Les bons conseils

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Au Mondial des économies, qui sont les favoris ?

Le 3 juillet 2018

La Coupe du monde de foot en Russie, du 14 juin au 15 juillet, est l’occasion de se pencher sur les pays représentés dans cette compétition sous l’angle économique. Les rapports de force y sont parfois bien différents de ceux que l’on observe sur les terrains de football…

En bref :

  • Dans les mois et les années qui viennent, la compétition s’annonce féroce entre les différentes économies nationales de la planète.
  • La montée du protectionnisme, la fin prévisible du cycle économique et la réduction progressive des politiques monétaires généreuses constituent autant de défis pour les pays dont les équipes de football vont s’affronter à la Coupe du monde.
  • Voici de quoi dresser quelques pronostics sur le terrain économique pour les pays engagés – ou pas – dans la compétition footballistique.

Deux grands arbitres… absents du Mondial !

Sous l’angle économique, les grands absents de la Coupe du monde sont les États-Unis et la Chine, qui pèsent ensemble 40% de l’économie de la planète. Ces deux poids lourds joueront un rôle d’arbitre essentiel pour la croissance dans les prochains mois.

L’économie américaine est censée continuer sur sa lancée et même accélérer son expansion. Le taux de chômage devrait continuer à reculer. Mais le défi des États-Unis, c’est son double déficit : la balance commerciale et les finances publiques sont plus que jamais dans le rouge. La politique fiscale généreuse du président Trump ne devrait pas arranger le déficit budgétaire. Quant au déséquilibre commercial, rien ne dit que les mesures protectionnistes du locataire de la Maison Blanche donneront l’effet escompté, à savoir un rapatriement d’activités économiques au pays.

La Chine devrait quant à elle poursuivre sa transition vers une économie davantage axée sur la consommation, ce qui s’accompagnerait, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), d’une légère décélération de la croissance. Mais en partant d’un taux de 6,9% l’an dernier, celle-ci restera de toute manière à des niveaux particulièrement élevés au regard d’autres grandes puissances mondiales. Il reste aussi à voir comment le géant asiatique évoluera dans le contexte de guerre commerciale déclenchée par les USA.

Les deux arbitres de l’économie mondiale devraient donc rester en bonne forme dans les mois qui viennent. Par contre, on ignore quel sera leur état de santé lors de la prochaine Coupe du monde, en 2022, au Qatar. Car on dit la première économie mondiale en fin de cycle…

Le Japon et son équipe vieillissante

Troisième économie mondiale derrière les USA et la Chine, le Japon est quant à lui bien présent à l’édition 2018 de la Coupe du monde. Mais le pays du soleil levant ne nourrit pas de grandes ambitions économiques. Sa croissance devrait ralentir à 1,2% cette année, après avoir atteint 1,7% l’an dernier. L’expansion économique japonaise est bridée par la démographie du pays. Comme le constate le FMI, « les perspectives à moyen terme restent médiocres, principalement en raison de la diminution de la population active ».

Confronté au vieillissement, le Japon présente toujours une inflation faiblarde, ce qui devrait conduire la Banque du Japon, la banque centrale du pays, à maintenir pour longtemps sa politique d’achats d’obligations gouvernementales pour garder les taux longs sous contrôle. Compte tenu de ces faiblesses récurrentes, le pays a pris l’habitude de tout miser sur l’attaque, entendez par là que ses entreprises exportatrices sont son principal atout. Bien évidemment, cela le rend tributaire de la conjoncture mondiale. Or, à cet égard, le contexte de guerre commerciale entretenu par le traditionnel allié américain n’incite pas à l’optimisme…

Les pays européens, pas sur la même ligne

Au-delà des trois premières puissances économiques de la planète, les plus grosses équipes de la compétition économique se trouvent en Europe. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont tous trois représentés à la Coupe du monde en Russie, à tout le moins via l’équipe d’Angleterre pour ce qui concerne les Britanniques. Mais leurs états de forme respectifs sont loin d’être sur la même ligne.

Les champions allemands, couronnés sur le terrain de football en 2014 mais éliminés d’entrée de jeu cette année, pavoisent sur le plan économique. Leur croissance a atteint 2,5% du PIB l’an dernier et devrait selon le FMI se maintenir à ce niveau cette année. Le pays affiche aussi un excédent budgétaire record de 38 milliards d’euros, soit 1,2% du PIB. Son taux de chômage est au plancher, à 3,4% de la population active. Mais, comme dans toutes les grandes équipes, c’est quand tout va bien que des difficultés peuvent survenir.

En tant que coach d’une nation pourtant pleine d’atouts, la chancelière Angela Merkel a des problèmes de riche. Attaquée par l’extrême droite sur sa politique en matière d’immigration et malmenée par les eurosceptiques, la dirigeante allemande a dû constituer un large noyau englobant les socialistes pour diriger son pays. Un collectif aussi fourni est plus compliqué à gérer. Par ailleurs, à l’échelon européen et mondial, la première économie de la zone euro est régulièrement critiquée pour l’excédent de sa balance commerciale qu’on la presse de réduire.

Ainsi, dans ses perspectives du printemps, le FMI souligne : « L’Allemagne dispose d’une marge de manœuvre budgétaire qu’elle devrait utiliser pour accroître l’investissement public dans des domaines qui accéléreront la croissance potentielle (…). Une hausse de l’investissement public en Allemagne aurait pour conséquence importante une augmentation des importations du reste de la zone euro, ce qui faciliterait le rééquilibrage de la demande au sein de la zone. » Les points forts de l’équipe allemande pourraient donc se muer en faiblesses.

France : un avenir doré si les réformes continuent

De son côté, la France, qui a réussi le doublé Coupe du monde et Euro en 1998 et 2000, apparaît en plein chantier aujourd’hui. Sous l’impulsion du président Emmanuel Macron, de nécessaires réformes si longtemps reportées sont désormais sur les rails. Au point que, dans sa récente revue annuelle de l’économie française, le FMI pointe la France comme le « chef de file des réformes en Europe » et encourage le pays à poursuivre dans cette voie, ce qui lui permettrait de réduire son déficit public.

Rappelons que le pays était encore récemment le dernier de la zone euro à risquer la carte jaune, à savoir une procédure pour déficit budgétaire excessif. Le déficit commercial – la France est importatrice nette – est aussi en voie de réduction. Pour cette Coupe du monde, il est encore un peu tôt mais l’économie française semble promise à un avenir doré si elle poursuit ses efforts.

Il en va tout autrement du Royaume-Uni, représenté à la Coupe du monde par l’Angleterre. Englué dans les conséquences du Brexit (croissance qui s’essouffle, entreprises qui quittent le terrain national, devise sous pression, etc.), le pays est confronté à un sous-investissement des entreprises, à cause des incertitudes sur les accords commerciaux qui s’appliqueront après la sortie effective du pays de l’Union européenne.

L’Espagne dans l’incertitude, la Belgique marque le pas

Derrière les trois plus grandes économies européennes, les autres formations semblent marquer le pas.

L’Espagne, toujours candidate au titre en foot, devrait voir sa croissance économique ralentir. L’Italie, qui ne s’est même pas qualifiée pour le Mondial cette fois, ne fait guère mieux. Le principal défaut de ces deux États est connu : le taux de chômage y reste trop élevé (15,9% en Espagne et 11,2% en Italie). En particulier, trop de jeunes restent sur la touche. Le taux de chômage des jeunes culmine à 33,1% en Italie et 34,4% en Espagne. Ces variables ont fait le lit des partis populistes qui plongent en particulier l’Italie dans une grande incertitude politique. On se demande comment elles auront évolué d’ici la prochaine Coupe du monde…

Par ailleurs, on voit mal de plus petites économies jouer des rôles de premier plan durant cette Coupe du monde et après. Ainsi, la Belgique, comme bien d’autres pays, verra sa croissance marquer le pas, si ce n’est cette année, en tout cas en 2019. Petite économie ouverte, la Belgique risque de pâtir de la montée du protectionnisme qui menace de ralentir le commerce mondial. Elle pourrait aussi souffrir de la progression des coûts énergétiques dans le sillage du rebond des prix pétroliers. D’autant plus que l’inflation belge reste toujours élevée au regard de la moyenne de la zone euro.

L’énergie, un paramètre à maîtriser

Le pétrole est justement au centre de l’attention à l’approche de la Coupe du monde qui a débuté par un intéressant Russie – Arabie saoudite le 14 juin, à peine une semaine avant une réunion très attendue de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Avec environ 11 à 11,5 millions de barils de brut produits par jour, la Russie et l’Arabie saoudite sont en compétition avec les États-Unis pour le titre de premier producteur d’or noir de la planète.

Le pétrole est un enjeu capital pour les mois et les années à venir car, davantage que les politiques monétaires des banques centrales, c’est le prix du baril qui a fait la pluie et le beau temps sur le terrain de l’inflation. On connaît aussi l’importance des coûts des importations d’énergie pour les pays émergents. Après avoir vu les cours pétroliers monter un peu trop rapidement à leur goût, l’Arabie saoudite et la Russie pourraient s’accorder pour augmenter leur production. Les deux pays ont exprimé leur préoccupation qu’un prix du baril trop élevé finisse par affecter la demande de brut.

Il est aussi question de contrebalancer la baisse de la production de l’Iran, auquel les États-Unis donnent une carte rouge, entendez par là de nouvelles sanctions. La diminution des exportations iraniennes est estimée à environ un million de barils par jour, alors que le pays en produit tant bien que mal 4 millions par jour. Voilà qui ne fera pas les affaires de cette économie qui se nourrit de son excédent commercial. L’Iran reste par ailleurs confronté à un taux de chômage particulièrement élevé.

Les pays africains jouent dans une autre division

Avec moins de 2 millions de barils produits par jour, le Nigeria ne joue pas dans la même division, ce qui n’empêche par son équipe de football nationale d’être représentée au Mondial, tout comme le Sénégal. Mais au Nigeria, malgré les dollars issus des exportations pétrolières, la pauvreté touche quasiment trois personnes sur quatre. Cette économie ne peut pas nourrir de grandes ambitions tant qu’elle restera gangrenée par la corruption.

C’est d’ailleurs un constat qui vaut pour beaucoup des nations africaines engagées dans cette édition de la Coupe du monde. On note qu’avec le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, l’Afrique du Nord est bien représentée dans la compétition. Mais après les « printemps arabes », ces pays restent confrontés à des défis économiques colossaux. En particulier, leurs taux de chômage sont particulièrement élevés. Le FMI note par ailleurs que la hausse des prix pétroliers a conduit à une dégradation des perspectives de ces pays qui sont tous importateurs de pétrole.

Le bon moment pour le Brésil ?

Les perspectives semblent meilleures pour certains pays d’Amérique latine engagés dans la compétition footballistique. « En Amérique latine, la reprise se poursuit de manière progressive », constate le FMI. « La croissance devrait passer à 2,0 % en 2018 et à 2,8 % en 2019. » Un calendrier plutôt engageant. Habiles balle au pied, les Sud-Américains pourraient donc aussi tirer leur épingle du jeu sur le terrain économique. Mais attention toutefois à leurs faiblesses récurrentes : des déficits publics problématiques, un taux de chômage élevé dans plusieurs pays, comme au Brésil, en Colombie et en Argentine, et, pour ce dernier pays en particulier, une inflation à contenir de toute urgence…

La montée du dollar peut en outre constituer un handicap de taille pour des économies qui ont l’habitude de s’endetter dans la devise des États-Unis. On songe en particulier à l’Argentine et au Mexique.

Cela dit, le Brésil connaît quant à lui une embellie qui coïncide bien avec la Coupe du monde. Après sa longue récession des années 2015 et 2016, l’économie brésilienne a retrouvé la voie de la croissance (+1% l’an dernier). Cette dernière devrait augmenter à 2,3% en 2018 puis à 2,5% l’an prochain, grâce à la hausse de la consommation privée et de l’investissement. Le Brésil semble ainsi avoir une fenêtre d’opportunité même si l’incertitude politique pourrait jouer les trouble-fêtes dans les mois qui viennent.

Et les outsiders ?

Loin des favoris de la compétition qui se joue en Russie, certains pays émergents d’Europe ont des atouts à faire valoir. Abstraction faite de leur chômage endémique, la Croatie et la Serbie bénéficient de perspectives économiques plus que convenables. Mais surtout, la Pologne se profile comme un concurrent des plus sérieux. Portée par une consommation intérieure vigoureuse, l’économie polonaise bénéficie d’une politique très favorable aux entreprises, ce qui devrait lui garantir un taux de croissance supérieur à 3% pendant au moins deux années.

Durant cette Coupe du monde et après, on gardera aussi un œil sur des économies dépendantes de l’arbitre chinois, telles que la Corée du Sud ou encore l’Australie, dont les matières premières ont pour principal débouché la Chine. Avec des taux de croissance de l’ordre de 3% dans les années qui viennent, ces deux pays pourraient compter.

La glorieuse incertitude du… dollar

Enfin, que serait une compétition sportive sans ses traditionnels aléas ? Il en va de même sur le terrain économique, où il faudra tenir compte du paramètre dollar, qui sera un peu la météo de la Coupe du monde des économies.

Le corps arbitral aura son mot à dire sur la praticabilité du terrain financier en cas de gros temps sur le marché des devises : la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale des États-Unis, devrait continuer à relever ses taux directeurs dans les trimestres à venir, ce qui devrait logiquement soutenir le billet vert. Toute la question est de savoir à quel rythme la monnaie américaine progressera et quelle sera son influence sur les prix des matières premières, par exemple. Il y a là une belle incertitude économique, au moins équivalente à la glorieuse incertitude du sport…

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8 bonnes raisons d’investir en Asie

Le 11 juin 2018

L’Asie (hors Japon) en tant que région économique est passée à l’âge adulte et offre des opportunités aux investisseurs. Comment miser sur cette dynamique ?

En résumé:

  • L’Asie (qui s’entend hors Japon dans cet article) affiche une croissance économique solide, une augmentation sensible du pouvoir d’achat et une transition de l’industrie lourde vers l’innovation et la technologie.
  • Elle offre, en tant que région, des opportunités aux investisseurs qui sont disposés à accepter un risque plus élevé.

Investir en Asie: toujours d’actualité?

En 2017, les indices asiatiques des actions (hors Japon) ont bondi de 38% en moyenne. L’Asie a ainsi été la région la plus performante au monde. Mais si l’on observe l’évolution depuis le début de l’année 2008, on constate que la performance du panier des indices d’actions asiatiques (MSCI Asie hors Japon) est toujours en recul de 10% par rapport à l’indice mondial global (MSCI World).

L’Asie est-elle capable de rattraper ce retard?

Huit éléments indiquent cependant que le mouvement de rattrapage se poursuivra. L’Asie pourrait même dépasser l’indice mondial.

  1. La croissance économique est très solide

En 2017, cette croissance a atteint 6,1% pour l’ensemble de la région (hors Japon). L’acteur le plus important, la Chine, a affiché une croissance de 6,9%, tandis que l’Inde et la Corée du Sud progressaient respectivement de 6,8% et 3,1%. Pour l’ensemble de la région (hors Japon), les analystes tablent sur une croissance de 6% en 2018.

  1. Le potentiel est présent

Des pays comme la Chine et l’Inde (en phase de reprise) ne sont pas encore aussi avancés dans le cycle économique que l’Europe (en phase d’expansion) ou les États-Unis (fin de cycle). Le potentiel est donc réel.

  1. Le ratio cours/bénéfices est favorable

Les ratios cours/bénéfices (c/b) des actions asiatiques (c/b MSCI Asie hors Japon = 12,2) sont en moyenne nettement inférieurs à ceux des actions américaines (c/b S&P500 = 17,5) et européennes (c/b Eurostoxx600 = 14,4). Pour rappel, le rapport cours/bénéfice (ou Price Earning Ratio en anglais) est un indicateur financier qui permet d’évaluer si une action est plutôt chère ou plutôt bon marché.

  1. Une croissance probable des bénéfices des entreprises

Les économistes prévoient pour 2018 une progression de 15% des bénéfices des entreprises en Asie (hors Japon), contre 8% pour l’Europe et 12% pour les États-Unis.

  1. Les prévisions bénéficiaires revues à la hausse

En 2017, de nombreux analystes ont revu à la hausse leurs prévisions bénéficiaires pour les entreprises asiatiques. Le passé nous apprend qu’une telle révision à la hausse est souvent un indicateur fiable des performances boursières ultérieures de ces entreprises.

  1. L’Asie surfe sur la croissance mondiale

L’Asie étant fortement orientée vers l’exportation, cette région profite de la croissance économique mondiale et du regain de confiance des consommateurs.

  1. Une économie en transition

Les économies asiatiques sont aussi dans une phase de transition : si les exportations restent dynamiques, la consommation intérieure progresse également. On observe en outre une réorientation sectorielle des matières premières vers la technologie. Alors qu’il y a 10 ans, les entreprises du secteur des matières premières représentaient encore 20% du panier des actions asiatiques (hors Japon), elles ne représentent plus aujourd’hui que la moitié de ce chiffre. Dans le même temps, le poids des technologiques est passé de 17% à 39%.

  1. Pas seulement la Chine

Dans le sillage de la Chine, d’autres pays font preuve d’une belle santé. L’Inde, avec sa population de 1,3 milliard de personnes, abandonne peu à peu son statut d’économie agricole. Citons aussi les pays de l’Asean (Association of Southeast Asian Nations). Il s’agit de l’association de 10 pays d’Asie du Sud-Est dont les 5 plus importants (Indonésie, Thaïlande, Malaisie, Philippines et Singapour) ont affiché l’an dernier une croissance de 5,2%.

De quels risques dois-je tenir compte, en tant qu’investisseur?

  • Les marchés financiers sont sensiblement plus volatils qu’en Europe et aux États-Unis. Le potentiel de hausse peut être plus important, mais aussi le potentiel de baisse.
  • Le protectionnisme grandissant peut être préjudiciable à des économies fortement tournées vers l’exportation, comme la Corée du Sud.
  • La hausse des taux aux États-Unis accroît le risque de voir les investisseurs retirer leurs capitaux d’Asie pour les réinvestir aux États-Unis, selon un scénario déjà observé dans le passé.
  • Soulignons enfin les tensions géopolitiques, toujours présentes dans cette partie du monde.

Comment profiter de ce potentiel de croissance?

En tant qu’investisseur particulier, ce marché n’est pas évident, en raison de son envergure et de sa complexité. Dès lors, un fonds géré activement offre une plus-value aux investisseurs disposés à accepter un certain risque.

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Est-ce le moment de passer aux obligations ?

Par Deutsche Bank Belgium

Le 7 mai 2018

Le changement semble amorcé : partout dans le monde, les taux d’intérêt ont entamé leur remontée, lentement mais sûrement. Quel est l’impact pour les investisseurs ?

En résumé :

  • Malgré la lente remontée des taux d’intérêt, il est encore trop tôt pour ‘switcher’ vers les obligations. Les actions gardent la cote, pour autant qu’elles cadrent avec votre profil d’investisseur.
  • Si vous souhaitez malgré tout investir dans des obligations, optez pour les pays émergents, qui offrent le meilleur rapport rendement/risque.
  1. Les taux d’intérêt remontent. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

C’est plutôt une bonne nouvelle. Les taux d’intérêt augmentent en effet pour une bonne raison : la croissance économique, qui reprend finalement son rythme. Dans les pays émergents comme dans les pays développés, l’économie connaît une croissance plus rapide qu’auparavant.

Outre la croissance économique, l’augmentation progressive des taux d’intérêt est également favorisée par le changement de politique des banques centrales. Ces dernières années, la Federal Reserve (Fed) aux États-Unis et la Banque centrale européenne (BCE) ont soutenu en bloc les cours obligataires, poussant ainsi les rendements vers le bas. La Fed a commencé à relever son taux directeur et elle réduit lentement son bilan en obligations. La BCE amorce, elle aussi, un changement de politique monétaire. Jusqu’à la fin 2017, elle achetait massivement des obligations, pour un montant de 60 milliards d’euros par mois. Aujourd’hui, ce chiffre a été réduit de moitié. Comme les obligations sont moins soutenues par les banques centrales, le cours des valeurs existantes va baisser et les rendements des nouvelles émissions vont augmenter.

  1. Dans ce climat, est-ce une bonne idée d’opter pour les obligations ?

Dans un contexte de forte croissance économique, les actions offrent un meilleur rendement que les obligations. Les actions sont donc à privilégier si elles correspondent à votre profil d’investisseur.

Si vous souhaitez quand même acheter des obligations, les emprunts des pays émergents offrent le meilleur rapport rendement-risque, même si vous devez accepter un risque de change.

3.     Quand faut-il acheter ?

Il est difficile d’indiquer un moment précis. Le taux directeur devrait rester très faible pendant plusieurs années encore. Ainsi, on n’attend une première hausse du taux directeur européen qu’à l’été 2019. Il n’y a donc aucune urgence.

Une augmentation de la prime de risque sur les obligations serait un bon signal d’achat. Il s’agit de la prime que l’émetteur paie en sus du taux pour un emprunt risqué, pour compenser le risque de crédit que l’investisseur prend sur cet émetteur. Aujourd’hui, nous avons atteint un niveau extrêmement bas et le risque de crédit n’est pas suffisamment rémunéré. À terme, la prime de risque se normalisera et d’autres obligations que celles des pays émergents offriront, elles aussi, une compensation correcte pour le risque de crédit.

4.     Dans l’attente du bon moment, quelles sont les alternatives dans le segment des obligations ?

Les obligations à taux variable, dont le coupon augmente à mesure que le taux d’intérêt monte. Mais elles sont très rares. On trouve occasionnellement des produits structurés qui misent sur cette tendance, mais ils ne sont pas légion.
Les fonds qui jouent activement sur la duration. La duration indique la sensibilité d’un instrument financier aux fluctuations des taux d’intérêt. Les obligations ont normalement une duration positive : si le taux augmente, la valeur d’une obligation diminue. Les gestionnaires de fonds professionnels peuvent toutefois jouer sur cette duration via des produits dérivés. Il est même possible d’obtenir une duration négative, et donc de créer de la valeur lorsque les taux d’intérêt augmentent. Vous pouvez donc obtenir malgré tout un rendement positif dans le segment des obligations si les taux repartent à la hausse. Toutefois, si les taux ne venaient pas à poursuivre leur hausse, les pertes sur de tels produits peuvent être substantielles. Il est donc déconseillé d’investir exclusivement dans ce type de fonds.

Conserver en portefeuille un maximum d’obligations à court terme. Le rendement sera faible, mais l’échéance sera plus proche. Si, dans trois ans environ, les taux ont nettement augmenté – c’est le scénario le plus probable – vous pourrez réinvestir avec un meilleur rendement.

5.     Quid des obligations que je possède déjà en portefeuille ?

Mieux vaut vendre sans tarder les obligations dont le rendement résiduel net à l’échéance est négatif. Par ‘rendement négatif’, nous entendons un revenu total à l’échéance, tenant compte de tous les coupons, inférieur au revenu en cas de vente aujourd’hui.

Si le rendement résiduel est positif et que vous êtes satisfait(e) de vos coupons, vous pouvez conserver ces obligations en portefeuille. Attention toutefois aux obligations spéculatives qui, par nature, exigent un suivi attentif du risque de crédit.

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Quelles sont les 10 bonnes questions à poser à son banquier ?

Le 10 avril 2018

  1. Qui est-il/elle ?

La personne qui se tient devant vous va connaître des tas de choses vous concernant en plus de gérer vos finances. Il est normal que vous en sachiez un peu plus, vous aussi. Quelle est son expérience, quelles sont ses spécialités, reçoit-il/elle régulièrement des formations ? Si l’on a vraiment envie de lui demander s’il/elle est marié (e) ou si il/elle va nous filer l’adresse de son coach sportif, on peut… Mais après. 

  1. Pourquoi je choisirais sa banque en particulier ?

Si vous êtes déjà cliente, il est bon de se le faire rappeler de temps en temps. Et si vous pensez le devenir, c’est essentiel. Quelle est la plus-value de cette banque en particulier ? Qu’a-t-elle de différent à proposer ?

3.Comment voit-il/elle notre collaboration ?

Est-ce que vous pouvez joindre votre conseiller quand vous voulez ? Par téléphone, par e-mail, via les réseaux sociaux ? La disponibilité est aussi un critère à tester. Il est important de pouvoir fixer des rendez-vous réguliers, quelques fois par an, selon vos besoins, pour vous rassurer quant à des questions spécifiques, mais aussi pour anticiper certains changements dans le cours de votre vie. Avant de prendre une grande décision, vous consultez vos proches, vos confidentes, vos amis. Et un coup de fil ne suffit pas. Rien ne vaut un face à face en vrai, même avec votre banquier ! 

4.Est-ce que mon « portefeuille bancaire » actuel est en ligne avec mes objectifs ?

Déjà, les objectifs, on les définit : quel est mon horizon de placements, quels sont les risques, quels sont mes projets ? On ne va pas se comporter, financièrement parlant, de la même manière si l’on veut acheter un bien, si l’on veut prévoir un beau voyage ou si l’on a envie d’investir de l’argent pour obtenir un bon rendement. C’est une question très large, mais c’est vraiment la première chose qu’il faut aborder. Un bon bilan de la situation actuelle et des projets à venir, en somme. 

  1. Est-ce que les produits bancaires auxquels j’ai déjà souscrit sont de bonne qualité ?

Si l’on n’a jamais investi, c’est l’occasion de se pencher, ensemble, sur les meilleurs produits du moment. Sur ceux qui offrent de bons rendements. Il faut oser demander si les produits bancaires « maison », proposés par les banques traditionnelles, sont suffisants. Est-ce que ma banque actuelle peut aussi me proposer les meilleures solutions du marché ? Est-ce que je vais obtenir un conseil très large, y compris sur des produits qui sont émis par d’autres institutions financières ? En clair, si mon/ma conseiller/ère ne peut me parler que de ce qu’il/elle a sous la main en termes d’offres, sans avoir une vision globale et des points de comparaison par rapport à ce qui se fait ailleurs, sans impartialité, il est peut-être temps de le/la secouer (gentiment, on s’entend !). 

  1. À combien s’élèvent les frais ?

Les frais de gestion de mon portefeuille sont élevés ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi aussi ? Est-ce qu’il y a des frais d’entrée pour investir dans des solutions de placements ?. Ça n’a l’air de rien, comme ça. Mais au bout de l’année, dans certains cas et certaines banques, les frais de gestion et autres frais d’entrée peuvent vraiment s’avérer importants. Il est important de s’y intéresser pour éviter les mauvaises surprises. 

  1. Est-ce que je vais bénéficier d’un suivi actif de mon portefeuille ?

Quand il y a une modification d’un de mes produits, si quelque chose n’est plus tout à fait en ligne avec mes objectifs, est-ce que la banque va me contacter ? Parce qu’en effet, avec tout ce qu’on a à gérer, au quotidien, on risque de zapper une info, de laisser dormir nos placements. C’est là que le/la conseiller/ère doit se montrer proactif/ive, pour aller en permanence dans le sens de nos intérêts. 

  1. Est-ce qu’il/elle gère aussi le suivi des produits qui viennent d’une autre banque ?

Si vous transférez votre portefeuille d’une banque à une autre, il ne faudrait pas que vos nouveaux conseillers négligent certains produits. On doit pouvoir obtenir un conseil sur un large éventail de produits.

  1. Si des événements se présentent dans ma vie privée, est-ce que je peux compter sur ses bons conseils ?

La banque n’est pas un cabinet de consultation psy. Mais quand on divorce, quand on se sépare, quand on fait face à la disparition d’un proche, à un changement de carrière, on doit pouvoir compter sur quelqu’un qui nous soutiendra d’un point de vue conseils financiers. On doit pouvoir obtenir un rendez-vous rapide et se décharger des questions pratiques lorsqu’on a des gros stress ou émotions à gérer. 

  1. Et si je n’ai vraiment, mais alors vraiment pas le temps ?

Il est alors d’autant plus important de s’assurer que cette banque propose des solutions pour nous décharger d’un maximum de choses. On doit pouvoir déléguer la gestion de nos avoirs à des spécialistes qui s’occupent alors de notre portefeuille et nous envoient des reportings réguliers.