Les bons conseils

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Retour sur 10 années marquées du sceau de la BCE

Le 8 octobre 2018

Devrons-nous encore longtemps nous contenter de 0,11% sur notre épargne? Flash-back sur dix ans de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et ce que l’avenir nous réserve.

En résumé :

  • Dix ans après la crise financière, la BCE a profondément redessiné l’environnement de l’épargne et de l’investissement (mais aussi du crédit, que nous ne traiterons pas dans cet article) en Belgique.
  • Découvrez l’impact que les événements de la décennie écoulée peuvent avoir sur vos rendements futurs.

En 2008, la Banque centrale européenne (BCE) prend des mesures exceptionnelles, en réaction à la crise bancaire qui touche le cœur de l’Europe. La crise des « subprimes », ces prêts hypothécaires à haut risque imaginés aux États-Unis, se propage via des produits financiers toxiques qui polluent le bilan de la plupart des banques du Vieux Continent.

  1. La BCE éteint les incendies

Après les premières ondes de choc, qui provoquent notamment la faillite de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, le marché interbancaire est virtuellement à l’arrêt. Les banques n’osent plus se prêter mutuellement de l’argent. La BCE réagit et décide de fournir aux banques des liquidités à taux fixe et en quantité illimitée. Elle se substitue en quelque sorte au marché interbancaire.

  1. Plongeon à 1%, puis remontée à 1,5%

En mai 2009, le taux auquel les banques se prêtent de l’argent chute à 1% (il était encore de 3,75% à l’automne 2008). L’économie européenne entre pour la première fois en récession depuis l’entre-deux-guerres. Tous les paramètres indiquent une baisse prochaine des prix à la consommation, au lieu de l’habituelle hausse. Pendant deux ans, le taux directeur reste rivé à 1%.

C’est à ce moment que la BCE commet ce qui est probablement sa seule erreur. Alors qu’après avoir sauvé ses banques, la zone euro s’était progressivement engluée dans la crise des dettes souveraines, la gardienne de l’euro se focalise sur sa mission de maîtrise de l’inflation. Dès le printemps 2011, l’inflation dépasse les 2,5%. Cette surchauffe incite la BCE à augmenter à deux reprises son taux directeur, jusqu’à 1,50%. Une erreur.

  1. Un nouveau président et une salve de baisses

Dès son entrée en fonction (en novembre 2011), Mario Draghi décide de baisser à plusieurs reprises le taux directeur dans la zone euro. Comme l’inflation commence à reculer – faisant naître une menace de déflation (une baisse continue des prix) – la BCE réduit progressivement son taux directeur à 0%.

  1. Place aux taux négatifs

Bien qu’un taux directeur de 0% soit inédit dans la zone euro, la BCE va encore plus loin au début de l’été 2014. Pour forcer les banques à prêter de l’argent aux entreprises et aux particuliers, elle décide d’appliquer un taux négatif aux liquidités excédentaires que les institutions financières lui confient à la fin de chaque journée. Autrement dit, les banques perdent de l’argent lorsqu’elles parquent des liquidités auprès de la BCE. Ce ‘taux de dépôt’ est d’abord fixé à -0,10% en juin 2014, avant de descendre progressivement jusqu’à -0,40% au printemps 2016. Un niveau qui est toujours d’actualité aujourd’hui.

  1. Rachat d’obligations souveraines

C’est durant l’été 2012 que la crise de la dette atteint son apogée en Europe. Les taux d’intérêt des emprunts d’État ne cessent de grimper : plus de 10% sur les emprunts à 10 ans irlandais et portugais, et même 30% sur les emprunts grecs. La situation devient intenable et la zone euro tremble sur ses bases. Une fois de plus, la BCE vole au secours de la zone euro. Cette fois en recourant à une arme nouvelle: le rachat massif d’obligations souveraines dans toute la zone euro.

  1. « Whatever it takes… »

En juillet 2012, le Président de la BCE prononce à Londres un discours marquant. Il déclare que la BCE mettra tout en œuvre pour sauver la zone euro. « Whatever it takes », en anglais dans le texte. Les marchés financiers réagissent immédiatement à cette détermination: les investisseurs reviennent à l’achat sur la dette européenne et les taux d’intérêt se mettent à diminuer.

Dans un premier temps, la simple promesse d’achat suffit. En 2015, la BCE doit joindre le geste à la parole. Le fantôme de la déflation plane plus que jamais sur le vieux continent. L’institution de Francfort décide donc de mettre la pression sur les taux à court terme, mais aussi sur les taux à long terme, via le rachat d’emprunts d’État de maturités de deux ans au moins. Ça marche: les taux baissent sur tous les marchés. Il faut toutefois attendre l’automne 2016 pour voir l’inflation remonter enfin à plus de 0,5%, après avoir flirté pendant plus de deux ans avec un niveau proche de la déflation.

  1. Bulles spéculatives ?

Bien que la BCE ait fait du bon travail, sa politique fait l’objet de vives critiques. Cette politique serait en effet une source de bulles spéculatives, notamment sur le marché immobilier et celui des actions. La modicité des taux encourage les emprunts hypothécaires et pousse les investisseurs à opter pour les actions, potentiellement plus rémunératrices. La BCE se défend en faisant référence à des études qui démontrent qu’en l’absence d’achats d’actifs, la situation de l’inflation aurait été pire.

  1. Pendant ce temps, sur votre livret d’épargne…

Quelles que soient les convictions de chacun, il est incontestable que la politique de la BCE a eu un impact considérable sur tous les Belges au cours de cette décennie. Là où, avant 2008, l’on obtenait jusqu’à 3% (voire plus) d’intérêts sur les comptes d’épargne réglementés, le taux s’est réduit aujourd’hui à peau de chagrin, généralement à 0,11%. Idem pour les bons de caisse, les obligations, les comptes à terme : tous les placements à revenu fixe ont vu leurs rémunérations fondre. Pour trouver du rendement, il faut aujourd’hui accepter de prendre des risques et miser par exemple sur des actions. C’est la voie choisie par de nombreux investisseurs, ce qui a dopé les indices des marchés d’actions ces dernières années.

  1. Que nous réserve l’avenir?

À l’heure actuelle, l’inflation dans la zone euro est proche des 2%, l’objectif de la BCE. Reste à savoir si la hausse des prix sera durable. Quoi qu’il en soit, la Banque centrale européenne peut désormais se permettre de lâcher un peu de lest sur les mesures de soutien. Elle a donc réduit ses rachats d’actifs, avant sans doute de clôturer complètement ce programme avant la fin de l’année.

Une première hausse des taux directeurs n’est pas attendue avant l’été 2019. Or, il faut généralement plusieurs mois pour que la politique monétaire impacte la courbe des taux, c’est-à-dire aussi les taux à plus long terme. Autrement dit, la remontée des taux des comptes réglementés et autres placements populaires en Belgique n’est pas pour demain.

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Comment obtenir des revenus réguliers d’un capital ? Mode d’emploi

Le 14 septembre 2018

Vous venez de toucher un capital important, par exemple une assurance-vie, un capital pension, une succession ou le produit de la vente d’un bien immobilier ? Vous pouvez transformer ce capital en une rente régulière, afin de compléter vos revenus. Analyse.

Lorsqu’approche l’âge de la retraite, les priorités financières évoluent. D’une logique de constitution d’une réserve financièrependant la vie active, vous passez à un autre besoin : celui de générer des revenus complémentaires réguliers, qui vous aideront à maintenir votre niveau de vie. La raison est simple : après l’âge de la retraite, les revenus ont tendance à chuter drastiquement (lire l’encadré).

Certes, la constitution d’une épargne-pension complémentaire du 2epilier (via votre employeur) ou 3epilier (à titre privé) vous permettra de toucher une jolie somme au moment de prendre votre pension. Mais que faire après avoir empoché votre assurance-groupe ou le capital constitué dans le cadre d’une assurance-vie, si vous souhaitez en tirer un complément de revenus régulier ? Le raisonnement vaut également après une succession. Est-il possible de transformer ce capital en rente ? Analysons différents cas de figure.

L’épargne : zéro risque, mais…

Première piste à envisager : le compte d’épargne réglementé. En Belgique, les avantages du « livret » sont nombreux. Primo, les comptes d’épargne réglementés sont couverts par la garantie d’Etat à hauteur de 100.000 euros par déposant et par institution financière. A l’heure actuelle, l’épargne reste le placement le plus sûr. Secundo, la première tranche d’intérêts de 960 euros (année de revenus 2018), par an et par contribuable, est exonérée du précompte mobilier de 30%. C’est donc une solution fiscalement avantageuse. Tertio, le compte d’épargne reste un produit extrêmement liquide : en cas de besoin, votre argent est immédiatement disponible.

Le compte d’épargne réglementé demeure sans aucun doute la solution la moins risquée pour sécuriser un capital. Revers de la médaille : le contexte actuel de taux historiquement bas ne permet pas d’envisager des rendements suffisamment élevéspour générer des revenus réguliers décents. Pour obtenir des revenus complémentaires, il va donc falloir accepter de s’exposer à une certaine part de risque.

Les produits structurés : une stratégie à la carte

S’ils correspondent à votre profil d’investisseur et à votre tolérance au risque, certains produits structuréspeuvent vous aider à atteindre votre objectif de revenus récurrents. Il s’agit en général de titres de dette structurés, dont le rendement dépend d’un scénario présenté à l’avance. Il peut par exemple être lié à l’évolution d’un indice boursier, d’un fonds ou d’un panier de fonds, d’un taux d’intérêt ou même de l’inflation.

Bien souvent, ce rendement est distribué sous la forme d’un coupon brut (comme pour les obligations classiques) annuel ou unique à l’échéance du produit. N’oubliez pas que ces coupons sont soumis à la retenue du précompte mobilier de 30%.

Dans la grande majorité des cas, les produits structurés présentent une maturité fixée à l’avance (par exemple 5 ou 10 ans). Pour se protéger contre le risque de perte sur le capital investi, les investisseurs privilégieront les produits structurés avec droit au remboursement à 100% à l’échéance. Attention : cette protection n’est pas une garantie absolue, car vous n’êtes jamais à l’abri d’un défaut de l’émetteur. Vous devrez également tenir compte des éventuels frais d’entrée.

Les produits structurés présentent plusieurs avantages. D’une part, leur rendement potentiel est plus élevé que celui des produits bancaires classiques. De l’autre, en fonction de votre stratégie et des scénarios de rendements que vous avez choisis, vous pouvez prédire avec plus ou moins de précision les revenus récurrents que vous obtiendrez. Par ailleurs, l’offre est suffisamment variée pour répartir votre investissement sur plusieurs produits aux stratégies différentes, plusieurs durées et plusieurs émetteurs, et ce afin de diversifier vos risques.

En effet, les produits structurés ne sont pas sans risque. Vous devez toujours tenir compte du risque de perte sur le capital en cas de défaut de l’émetteur. De même, les produits libellés en devises comportent un risque supplémentaire lié à l’évolution des taux de change.

Ne perdez pas de vue le risque de liquidité : si vous souhaitez récupérer une partie de votre capital avant l’échéance, vous serez tributaire des cours sur le marché secondaire et courrez un risque de rendement si le coupon est lié à la performance de la valeur de référence (indice, fonds, courbe des taux, etc.). Enfin, le risque de réinvestissement n’est pas à négliger : à l’échéance de votre produit, vos opportunités de réinvestissement dépendront du contexte général des taux sur les marchés.

Marchés boursiers: la flexibilité a un prix

Si les produits structurés présentent un certain confort, ils pourraient également refroidir les ardeurs des investisseurs qui cherchent avant tout la flexibilité. Devrez-vous dès lors vous tourner vers les marchés d’actions ? Pourquoi pas… si vous faites partie des investisseurs qui disposent de l’expérience, des connaissances et de l’horizon d’investissement nécessaires pour affronter la volatilité des marchés. Vous pourriez ainsi privilégier les actions qui distribuent habituellement un dividende régulier (dépendant de leurs résultats). Néanmoins, les actions individuelles demeurent un terrain extrêmement risqué pour les investisseurs particuliers.

Une solution intermédiaire consiste à vous orienter vers des fonds mixtes flexibles. Ceux-ci investissent à la fois en actions, obligations et autres classes d’actifs. Leur politique d’investissement est suffisamment souple pour revoir leur exposition aux marchés en fonction des risques anticipés par le gestionnaire. Double objectif : profiter du potentiel haussier des bourses tout en se protégeant des risques baissiers. Parmi ces fonds mixtes flexibles, certains privilégient une stratégie de distribution des revenus. Leur terrain de prédilection va des actions générant un dividende de manière durable aux obligations publiques ou d’émetteurs de qualité en passant par les obligations à haut rendement plus risquées, voire les devises.

Bien entendu, avant de souscrire à l’un de ces fonds, vous prendrez soin de vérifier leur compatibilité avec vos objectifs et votre profil de risque. Même s’ils sont diversifiés et gérés par des professionnels, les fonds demeurent des produits risqués qui n’offrent aucune garantie sur le capital investi.

Avant de vous lancer sur les marchés, posez-vous quand même cette question essentielle : acceptez-vous d’exposer au risque une partie, voire l’entièreté, d’un capital durement constitué pendant de longues années dans l’espoir d’en tirer un revenu régulier ?

Un produit de rente à vie

Une autre solution consiste à souscrire à un produit qui vous garantit une rente minimale à vie, calculée en fonction de votre âge lors de la souscription, le montant de la prime et la périodicité de la rente. Ce type de produit, qui se présente sous la forme d’une assurance-vie (branche 21 ou branche 23), vous permet dès lors de générer un revenu régulier – par exemple mensuel – en complément de votre pension légale et d’éventuels autres ressources complémentaires (revenus immobiliers, etc.). Pendant toute la durée du produit – c’est-à-dire jusqu’à votre décès –, le capital de départ est investi dans une structure sous-jacente, par exemple un fonds.

L’avantage de ce genre de solution saute immédiatement aux yeux : vous connaissez dès la souscription le montant minimum de la rente qui vous sera versée à vie. Que vous viviez encore 10, 20 ou 40 ans n’y changera rien. Dans certains cas, cette rente peut même être revue à la hausse, notamment en cas de bonnes performances boursières de l’actif sous-jacent. La rente périodique bénéficie souvent d’un régime fiscal favorable, et dans certains cas elle n’est soumise à aucune taxation.

Après le décès de l’assuré, il est mis fin au paiement de la rente. L’avenir du capital restant va dépendre des conditions du produit. Si vous avez opté pour un produit viager classique, le capital est abandonné à la compagnie d’assurance. Par contre,pour certainstypesd’assurances-vie,le capital restant éventuel sera versé aux bénéficiaires en cas de décès. Le capital investi qui n’a pas encore été consommé est transféré aux bénéficiaires que vous avez désignés ou dévolus à votre succession. Ce dernier type de produit répond à la crainte de voir une partie de votre patrimoine échapper à vos héritiers en cas de décès précoce. Une certitude : vous bénéficiez d’une rente minimale jusqu’à la fin de vos jours.

Un revenu complémentaire : oui, mais pourquoi ?

En Belgique, la pension de retraite au taux d’isolé après une carrière complète est de 1.220,86 euros (source : SPF Pensions, année 2017). Néanmoins, compte tenu du faible taux d’activité après 60 ans, la pension moyenne réellement perçue n’atteint que 1.065 euros pour un salarié. Pour un indépendant, ce montant moyen chute même à 740 euros ! Or, c’est à la même période que vous risquez d’être confronté à l’explosion de certaines dépenses. Personne ne vous le souhaite, mais vos frais de santé risquent d’augmenter. Les moins alarmistes pointeront également la probable augmentation des dépenses liées aux loisirs. Vous n’avez pas travaillé toute votre vie pour rester cloîtré chez vous après la retraite !

Alternative pour les « mangeurs de coupons »

De même, nombreux sont les investisseurs qui, durant les décennies qui ont précédé la crise de 2008, privilégiaient la distribution des coupons d’obligations (ou de bons de caisse) pour se constituer des revenus réguliers. Or, avec des taux obligataires en chute libre depuis 10 ans, cette option est devenue plus hasardeuse – toutefois si l’on veut opter pour des émetteurs solides de premier rang et des émissions en euros.

 

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Trois risques potentiels pour les bourses dans les prochains mois

Le 14 août

Après des mois de hausses consécutives, qui ont vu les bourses atteindre en janvier 2018 de nouveaux sommets historiques, la volatilité s’est rappelée au bon souvenir des investisseurs.

En résumé

  • Les premiers droits de douane promis par Washington sont entrés en vigueur.
  • La croissance mondiale garde le cap, tirée par les Etats-Unis et la Chine.
  • Les élections de mi-mandat seront cruciales pour Donald Trump.

Naviguant entre tensions politiques et guerre commerciale, les marchés d’actions ont jusqu’à présent trouvé du soutien dans les fondamentaux économiques. Certains risques restent cependant bien présents, et pourraient faire tanguer les marchés dans les prochains mois. En voici trois.
1. Guerre commerciale

Il ne se passe pas un jour sur la planète boursière sans que Donald Trump ne soit cité, et associé au terme « protectionnisme ». A ce propos, le 6 juillet dernier, les premiers droits de douane promis par Washington sont entrés en vigueur, à l’encontre de 34 milliards de dollars US de biens chinois importés. Ces derniers ont immédiatement répliqué en taxant l’équivalent de leur côté. Les bourses ont peu réagi car ces annonces étaient déjà reflétées dans les cours.

En revanche, les menaces du président américain de vouloir taxer les voitures européennes et d’augmenter sa cible taxable de biens importés chinois à 500 milliards de dollars US (soit pratiquement tous les biens en provenance de Chine), a rendu les investisseurs plus nerveux. S’il est certain que Pékin ne se laissera pas intimider, ces tensions ne devraient pas déboucher sur une « guerre commerciale » de grande ampleur. Néanmoins, des rebondissements, menaces, compromis, contre-menaces, ne sont pas à exclure et pourraient provoquer des remous au niveau des bourses.

  1. Ralentissement économique mondial

La croissance mondiale est toujours bien orientée et devrait atteindre 3,9% cette année, tirée par ses deux grandes locomotives que sont les Etats-Unis et la Chine.

Cependant, après près de 10 ans d’expansion, l’économie américaine arrive tout doucement en fin de cycle. La réforme fiscale de Donald Trump a donné un coup de boost aux sociétés américaines, mais ce dernier devrait tôt ou tard s’estomper. Cependant il ne devrait pas y avoir de récession aux Etats-Unis dans les deux prochaines années.

En Chine, l’économie continue son atterrissage en douceur, les dernières statistiques pour le 2ème trimestre montrant un léger ralentissement de la production industrielle et de la croissance (à 6,7%).

Du côté de la zone euro, les prévisions de croissance ont récemment été abaissées (à 2,1% pour 2018), la Commission européenne craignant les tensions politiques sur le Vieux continent et les velléités protectionnistes des Etats-Unis.

L’un dans l’autre, la croissance mondiale évolue toujours dans un environnement favorable, propice pour les marchés d’actions. Cependant, les investisseurs guetteront de plus en plus des signes de ralentissement économique, qui pourrait arriver plus vite que prévu si les tensions commerciales gagnaient en intensité.

  1. Risques (géo) politiques

La politique migratoire en Europe tourne au casse-tête. En attendant de trouver une solution commune, les tons se durcissent, les frontières se ferment et l’extrême droite gagne du terrain. Le premier grand dirigeant à avoir vacillé est Angela Merkel. Pressée par son allié au gouvernement (l’Union chrétienne-sociale, CSU), la chancelière n’a eu d’autres choix que de plier, et d’accepter un renforcement de sa politique migratoire. A terme, outre l’aspect humain, cette crise pourrait avoir des répercussions néfastes sur l’économie du Vieux continent.

Les élections de mi-mandat (novembre 2018) aux Etats-Unis seront cruciales pour Donald Trump. Le résultat de ces dernières devrait, ou non, confirmer la mainmise des républicains au Congrès. Un changement de majorité pourrait signifier un coup d’arrêt dans les réformes voulues par l’homme fort de Washington, et potentiellement avoir un impact négatif pour les bourses américaines.

Enfin, la Commission européenne a mis en garde l’Italie contre tout dérapage budgétaire, alors que le pays a l’endettement public le plus élevé en Europe, après celui de la Grèce. Elle voit également d’un mauvais œil l’intention de la nouvelle coalition italienne de reporter des réformes importantes. Des tensions sur la dette italienne et peut-être sur l’euro pourraient être à prévoir dans les prochains mois.

 

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Au Mondial des économies, qui sont les favoris ?

Le 3 juillet 2018

La Coupe du monde de foot en Russie, du 14 juin au 15 juillet, est l’occasion de se pencher sur les pays représentés dans cette compétition sous l’angle économique. Les rapports de force y sont parfois bien différents de ceux que l’on observe sur les terrains de football…

En bref :

  • Dans les mois et les années qui viennent, la compétition s’annonce féroce entre les différentes économies nationales de la planète.
  • La montée du protectionnisme, la fin prévisible du cycle économique et la réduction progressive des politiques monétaires généreuses constituent autant de défis pour les pays dont les équipes de football vont s’affronter à la Coupe du monde.
  • Voici de quoi dresser quelques pronostics sur le terrain économique pour les pays engagés – ou pas – dans la compétition footballistique.

Deux grands arbitres… absents du Mondial !

Sous l’angle économique, les grands absents de la Coupe du monde sont les États-Unis et la Chine, qui pèsent ensemble 40% de l’économie de la planète. Ces deux poids lourds joueront un rôle d’arbitre essentiel pour la croissance dans les prochains mois.

L’économie américaine est censée continuer sur sa lancée et même accélérer son expansion. Le taux de chômage devrait continuer à reculer. Mais le défi des États-Unis, c’est son double déficit : la balance commerciale et les finances publiques sont plus que jamais dans le rouge. La politique fiscale généreuse du président Trump ne devrait pas arranger le déficit budgétaire. Quant au déséquilibre commercial, rien ne dit que les mesures protectionnistes du locataire de la Maison Blanche donneront l’effet escompté, à savoir un rapatriement d’activités économiques au pays.

La Chine devrait quant à elle poursuivre sa transition vers une économie davantage axée sur la consommation, ce qui s’accompagnerait, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), d’une légère décélération de la croissance. Mais en partant d’un taux de 6,9% l’an dernier, celle-ci restera de toute manière à des niveaux particulièrement élevés au regard d’autres grandes puissances mondiales. Il reste aussi à voir comment le géant asiatique évoluera dans le contexte de guerre commerciale déclenchée par les USA.

Les deux arbitres de l’économie mondiale devraient donc rester en bonne forme dans les mois qui viennent. Par contre, on ignore quel sera leur état de santé lors de la prochaine Coupe du monde, en 2022, au Qatar. Car on dit la première économie mondiale en fin de cycle…

Le Japon et son équipe vieillissante

Troisième économie mondiale derrière les USA et la Chine, le Japon est quant à lui bien présent à l’édition 2018 de la Coupe du monde. Mais le pays du soleil levant ne nourrit pas de grandes ambitions économiques. Sa croissance devrait ralentir à 1,2% cette année, après avoir atteint 1,7% l’an dernier. L’expansion économique japonaise est bridée par la démographie du pays. Comme le constate le FMI, « les perspectives à moyen terme restent médiocres, principalement en raison de la diminution de la population active ».

Confronté au vieillissement, le Japon présente toujours une inflation faiblarde, ce qui devrait conduire la Banque du Japon, la banque centrale du pays, à maintenir pour longtemps sa politique d’achats d’obligations gouvernementales pour garder les taux longs sous contrôle. Compte tenu de ces faiblesses récurrentes, le pays a pris l’habitude de tout miser sur l’attaque, entendez par là que ses entreprises exportatrices sont son principal atout. Bien évidemment, cela le rend tributaire de la conjoncture mondiale. Or, à cet égard, le contexte de guerre commerciale entretenu par le traditionnel allié américain n’incite pas à l’optimisme…

Les pays européens, pas sur la même ligne

Au-delà des trois premières puissances économiques de la planète, les plus grosses équipes de la compétition économique se trouvent en Europe. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont tous trois représentés à la Coupe du monde en Russie, à tout le moins via l’équipe d’Angleterre pour ce qui concerne les Britanniques. Mais leurs états de forme respectifs sont loin d’être sur la même ligne.

Les champions allemands, couronnés sur le terrain de football en 2014 mais éliminés d’entrée de jeu cette année, pavoisent sur le plan économique. Leur croissance a atteint 2,5% du PIB l’an dernier et devrait selon le FMI se maintenir à ce niveau cette année. Le pays affiche aussi un excédent budgétaire record de 38 milliards d’euros, soit 1,2% du PIB. Son taux de chômage est au plancher, à 3,4% de la population active. Mais, comme dans toutes les grandes équipes, c’est quand tout va bien que des difficultés peuvent survenir.

En tant que coach d’une nation pourtant pleine d’atouts, la chancelière Angela Merkel a des problèmes de riche. Attaquée par l’extrême droite sur sa politique en matière d’immigration et malmenée par les eurosceptiques, la dirigeante allemande a dû constituer un large noyau englobant les socialistes pour diriger son pays. Un collectif aussi fourni est plus compliqué à gérer. Par ailleurs, à l’échelon européen et mondial, la première économie de la zone euro est régulièrement critiquée pour l’excédent de sa balance commerciale qu’on la presse de réduire.

Ainsi, dans ses perspectives du printemps, le FMI souligne : « L’Allemagne dispose d’une marge de manœuvre budgétaire qu’elle devrait utiliser pour accroître l’investissement public dans des domaines qui accéléreront la croissance potentielle (…). Une hausse de l’investissement public en Allemagne aurait pour conséquence importante une augmentation des importations du reste de la zone euro, ce qui faciliterait le rééquilibrage de la demande au sein de la zone. » Les points forts de l’équipe allemande pourraient donc se muer en faiblesses.

France : un avenir doré si les réformes continuent

De son côté, la France, qui a réussi le doublé Coupe du monde et Euro en 1998 et 2000, apparaît en plein chantier aujourd’hui. Sous l’impulsion du président Emmanuel Macron, de nécessaires réformes si longtemps reportées sont désormais sur les rails. Au point que, dans sa récente revue annuelle de l’économie française, le FMI pointe la France comme le « chef de file des réformes en Europe » et encourage le pays à poursuivre dans cette voie, ce qui lui permettrait de réduire son déficit public.

Rappelons que le pays était encore récemment le dernier de la zone euro à risquer la carte jaune, à savoir une procédure pour déficit budgétaire excessif. Le déficit commercial – la France est importatrice nette – est aussi en voie de réduction. Pour cette Coupe du monde, il est encore un peu tôt mais l’économie française semble promise à un avenir doré si elle poursuit ses efforts.

Il en va tout autrement du Royaume-Uni, représenté à la Coupe du monde par l’Angleterre. Englué dans les conséquences du Brexit (croissance qui s’essouffle, entreprises qui quittent le terrain national, devise sous pression, etc.), le pays est confronté à un sous-investissement des entreprises, à cause des incertitudes sur les accords commerciaux qui s’appliqueront après la sortie effective du pays de l’Union européenne.

L’Espagne dans l’incertitude, la Belgique marque le pas

Derrière les trois plus grandes économies européennes, les autres formations semblent marquer le pas.

L’Espagne, toujours candidate au titre en foot, devrait voir sa croissance économique ralentir. L’Italie, qui ne s’est même pas qualifiée pour le Mondial cette fois, ne fait guère mieux. Le principal défaut de ces deux États est connu : le taux de chômage y reste trop élevé (15,9% en Espagne et 11,2% en Italie). En particulier, trop de jeunes restent sur la touche. Le taux de chômage des jeunes culmine à 33,1% en Italie et 34,4% en Espagne. Ces variables ont fait le lit des partis populistes qui plongent en particulier l’Italie dans une grande incertitude politique. On se demande comment elles auront évolué d’ici la prochaine Coupe du monde…

Par ailleurs, on voit mal de plus petites économies jouer des rôles de premier plan durant cette Coupe du monde et après. Ainsi, la Belgique, comme bien d’autres pays, verra sa croissance marquer le pas, si ce n’est cette année, en tout cas en 2019. Petite économie ouverte, la Belgique risque de pâtir de la montée du protectionnisme qui menace de ralentir le commerce mondial. Elle pourrait aussi souffrir de la progression des coûts énergétiques dans le sillage du rebond des prix pétroliers. D’autant plus que l’inflation belge reste toujours élevée au regard de la moyenne de la zone euro.

L’énergie, un paramètre à maîtriser

Le pétrole est justement au centre de l’attention à l’approche de la Coupe du monde qui a débuté par un intéressant Russie – Arabie saoudite le 14 juin, à peine une semaine avant une réunion très attendue de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Avec environ 11 à 11,5 millions de barils de brut produits par jour, la Russie et l’Arabie saoudite sont en compétition avec les États-Unis pour le titre de premier producteur d’or noir de la planète.

Le pétrole est un enjeu capital pour les mois et les années à venir car, davantage que les politiques monétaires des banques centrales, c’est le prix du baril qui a fait la pluie et le beau temps sur le terrain de l’inflation. On connaît aussi l’importance des coûts des importations d’énergie pour les pays émergents. Après avoir vu les cours pétroliers monter un peu trop rapidement à leur goût, l’Arabie saoudite et la Russie pourraient s’accorder pour augmenter leur production. Les deux pays ont exprimé leur préoccupation qu’un prix du baril trop élevé finisse par affecter la demande de brut.

Il est aussi question de contrebalancer la baisse de la production de l’Iran, auquel les États-Unis donnent une carte rouge, entendez par là de nouvelles sanctions. La diminution des exportations iraniennes est estimée à environ un million de barils par jour, alors que le pays en produit tant bien que mal 4 millions par jour. Voilà qui ne fera pas les affaires de cette économie qui se nourrit de son excédent commercial. L’Iran reste par ailleurs confronté à un taux de chômage particulièrement élevé.

Les pays africains jouent dans une autre division

Avec moins de 2 millions de barils produits par jour, le Nigeria ne joue pas dans la même division, ce qui n’empêche par son équipe de football nationale d’être représentée au Mondial, tout comme le Sénégal. Mais au Nigeria, malgré les dollars issus des exportations pétrolières, la pauvreté touche quasiment trois personnes sur quatre. Cette économie ne peut pas nourrir de grandes ambitions tant qu’elle restera gangrenée par la corruption.

C’est d’ailleurs un constat qui vaut pour beaucoup des nations africaines engagées dans cette édition de la Coupe du monde. On note qu’avec le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, l’Afrique du Nord est bien représentée dans la compétition. Mais après les « printemps arabes », ces pays restent confrontés à des défis économiques colossaux. En particulier, leurs taux de chômage sont particulièrement élevés. Le FMI note par ailleurs que la hausse des prix pétroliers a conduit à une dégradation des perspectives de ces pays qui sont tous importateurs de pétrole.

Le bon moment pour le Brésil ?

Les perspectives semblent meilleures pour certains pays d’Amérique latine engagés dans la compétition footballistique. « En Amérique latine, la reprise se poursuit de manière progressive », constate le FMI. « La croissance devrait passer à 2,0 % en 2018 et à 2,8 % en 2019. » Un calendrier plutôt engageant. Habiles balle au pied, les Sud-Américains pourraient donc aussi tirer leur épingle du jeu sur le terrain économique. Mais attention toutefois à leurs faiblesses récurrentes : des déficits publics problématiques, un taux de chômage élevé dans plusieurs pays, comme au Brésil, en Colombie et en Argentine, et, pour ce dernier pays en particulier, une inflation à contenir de toute urgence…

La montée du dollar peut en outre constituer un handicap de taille pour des économies qui ont l’habitude de s’endetter dans la devise des États-Unis. On songe en particulier à l’Argentine et au Mexique.

Cela dit, le Brésil connaît quant à lui une embellie qui coïncide bien avec la Coupe du monde. Après sa longue récession des années 2015 et 2016, l’économie brésilienne a retrouvé la voie de la croissance (+1% l’an dernier). Cette dernière devrait augmenter à 2,3% en 2018 puis à 2,5% l’an prochain, grâce à la hausse de la consommation privée et de l’investissement. Le Brésil semble ainsi avoir une fenêtre d’opportunité même si l’incertitude politique pourrait jouer les trouble-fêtes dans les mois qui viennent.

Et les outsiders ?

Loin des favoris de la compétition qui se joue en Russie, certains pays émergents d’Europe ont des atouts à faire valoir. Abstraction faite de leur chômage endémique, la Croatie et la Serbie bénéficient de perspectives économiques plus que convenables. Mais surtout, la Pologne se profile comme un concurrent des plus sérieux. Portée par une consommation intérieure vigoureuse, l’économie polonaise bénéficie d’une politique très favorable aux entreprises, ce qui devrait lui garantir un taux de croissance supérieur à 3% pendant au moins deux années.

Durant cette Coupe du monde et après, on gardera aussi un œil sur des économies dépendantes de l’arbitre chinois, telles que la Corée du Sud ou encore l’Australie, dont les matières premières ont pour principal débouché la Chine. Avec des taux de croissance de l’ordre de 3% dans les années qui viennent, ces deux pays pourraient compter.

La glorieuse incertitude du… dollar

Enfin, que serait une compétition sportive sans ses traditionnels aléas ? Il en va de même sur le terrain économique, où il faudra tenir compte du paramètre dollar, qui sera un peu la météo de la Coupe du monde des économies.

Le corps arbitral aura son mot à dire sur la praticabilité du terrain financier en cas de gros temps sur le marché des devises : la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale des États-Unis, devrait continuer à relever ses taux directeurs dans les trimestres à venir, ce qui devrait logiquement soutenir le billet vert. Toute la question est de savoir à quel rythme la monnaie américaine progressera et quelle sera son influence sur les prix des matières premières, par exemple. Il y a là une belle incertitude économique, au moins équivalente à la glorieuse incertitude du sport…

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8 bonnes raisons d’investir en Asie

Le 11 juin 2018

L’Asie (hors Japon) en tant que région économique est passée à l’âge adulte et offre des opportunités aux investisseurs. Comment miser sur cette dynamique ?

En résumé:

  • L’Asie (qui s’entend hors Japon dans cet article) affiche une croissance économique solide, une augmentation sensible du pouvoir d’achat et une transition de l’industrie lourde vers l’innovation et la technologie.
  • Elle offre, en tant que région, des opportunités aux investisseurs qui sont disposés à accepter un risque plus élevé.

Investir en Asie: toujours d’actualité?

En 2017, les indices asiatiques des actions (hors Japon) ont bondi de 38% en moyenne. L’Asie a ainsi été la région la plus performante au monde. Mais si l’on observe l’évolution depuis le début de l’année 2008, on constate que la performance du panier des indices d’actions asiatiques (MSCI Asie hors Japon) est toujours en recul de 10% par rapport à l’indice mondial global (MSCI World).

L’Asie est-elle capable de rattraper ce retard?

Huit éléments indiquent cependant que le mouvement de rattrapage se poursuivra. L’Asie pourrait même dépasser l’indice mondial.

  1. La croissance économique est très solide

En 2017, cette croissance a atteint 6,1% pour l’ensemble de la région (hors Japon). L’acteur le plus important, la Chine, a affiché une croissance de 6,9%, tandis que l’Inde et la Corée du Sud progressaient respectivement de 6,8% et 3,1%. Pour l’ensemble de la région (hors Japon), les analystes tablent sur une croissance de 6% en 2018.

  1. Le potentiel est présent

Des pays comme la Chine et l’Inde (en phase de reprise) ne sont pas encore aussi avancés dans le cycle économique que l’Europe (en phase d’expansion) ou les États-Unis (fin de cycle). Le potentiel est donc réel.

  1. Le ratio cours/bénéfices est favorable

Les ratios cours/bénéfices (c/b) des actions asiatiques (c/b MSCI Asie hors Japon = 12,2) sont en moyenne nettement inférieurs à ceux des actions américaines (c/b S&P500 = 17,5) et européennes (c/b Eurostoxx600 = 14,4). Pour rappel, le rapport cours/bénéfice (ou Price Earning Ratio en anglais) est un indicateur financier qui permet d’évaluer si une action est plutôt chère ou plutôt bon marché.

  1. Une croissance probable des bénéfices des entreprises

Les économistes prévoient pour 2018 une progression de 15% des bénéfices des entreprises en Asie (hors Japon), contre 8% pour l’Europe et 12% pour les États-Unis.

  1. Les prévisions bénéficiaires revues à la hausse

En 2017, de nombreux analystes ont revu à la hausse leurs prévisions bénéficiaires pour les entreprises asiatiques. Le passé nous apprend qu’une telle révision à la hausse est souvent un indicateur fiable des performances boursières ultérieures de ces entreprises.

  1. L’Asie surfe sur la croissance mondiale

L’Asie étant fortement orientée vers l’exportation, cette région profite de la croissance économique mondiale et du regain de confiance des consommateurs.

  1. Une économie en transition

Les économies asiatiques sont aussi dans une phase de transition : si les exportations restent dynamiques, la consommation intérieure progresse également. On observe en outre une réorientation sectorielle des matières premières vers la technologie. Alors qu’il y a 10 ans, les entreprises du secteur des matières premières représentaient encore 20% du panier des actions asiatiques (hors Japon), elles ne représentent plus aujourd’hui que la moitié de ce chiffre. Dans le même temps, le poids des technologiques est passé de 17% à 39%.

  1. Pas seulement la Chine

Dans le sillage de la Chine, d’autres pays font preuve d’une belle santé. L’Inde, avec sa population de 1,3 milliard de personnes, abandonne peu à peu son statut d’économie agricole. Citons aussi les pays de l’Asean (Association of Southeast Asian Nations). Il s’agit de l’association de 10 pays d’Asie du Sud-Est dont les 5 plus importants (Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines et Singapour) ont affiché l’an dernier une croissance de 5,2%.

De quels risques dois-je tenir compte, en tant qu’investisseur?

  • Les marchés financiers sont sensiblement plus volatils qu’en Europe et aux États-Unis. Le potentiel de hausse peut être plus important, mais aussi le potentiel de baisse.
  • Le protectionnisme grandissant peut être préjudiciable à des économies fortement tournées vers l’exportation, comme la Corée du Sud.
  • La hausse des taux aux États-Unis accroît le risque de voir les investisseurs retirer leurs capitaux d’Asie pour les réinvestir aux États-Unis, selon un scénario déjà observé dans le passé.
  • Soulignons enfin les tensions géopolitiques, toujours présentes dans cette partie du monde.

Comment profiter de ce potentiel de croissance?

En tant qu’investisseur particulier, ce marché n’est pas évident, en raison de son envergure et de sa complexité. Dès lors, un fonds géré activement offre une plus-value aux investisseurs disposés à accepter un certain risque.

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Est-ce le moment de passer aux obligations ?

Par Deutsche Bank Belgium

Le 7 mai 2018

Le changement semble amorcé : partout dans le monde, les taux d’intérêt ont entamé leur remontée, lentement mais sûrement. Quel est l’impact pour les investisseurs ?

En résumé :

  • Malgré la lente remontée des taux d’intérêt, il est encore trop tôt pour ‘switcher’ vers les obligations. Les actions gardent la cote, pour autant qu’elles cadrent avec votre profil d’investisseur.
  • Si vous souhaitez malgré tout investir dans des obligations, optez pour les pays émergents, qui offrent le meilleur rapport rendement/risque.
  1. Les taux d’intérêt remontent. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

C’est plutôt une bonne nouvelle. Les taux d’intérêt augmentent en effet pour une bonne raison : la croissance économique, qui reprend finalement son rythme. Dans les pays émergents comme dans les pays développés, l’économie connaît une croissance plus rapide qu’auparavant.

Outre la croissance économique, l’augmentation progressive des taux d’intérêt est également favorisée par le changement de politique des banques centrales. Ces dernières années, la Federal Reserve (Fed) aux États-Unis et la Banque centrale européenne (BCE) ont soutenu en bloc les cours obligataires, poussant ainsi les rendements vers le bas. La Fed a commencé à relever son taux directeur et elle réduit lentement son bilan en obligations. La BCE amorce, elle aussi, un changement de politique monétaire. Jusqu’à la fin 2017, elle achetait massivement des obligations, pour un montant de 60 milliards d’euros par mois. Aujourd’hui, ce chiffre a été réduit de moitié. Comme les obligations sont moins soutenues par les banques centrales, le cours des valeurs existantes va baisser et les rendements des nouvelles émissions vont augmenter.

  1. Dans ce climat, est-ce une bonne idée d’opter pour les obligations ?

Dans un contexte de forte croissance économique, les actions offrent un meilleur rendement que les obligations. Les actions sont donc à privilégier si elles correspondent à votre profil d’investisseur.

Si vous souhaitez quand même acheter des obligations, les emprunts des pays émergents offrent le meilleur rapport rendement-risque, même si vous devez accepter un risque de change.

3.     Quand faut-il acheter ?

Il est difficile d’indiquer un moment précis. Le taux directeur devrait rester très faible pendant plusieurs années encore. Ainsi, on n’attend une première hausse du taux directeur européen qu’à l’été 2019. Il n’y a donc aucune urgence.

Une augmentation de la prime de risque sur les obligations serait un bon signal d’achat. Il s’agit de la prime que l’émetteur paie en sus du taux pour un emprunt risqué, pour compenser le risque de crédit que l’investisseur prend sur cet émetteur. Aujourd’hui, nous avons atteint un niveau extrêmement bas et le risque de crédit n’est pas suffisamment rémunéré. À terme, la prime de risque se normalisera et d’autres obligations que celles des pays émergents offriront, elles aussi, une compensation correcte pour le risque de crédit.

4.     Dans l’attente du bon moment, quelles sont les alternatives dans le segment des obligations ?

Les obligations à taux variable, dont le coupon augmente à mesure que le taux d’intérêt monte. Mais elles sont très rares. On trouve occasionnellement des produits structurés qui misent sur cette tendance, mais ils ne sont pas légion.
Les fonds qui jouent activement sur la duration. La duration indique la sensibilité d’un instrument financier aux fluctuations des taux d’intérêt. Les obligations ont normalement une duration positive : si le taux augmente, la valeur d’une obligation diminue. Les gestionnaires de fonds professionnels peuvent toutefois jouer sur cette duration via des produits dérivés. Il est même possible d’obtenir une duration négative, et donc de créer de la valeur lorsque les taux d’intérêt augmentent. Vous pouvez donc obtenir malgré tout un rendement positif dans le segment des obligations si les taux repartent à la hausse. Toutefois, si les taux ne venaient pas à poursuivre leur hausse, les pertes sur de tels produits peuvent être substantielles. Il est donc déconseillé d’investir exclusivement dans ce type de fonds.

Conserver en portefeuille un maximum d’obligations à court terme. Le rendement sera faible, mais l’échéance sera plus proche. Si, dans trois ans environ, les taux ont nettement augmenté – c’est le scénario le plus probable – vous pourrez réinvestir avec un meilleur rendement.

5.     Quid des obligations que je possède déjà en portefeuille ?

Mieux vaut vendre sans tarder les obligations dont le rendement résiduel net à l’échéance est négatif. Par ‘rendement négatif’, nous entendons un revenu total à l’échéance, tenant compte de tous les coupons, inférieur au revenu en cas de vente aujourd’hui.

Si le rendement résiduel est positif et que vous êtes satisfait(e) de vos coupons, vous pouvez conserver ces obligations en portefeuille. Attention toutefois aux obligations spéculatives qui, par nature, exigent un suivi attentif du risque de crédit.

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Quelles sont les 10 bonnes questions à poser à son banquier ?

Le 10 avril 2018

  1. Qui est-il/elle ?

La personne qui se tient devant vous va connaître des tas de choses vous concernant en plus de gérer vos finances. Il est normal que vous en sachiez un peu plus, vous aussi. Quelle est son expérience, quelles sont ses spécialités, reçoit-il/elle régulièrement des formations ? Si l’on a vraiment envie de lui demander s’il/elle est marié (e) ou si il/elle va nous filer l’adresse de son coach sportif, on peut… Mais après. 

  1. Pourquoi je choisirais sa banque en particulier ?

Si vous êtes déjà cliente, il est bon de se le faire rappeler de temps en temps. Et si vous pensez le devenir, c’est essentiel. Quelle est la plus-value de cette banque en particulier ? Qu’a-t-elle de différent à proposer ?

3.Comment voit-il/elle notre collaboration ?

Est-ce que vous pouvez joindre votre conseiller quand vous voulez ? Par téléphone, par e-mail, via les réseaux sociaux ? La disponibilité est aussi un critère à tester. Il est important de pouvoir fixer des rendez-vous réguliers, quelques fois par an, selon vos besoins, pour vous rassurer quant à des questions spécifiques, mais aussi pour anticiper certains changements dans le cours de votre vie. Avant de prendre une grande décision, vous consultez vos proches, vos confidentes, vos amis. Et un coup de fil ne suffit pas. Rien ne vaut un face à face en vrai, même avec votre banquier ! 

4.Est-ce que mon « portefeuille bancaire » actuel est en ligne avec mes objectifs ?

Déjà, les objectifs, on les définit : quel est mon horizon de placements, quels sont les risques, quels sont mes projets ? On ne va pas se comporter, financièrement parlant, de la même manière si l’on veut acheter un bien, si l’on veut prévoir un beau voyage ou si l’on a envie d’investir de l’argent pour obtenir un bon rendement. C’est une question très large, mais c’est vraiment la première chose qu’il faut aborder. Un bon bilan de la situation actuelle et des projets à venir, en somme. 

  1. Est-ce que les produits bancaires auxquels j’ai déjà souscrit sont de bonne qualité ?

Si l’on n’a jamais investi, c’est l’occasion de se pencher, ensemble, sur les meilleurs produits du moment. Sur ceux qui offrent de bons rendements. Il faut oser demander si les produits bancaires « maison », proposés par les banques traditionnelles, sont suffisants. Est-ce que ma banque actuelle peut aussi me proposer les meilleures solutions du marché ? Est-ce que je vais obtenir un conseil très large, y compris sur des produits qui sont émis par d’autres institutions financières ? En clair, si mon/ma conseiller/ère ne peut me parler que de ce qu’il/elle a sous la main en termes d’offres, sans avoir une vision globale et des points de comparaison par rapport à ce qui se fait ailleurs, sans impartialité, il est peut-être temps de le/la secouer (gentiment, on s’entend !). 

  1. À combien s’élèvent les frais ?

Les frais de gestion de mon portefeuille sont élevés ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi aussi ? Est-ce qu’il y a des frais d’entrée pour investir dans des solutions de placements ?. Ça n’a l’air de rien, comme ça. Mais au bout de l’année, dans certains cas et certaines banques, les frais de gestion et autres frais d’entrée peuvent vraiment s’avérer importants. Il est important de s’y intéresser pour éviter les mauvaises surprises. 

  1. Est-ce que je vais bénéficier d’un suivi actif de mon portefeuille ?

Quand il y a une modification d’un de mes produits, si quelque chose n’est plus tout à fait en ligne avec mes objectifs, est-ce que la banque va me contacter ? Parce qu’en effet, avec tout ce qu’on a à gérer, au quotidien, on risque de zapper une info, de laisser dormir nos placements. C’est là que le/la conseiller/ère doit se montrer proactif/ive, pour aller en permanence dans le sens de nos intérêts. 

  1. Est-ce qu’il/elle gère aussi le suivi des produits qui viennent d’une autre banque ?

Si vous transférez votre portefeuille d’une banque à une autre, il ne faudrait pas que vos nouveaux conseillers négligent certains produits. On doit pouvoir obtenir un conseil sur un large éventail de produits.

  1. Si des événements se présentent dans ma vie privée, est-ce que je peux compter sur ses bons conseils ?

La banque n’est pas un cabinet de consultation psy. Mais quand on divorce, quand on se sépare, quand on fait face à la disparition d’un proche, à un changement de carrière, on doit pouvoir compter sur quelqu’un qui nous soutiendra d’un point de vue conseils financiers. On doit pouvoir obtenir un rendez-vous rapide et se décharger des questions pratiques lorsqu’on a des gros stress ou émotions à gérer. 

  1. Et si je n’ai vraiment, mais alors vraiment pas le temps ?

Il est alors d’autant plus important de s’assurer que cette banque propose des solutions pour nous décharger d’un maximum de choses. On doit pouvoir déléguer la gestion de nos avoirs à des spécialistes qui s’occupent alors de notre portefeuille et nous envoient des reportings réguliers.