après la sortie britannique de l’UE.

Scénario de Brexit 3 : sortie organisée sans contagion au reste de l’UE (probabilité de 10 %)

Il s’agirait du scénario de Brexit le plus favorable. Après la décision des Britanniques de quitter l’UE, les négociations entre les parties se dérouleraient dans une atmosphère sereine. Les marchés partiraient du principe que les relations commerciales ne devraient pas nécessairement pâtir de la situation. Le Royaume-Uni obtiendrait peut-être un accès au marché intérieur mais serait cependant contraint d’accepter un certain nombre de réglementations européennes (possiblement relatives à la libre circulation des personnes). Ce scénario prévoit également le ralentissement de l’économie britannique l’an prochain (1 point de pourcentage en moins que dans le scénario de base) mais l’incertitude demeurerait limitée. En 2017, l’effet négatif sur le PIB de la zone euro resterait vraisemblablement réduit, alors que la paire de devises eur/gbp enregistrerait une hausse et atteindrait 0,85.

Scénario de Brexit 4 : sortie organisée avec contagion au reste de l’UE (probabilité de 5%)

Dans ce cas, nous envisageons que le PIB du Royaume-Uni ainsi que celui de la zone euro soient 1,5 point de pourcentage inférieurs à ceux du scénario de base. Le taux de la paire de devises eur/gbp stagnerait à 0,8.

Conséquences économiques du Brexit

À court et moyen terme, (moins de deux ans), les entreprises britanniques investiront moins et créeront moins d’emplois en raison de l’incertitude. Cela aura également, sans conteste, des répercussions sur la consommation. Les investissements directs ainsi que les autres flux de capitaux en direction du Royaume-Uni déclineront simultanément. 46 % de tous les investissements directs au Royaume-Uni proviennent de l’UE alors que ceux du reste du monde sont en partie liés à l’accès au marché intérieur. Si les investissements directs diminuent, le Royaume-Uni éprouvera encore davantage de difficultés à financer le grave déficit de sa balance courante (plus de 4,5 % du PIB). Enfin, les primes de risque de la livre sterling subiront également une hausse.

À plus long terme (plus de deux ans), les entreprises devront peut-être faire face à des prélèvements sur les importations et les exportations entre le Royaume-Uni et l’UE. Au cours de ces dernières années, ces prélèvements avaient systématiquement diminué dans de nombreux secteurs.

Le secteur financier ne sortira pas non plus indemne de cette aventure. Environ 40 % des services financiers britanniques sont destinés à l’UE. De nombreuses banques en dehors de l’UE sont établies au Royaume-Uni parce que ce pays représente une porte ouverte vers le marché intérieur qui leur offre la possibilité de proposer leurs services dans d’autres pays de l’UE. Le Brexit pourrait changer tout cela.

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Viva Latin America ?

Par Erik Joly, ABN AMRO Private Banking

Le 9 mars 2016

L’année dernière, bon nombre d’analystes partaient de l’hypothèse que l’Amérique latine allait connaître en 2016 une croissance aux alentours de 0.8%. Aujourd’hui, ce chiffre relativement modeste, nous semble encore trop optimiste. Nous tablons maintenant sur une croissance régionale, négative de -0.50%. Qu’est-ce qui fait, que ces économies régionales ne parviennent qu’à reprendre difficilement des couleurs ?

Dans pratiquement tous les pays de la région, à l’exception du Mexique, la confiance aussi bien des consommateurs que des producteurs, est en chute libre. Le Brésil se voit confronté à une instabilité politique et économique sans précédent. Le ralentissement économique et la flambée des taux ont fait exploser le déficit public et mettent en péril la crédibilité du pays. De plus, le scandale qui a frappé de plein fouet la compagnie pétrolière Petrobras continue à faire des vagues. Au Chili, le pays avec la dette la moins importante de la région (moins de 20 pourcent du PIB), l’arrivée au pouvoir de la présidente socialiste Michelle Bachelet n’a pas arrangé les choses. Des scandales de corruption liés à la famille présidentielle, mais surtout les réformes économiques annoncées par le gouvernement de centre gauche ont lourdement affecté la confiance des acteurs économiques. Tout cela fait que les investissements régressent (moins d’un demi pourcent en 2015). Selon nous, il n’y aura pas d’amélioration en vue avant les élections présidentielles prévues en 2017.

La Chine devient un partenaire commercial de plus en plus important pour l’Amérique Latine. La faiblesse des prix des matières premières, résultant d’une demande nettement moins importante en provenance de ce pays, n’explique qu’en partie le malaise généralisé de la région. C’est aussi la croissance moindre aux Etats Unis qui est un facteur déterminant. Ce pays compte pour plus de 80% des exportations mexicaines. Ce chiffre avoisine les 30% pour la Colombie. La chute du prix du pétrole affecte également les finances publics de ces deux pays. Les investissements dans le secteur pétrolier sont devenus quasiment inexistants. Pour le Mexique, la croissance attendue pour 2016 ne dépasse plus les 2%.

Tous les pays de la région sans exception ont assisté à une dépréciation de leurs devises respectives, créant ainsi des tensions inflationnistes et ce malgré une croissance molle. Certains pays, comme la Colombie et le Perou, ont été touchés par les effets pervers d’El Nino. Ce phénomène météorologique a eu un impact négatif sur les prix des denrées alimentaires. En matière d’inflation, il y a d’énormes différences entre les différents pays. Le Mexique, par exemple, bénéficie d’une inflation relativement modérée. A l’autre extrême du spectre se situent l’Argentine et le Venezuela. En Argentine, l’année dernière, les prix ont monté de plus de 30% et au Venezuela la hausse des prix était de plus de 100%. Au Chili et au Perou, les prix ont progressé dans le courant du mois de janvier de respectivement 4.8 et 4.6 % bien au-delà des objectifs, qui avaient été fixés par les banques centrales.

Afin de combattre une inflation, parfois galopante, les banques centrales ont décidé de relever leurs taux directeurs. Plus que les autres pays émergents, l’Amérique Latine est particulièrement sensible à l’évolution des taux aux Etats-Unis. Raison pour laquelle, même la banque centrale du Mexique (pays qui est le moins touché par l’inflation) a décidé de suivre le mouvement enclenché par la Federal Reserve. Elle a donc décidé, à son tour, d’augmenter son taux directeur de 25 points de base en décembre 2015. Puisque nous estimons que la Fed ne procédera plus à d’autres relèvements dans le courant de cette année, le Mexique devrait faire suivre cette tendance. Il n’en va pas de même pour d’autres pays comme le Brésil, le Pérou, la Colombie ou encore le Chili. Après les chutes sévères dont plusieurs pays ont été victimes, nous tablons sur une stabilisation, voire une légère appréciation de plusieurs devises régionales.

L’Amérique Latine a connu deux années difficiles. Il est fort probable que la croissance restera également négative en 2016. Nous nous attendons à un retour à la normale, c’est-à-dire à une croissance positive, à partir de 2017. Les différentes économies restent cependant fortement sensibles à l’évolution des prix des matières premières, ainsi qu’à l’évolution de la croissance mondiale. De plus, la situation des finances publiques ne permet actuellement pas de faire les investissements nécessaires dans l’infrastructure. Une épée de damoclès pour le long terme….

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L’impact des fonds souverains sur les marchés financiers : qu’en est-il vraiment?

Le 4 février 2016

Par Erik JOLY, Head Investment Office , ABN AMRO Private Banking

Certains économistes prétendent que la correction sévère des prix pétroliers, à laquelle nous assistons depuis plusieurs mois, a des effets négatifs sur l’économie. On pointe notamment du doigt, la politique d’investissement des fonds souverains (les Sovereign Wealth Funds ou SWF). La vente massive d’actifs à risque (actions et obligations) par ces entités, semblerait avoir aggravé la correction récente sur les places financières. Mais quel est l’impact réel de ces fonds ?

Les fonds souverains sont des fonds d’investissement publics détenus (de façon directe ou indirecte) par des états. Ceux-ci cherchent à faire fructifier leur épargne nationale, sans avoir à rendre compte à quiconque. En effet, ces fonds sont très opaques et publient relativement peu de données. Le premier fonds souverain a été créé en 1953 par le Koweït. Aujourd’hui ils sont plus d’une quarantaine ; notamment la Norvège, la Chine ou encore la Russie ont créé leur SWF depuis bien longtemps. Depuis plusieurs années, ces fonds ont pris le relais des private equity fund en matière d’investissements. Dans les années 80 et 90 ces fonds private equity avaient racheté massivement la dette de milliers de sociétés à travers le monde. Ainsi ils ont contribué à la sauvegarde du système financier. Lors de la crise des « subprimes » en 2007 par contre, ce sont les SWFs qui ont contribué à stabiliser l’industrie bancaire en crise. Dans un premier temps, leur intervention était plutôt discrète. Par la suite,ils sont devenus plus offensifs, voir agressifs. En agissant de la sorte les fonds souverains d’état ne sont pas toujours vu d’un très bon œil. Déjà en 2007, les Etats-Unis ont voté le National Security Act pour limiter leur activité dans les sociétés américaines.

De 400 milliards de dollars en 1990 à plus de 7 000 milliards de dollars aujourd’hui, le montant sous gestion de tous les fonds souverains combinés, dépasse aujourd’hui largement le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis. Selon des informations publiées par le Sovereign Wealth Fund Institute (SWIF), le montant total des actifs gérés par les SWFs s’élevait à 7 200 milliards de dollars à la fin de l’année 2015. Douze mois plus tôt, ce chiffre avoisinait encore les 7 300 milliards de dollars.

Après plusieurs années de croissance ininterrompue, ce déclin peut donc paraître quelque peu surprenant. La baisse des prix pétroliers a limité les rentrées dans ces fonds d’une part et a précipité la vente d’actifs à risque d’autre part. Selon le SWIF, environ 56% des actifs des SWFs proviennent de pays qui ont accumulé leur richesse grâce aux ressources naturelles (pétrole, gaz naturel,…). Les pays ayant créé leur SWF, mais qui ne bénéficient pas de la manne pétrolière, ont également vu diminuer leurs actifs sous gestion.

Afin de se forger une idée de l’impact que peuvent avoir eu les agissements des fonds souverains d’état sur les marchés financiers dans un passé récent, nous avons regardé le changement moyen mensuel dans les actifs des SWFs avant la correction des prix pétroliers (correction qui a débuté dans la deuxième moitié de 2014). Nous avons comparé cette situation à celle d’après la correction. Entre le début de 2010 et la première moitié de 2014, les actifs des SWFs ont connu en moyenne une croissance de 50 milliards de dollars par mois. Depuis lors, ils ont diminué en moyenne de 5 milliards de dollars par mois. Ces chiffres ne sont vraisemblablement qu’une partie de l’évolution et ne reflètent pas entièrement tous les flux rentrants et sortants, car également influencés par la baisse généralisée des placements boursiers.

Quand la Federal Reserve des Etats-Unis a commencé son « tapering », le rachat de papier obligataire est passé de 85 milliards de dollars par mois à zéro. L’impact du «  tapering » par les fonds souverains n’est donc pas du même ordre de grandeur. Ceci étant dit, l’impact est bel et bien présent et a certainement accentué la correction récente. Cependant, ce phénomène était déjà en marche depuis la fin de 2014. Il s’est tout simplement intensifié ces dernières semaines.

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Que nous réserve 2016 ?

Le 6 janvier 2016

Erik Joly, Head Investment Office , ABN AMRO Private Banking

En 2015 la croissance mondiale restait une fois de plus en-dessous des attentes des analystes. Surtout dans les pays émergents, la croissance n’était pas au rendez-vous. En Europe par contre, la croissance économique correspondait bien aux attentes. Aux Etats-Unis et au Japon, on assistait à des chiffres relativement encourageants. Le ralentissement de l’économie chinoise et la baisse ininterrompue des matières premières dans le courant de 2015, ont été déterminants pour l’évolution de l’économie mondiale. Qu’en est-il pour 2016 ?

Nous tablons sur une reprise modérée de l’économie mondiale. Nous sommes conscients qu’il peut y avoir des différences régionales assez prononcées. En effet, plusieurs risques peuvent faire barrage à la croissance. A cause des problèmes en Chine et de l’évolution des matières premières, bon nombre de pays émergents éprouvent de plus en plus de difficultés à mettre en ordre leurs finances publiques. Il est également difficile de prévoir comment les marchés financiers et les différentes économies réagiront au resserrement monétaire aux Etats-Unis. Et pour finir, n’oublions pas que les tensions géopolitiques sont loin d’être résolues.

Mais il y a des éléments positifs. En Europe ainsi qu’aux Etats-Unis, la reprise est bel et bien au rendez-vous, grâce notamment à une demande interne forte et à un taux de chômage qui est généralement en baisse. Ces deux régions font également de sérieux progrès en matière de renforcement du système financier. Les banques centrales continuent à jouer un rôle crucial dans la gestion et la maîtrise des risques macro-économiques (bien qu’opposées dans la direction de la politique monétaire poursuivie).

La Chine et l’Inde incarnent le “turnaround” dans les économies émergentes. Les marchés des matières premières sont en train de se stabiliser, bon nombre de devises de pays émergents se déprécient et les autorités locales prennent des mesures pour stimuler leurs économies. Tout cela devrait bénéficier aux exportations et faire en sorte que les marchés émergents n’aient plus d’impact négatif sur la croissance de l’économie mondiale.

Après avoir connu une période où les cours des actions anticipaient les bénéfices des sociétés, nous voilà arrivés à un rééquilibrage : les prestations des actions iront de paire avec la croissance bénéficiaire des sociétés. Les marchés actions ont une valorisation correcte; avec un rapport cours/bénéfice (attendu) de 15.5, on se trouve dans la bonne moyenne. Mais il est un fait que ce ratio a déjà bien progressé pendant ces cinq dernières années. Il démontre que le marché se trouve maintenant dans un phase (plus) mature. Des taux plus élevés aux Etats-Unis ne devraient avoir qu’un impact minime sur les cours de bourse, madame Yellen ayant “préparé” le marché avec soin à un resserrement progressif. L’économie US se trouve dans un stade plus avancé dans le cycle économique, ce qui laisse à nos yeux aux sociétés américaines peu de possibilités pour augmenter leur marges bénéficiaires de façon à exponentielle. L’Europe est nettement mieux positionnée ; les marges opérationnelles peuvent s’améliorer et la faiblesse de l’euro permettra aux sociétés d’améliorer leurs bénéfices.

En termes de valorisation, les actions européennes se traitent à 14,8 les bénéfices attendus, contre 16.5 fois pour les actions américaines. Les primes de risque (yieldspreads) que les obligations étatiques de la zone euro offraient par rapport aux Bunds allemands et au cash, ont largement disparu.

Les obligations « corporate » sont bien positionnées pour tirer profit de la reprise économique en Europe ainsi que d’un dollar fort.

La dernière intervention de Monsieur Draghi a démontré que la BCE à des difficultés pour atteindre ces objectifs en matière d’inflation (proche de, mais en dessous des 2%). Mais on ne peut jamais exclure un retour de l’inflation. Il suffirait que les prix du pétrole (qui sont anormalement bas pour l’instant) remontent, pour que l’inflation réapparaisse.