Art

Ce corner est animé par Puilaetco Dewaay Private Bankers . Il vous informe des possibilités et des caractéristiques des investissements en art.

L’art belge et le marché international

Par Puilaetco Dewaay Private Bankers

Le 10 /11/2015

C’est un fait, le goût des amateurs d’art est fortement orienté vers l’art d’après-guerre et contemporain. On achète partout, et tant en Belgique qu’à l’étranger les salles de ventes doivent répondre au goût d’un public informé qui voyage au fil des foires d’art, à la découverte d’artistes, de toutes nationalités.

Si l’art belge a intéressé les collectionneurs belges en tant que patrimoine identitaire pendant de nombreuses années, il a également su séduire les amateurs et collectionneurs internationaux, dès lors qu’il s’est éloigné de la démonstration nationale.

A la fin des années ’80, les grandes maisons de ventes aux enchères ont organisé à Londres des ventes thématiques dédiées à l’art belge et des œuvres de Fernand Khnopff, Léon Spilliaert, William Degouve de Nuncques, Gustave De Smet … ont connus des niveaux d’enchères internationaux. Fin 1989, la troisième vente d’art belge subit les effets de la guerre du Golfe, au même titre que l’ensemble du marché de l’art. S’en sont suivies quelques autres vacations déplacées à Amsterdam mais le modèle des ventes thématiques s’était essoufflé, par manque de pièces de qualité et de nouveaux acheteurs.

Aujourd’hui, une douzaine d’artistes belges intéressent le marché international parmi lesquels James Ensor, Léon Spilliaert et René Magritte pour les « modernes », Walter Leblanc, Jef Verheyen ou Luc Tuymans pour les plus contemporains. Ainsi, une œuvre de Jef Verheyen datant de 1958 s’est vendue à Amsterdam pour un montant de 289.500 euros contre une estimation de 12.000 à 16.000 euros. On rapporte quatre œuvres millionnaires aux enchères pour Luc Tuymans, et Walter Leblanc rayonne grâce à l’intérêt porté au Groupe Zéro avec lequel il a exposé à partir de 1962.

En 2015, plusieurs artistes belges « classiques » se sont fait remarqués en salles de ventes. Chez Sotheby’s à Londres, « Harmonie rose », chef d’œuvre de Léon De Smet, représentant une jeune femme endormie a été achetée pour 645.294 euros.

Deux œuvres de Léon Spilliaert ont connu la ferveur des enchères et se sont dépassées en termes de records. En juin 2015, Sotheby’s a vendu à Paris « La buveuse d’absinthe » pour 483.000 euros. La grande aquarelle provenait d’une collection privée et avait été largement exposée et publiée. La Fondation Roi Baudouin en a fait l’acquisition pour un musée belge. Cinq mois plus tard, un exceptionnel autoportrait de Léon Spilliaert était échangé pour 741.000 euros chez De Vuyst, à Lokeren. La salle de vente belge Brussels Art Auctions a monté une très belle vente d’art belge autour de la collection de l’ancien champion de tennis Eric Drossart. Parmi les quelques 60 lots dispersés, « Squelettes travestis », une œuvre de petit format de James Ensor, a été adjugée 1.600.000 euros, soit 2.000.000 d’euros avec les frais d’achat.

Les ventes aux enchères étant anonymes, il est difficile de savoir par qui les œuvres sont achetées et qui sont les sous-enchérisseurs. Mais nous pouvons imaginer que la bataille des enchères dépasse nos compatriotes pour les pièces d’exception. Sur le territoire ou à l’étranger, l’art belge le vaut bien !

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Marché de l’art : après une année de records en 2014, que peut-on attendre en 2015 ?

Le 8 octobre 2015

2014 a été l’année de tous les records pour le marché de l’art, le montant global des ventes (beaux-arts) ayant atteint 15,2 milliards de dollars contre 12,5 milliards en 2013. Ce marché reste dominé par les deux grandes maisons de ventes aux enchères : Christie’s, qui a réalisé un chiffre d’affaire de 8,4 milliards de dollars, et Sotheby’s qui a totalisé 6,1 milliards de dollars de vente. Géographiquement, c’est à la Chine que revient la première place en 2014, suivie par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.

On compte aussi des records en nombre d’enchères millionnaires : 1.679 œuvres échangées au-delà du million de dollars dont 125 ont réalisé des montants supérieurs à 10 millions de dollars. Le nombre de nouveaux acheteurs et de nouveaux vendeurs est en augmentation et les ventes sur internet, ont de plus en plus de poids dans la croissance de ce marché.

Alors que l’art contemporain est le secteur le plus médiatisé, il n’a représenté que 13% des enchères sur le marché de l’art occidental. C’est dans l’art moderne et l’art d’après-guerre que l’on trouve les stars absolues du marché : Picasso, Giacometti, Rothko, Warhol, Bacon, Richter.

2015 serait donné comme une année cruciale pour le marché de l’art. Si des études, comme celle de Delloite, Art and Finance Report 2014, ont conclu à une perspective positive pour cette année, les chiffres impressionnants de 2014 donnent à réfléchir sur la capacité du marché à continuer sur sa lancée, et le spectre d’une bulle sur le point d’éclater rôde toujours. Comme au moment de la crise de 2008, les grandes maisons de ventes aux enchères Christie’s et Sotheby’s sont les premières à réajuster leurs stratégies et à effectuer les changements nécessaires pour maintenir leur rentabilité, la confiance des acteurs et par là-même la santé de leur marché. Dans cette optique, dès le début de l’année, des ajustements importants en terme de personnel on été effectués chez l’une comme chez l’autre. L’accent a aussi été mis sur le développement des ventes en ligne, qui encouragent l’appétit d’une nouvelle classe d’acheteurs pour qui ce moyen d’accès au marché de l’art est en adéquation avec la génération dont ils sont issus. En terme de stratégie, les maisons de ventes aux enchères proposent des ventes de plus en plus sélectives, se concentrant sur des pièces rares et de grande qualité. Ainsi, Christie’s a organisé à Londres le 11 mai dernier, une vente exceptionnelle réunissant 35 chefs-d’œuvres de l’art Impressionniste, Moderne, d’Après-Guerre et Contemporain sous l’intitulé : Looking Forward to the Past. Au cours de cette session, 34 lots ont été vendus pour un montant total de 625,87 millions de dollars. Deux nouveaux records ont été établis : « Les Femmes d’Alger » de Picasso vendu pour 179,4 millions de dollars est devenu le tableau le plus cher échangé aux enchères, et « L’Homme au Doigt » d’Alberto Giacometti, acheté 141,3 millions de dollars, est devenue la sculpture la plus chère vendue au monde.

Ce premier semestre 2015 a totalisé 7,6 milliards de dollars d’enchères, par rapport à 8 milliards pour la même période en 2014. Les Etats-Unis (+ 20%)* ont reconquis leur place de leader devant la Chine (- 30%)* dont la deuxième place est menacée par Londres (+ 6%)*. Le ralentissement que connaît la Chine est dû en partie l’évolution récente des bourses chinoises mais aussi aux mesures anti-corruption instaurées par le président Xi Jipin qui figent les secteurs du luxe et avec eux le marché de l’art. On constate aussi que le marché de l’art chinois se repositionne, en abandonnant la spéculation sur les artistes contemporains pour se tourner vers la logique du placement avec des artistes plus confirmés, moins risqués.

Le second semestre de 2015 nous dira si le journal Art News Paper avait raison en prédisant « un refroidissement, pas un effondrement » du marché de l’art ….

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La Biennale d’Art de Venise : 56e édition !

Le 30 juin 2015

La Biennale d’Art de Venise est une des plus anciennes et certainement la plus importante manifestation d’art contemporain au monde. C’est sous l’impulsion du Conseil Municipal de Venise qui souhaitait organiser un événement marquant pour commémorer les vingt-cinq ans de mariage du roi Umberto 1er et de Marguerite de Savoie, que l’ « Exposition Internationale d’Art de la Cité de Venise » fût créée.

La première édition se tint en 1895 et, deux ans plus tard, elle prit la forme et le nom de Biennale. D’emblée, le succès est rencontré. L’événement attire la participation de nombreux artistes italiens et internationaux et de 200.000 visiteurs pendant ses six mois d’ouverture. Le bâtiment érigé pour accueillir les oeuvres – aujourd’hui Pavillon Central – se montre vite trop étroit. Il sera agrandi et la ville proposera aux pays participants de construire leur propre pavillon dans les Giardini. En 1907, la Belgique sera la première à répondre à cet appel. Suivront la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Hongrie, la France, la Suède, la Russie… On compte aujourd’hui 95 pavillons.

DEPUIS 120 ANS

L’histoire de la Biennale d’Art de Venise a 120 ans. Depuis sa création, la manifestation n’a cessé de se développer à chaque édition. Après la seconde guerre mondiale, les avant-gardes ont été mises en avant grâce aux pavillons étrangers. En 1948, Picasso sera présenté pour la première fois au public vénitien avec une importante rétrospective. La même année, une exposition de la collection de Peggy Guggenheim offre aux visiteurs un panorama de l’art contemporain européen. Les surréalistes seront également présents et, en 1954, René Magritte est invité à occuper le pavillon belge.

Avec la remise du Grand Prix de la Biennale à l’artiste pop Robert Rauschenberg en 1964, l’hégémonie du marché américain est confirmée.

La 35e édition est placée sous le signe de mai 68 et les artistes vont y protester en signe de solidarité. Suite à cela, le Grand Prix sera aboli (mais repris en 1986 sous le nom de Lion d’Or) et les grandes expositions monographiques seront remplacées par des expositions thématiques. Une Biennale entièrement dédiée au Chili aura lieu en 1974. Elle constituera la plus importante manifestation culturelle contre le régime du dictateur Pinochet.

Jusqu’en 1995, la direction artistique était laissée aux Italiens. Le français Jean Clair sera le premier non-Italien à y être invité.

La participation de nouveaux pays, le nombre d’artistes, d’événements collatéraux et la fréquentation des visiteurs n’ont fait qu’augmenter au fil des années. On ne relèvera ici que les chiffres des trois dernières éditions : 77 pays, 90 artistes et 375.700 visiteurs ont participé en 2009 ; 89 pays, 83 artistes et 440.000 visiteurs en 2011 et ; 88 pays, 160 artistes et 475.000 visiteurs en 2013.

MANIFESTATION NON-COMMERCIALE

La Biennale d’Art de Venise est une manifestation non-commerciale. Elle a lieu pendant six mois, généralement de juin à novembre. Dans son organisation, une série de prix prestigieux sont remis. En 2013, alors qu’il se présentait pour la première fois, l’Angola reçu les honneurs du meilleur pavillon pour une intervention dans la ville. Le Belge Thierry De Cordier reçut un prix en 1988.

ALL THE WORLD’S FUTURES

C’est à l’Américano-Nigérian Okwui Enwezor, critique d’art, écrivain, éditeur et curateur de plusieurs expositions internationales et biennales d’art contemporain, qu’a été confiée la direction artistique de la 56e édition de la Biennale d’Art de Venise. Il a été choisi par le comité de sélection, entre autres pour le regard qu’il porte sur le rôle particulier de la Biennale en tant que lieu privilégié et historique d’observation des changements du monde à travers les champs de l’art. Dans un paysage mondial marqué par l’inquiétude, par des inégalités et des profondes blessures, son propos est de montrer comment les artistes, penseurs, écrivains, compositeurs et chorégraphes peuvent répondre, s’exprimer, pour donner un sens à la tourmente actuelle (1). Sur le thème « All the World’s Futures», l’Exposition Internationale d’Art se veut un lieu de dialogue ouvert, d’interactions entre les artistes et les spectateurs, à travers une multitude de disciplines. Cent cinquante-neuf œuvres ont été réalisées spécialement pour le projet et seront à découvrir et à vivre dans les Giardini et à l’Arsenal dès le 9 mai. L’édition 2015 accueillera 89 participants – dont dix nouveaux – répartis dans les pavillons des Giardini, à l’Arsenal et dans la ville ; 136 artistes parmi lesquels 88 y exposeront pour la première fois ainsi que 44 événements collatéraux.

« PERSONNE ET LES AUTRES »

L’artiste Vincent Meessen (Baltimore 1971, vit à Bruxelles) représente la Belgique avec une exposition collective intitulée « Personne et les autres » (2). Le travail de Vincent Meessen et des artistes invités est lié, depuis de nombreuses années, à la question de la modernité coloniale. Le propos de « Personne et les autres » met en lumière l’héritage artistique, culturel et intellectuel né des échanges entre l’Europe et l’Afrique coloniale et récuse, par là-même, le concept euro-centrique de la modernité.

Le point de départ de l’exposition est l’histoire du pavillon belge et le contexte international de la Biennale. Au cœur du concept, une nouvelle œuvre de Vincent Meessen, enregistrée à Kinshasa, aborde la participation méconnue des intellectuels congolais au sein de l’avant-garde internationale des années soixante. Une chanson inédite contestataire écrite en 1968 par M’Belolo Ya M’Piku, ancien étudiant situationniste, est réinterprétée de manière filmique et musicale.

L’exposition est à la fois poétique, politique, discursive et visuelle. Elle a été conçue en étroite collaboration avec Katerina Gregos, commissaire installée à Bruxelles.

Pratiques : la 56e Biennale d’Art de Venise se tient du 9 mai au 22 novembre 2015.

  • labiennale.org (1)
  • belgianpavillon.be (2)

 

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Quel lien entre art et entreprise ?

Le 28 mai 2015

L’art se retrouve aujourd’hui au cœur de la stratégie d’un bon nombre d’entreprises. Associé à une gestion performante, il permet de combiner le tangible et le sensible, le réel et l’imaginaire, les chiffres et l’émotion, la performance et le plaisir.

L’entreprise intelligente est à l’écoute du monde, elle anticipe ses mutations et saisit les opportunités du marché offertes par ses transformations. En ce du début du XXIe siècle, elle intègre désormais les enjeux environnementaux, la conscience citoyenne et la culture. Précisément, certaines d’entre elles, préoccupées par leur positionnement, ont perçu dans l’art un vecteur de communication grâce auquel elles peuvent s’inscrire dans des horizons nouveaux. Ainsi, les relations entre l’art et l’entreprise se sont développées et spécialisées sous différentes formes : collection, fondation, mécénat, philanthropie, partenariat, commande spécifique…

Chaque collection d’entreprise a sa propre histoire mais le plus souvent, la démarche de création d’une collection émane de la volonté d’un dirigeant. Aussi, le devenir de ces collections, à moins qu’elles ne soient organisées en fondation, n’est jamais acquis. Elles sont susceptibles d’être vendues au gré d’un changement de direction ou d’une fluctuation économique. Si ces collections sont souvent considérées par le public comme des fonds d’investissement, on observe que leur ambition est assez éloignée de la finance ou du marketing. Elles sont avant tout un vecteur de communication interne et externe des valeurs défendues par l’entreprise.

UN VECTEUR FEDERATEUR

Le Groupe Lhoist, premier producteur mondial de chaux et de dolomie, s’est constitué, depuis trente ans, une importante collection d’art contemporain dont les axes sont la photographie et la sculpture. L’art fait partie intégrante de la stratégie globale à long terme de l’entreprise dans laquelle l’humain a une place centrale. Si la richesse et la créativité qui émanent de la diversité des trente nationalités employées de par le monde par le groupe sont des facteurs de richesse, il était important de fédérer les différences autour de valeurs communes, valeurs qui sont ici explicitement véhiculées par la collection. L’art permet de regarder le monde d’une façon différente, il stimule la créativité et l’innovation pour être un acteur du progrès. Ainsi, les collaborateurs côtoient chaque jour les œuvres de la collection installées dans les espaces communs de l’entreprise. Ils sont également invités à choisir une œuvre pour leur espace de travail propre.

UNE VITRINE NATIONALE

Certaines entreprises misent sur le patrimoine artistique national. C’est le cas de la Banque Nationale de Belgique qui défend la scène artistique contemporaine belge en acquérant, depuis 1972, des œuvres d’artistes belges ou vivant en Belgique. Disposant de plus de 1.800 œuvres, la Banque Nationale s’engage à promouvoir la création artistique belge en prêtant régulièrement des œuvres de sa collection pour des expositions tant en Belgique qu’à l’étranger.

LA FONDATION D’ENTREPRISE

En France, la politique de mécénat de la maison Hermès s’est institutionnalisée en 2008, sous l’impulsion de son directeur artistique Pierre-Alexis Dumas, par la création de la Fondation d’Entreprise Hermès. Avec la vocation de « construire le monde d’aujourd’hui et inventer celui de demain », la Fondation agit dans les domaines de la création, de l’éducation et de l’environnement selon deux grands axes: savoir-faire et création et,  savoir-faire et transmission. La culture et l’art y tiennent une place prépondérante. Ainsi, des artistes connus ou émergents sont invités à créer une œuvre in-situ pour un des six espaces d’exposition – comme « La Verrière » à Bruxelles – ou encore à résider au sein même des ateliers pour y réaliser une œuvre en bénéficiant du savoir-faire des artisans. Le retour de ces actions de mécénat n’a bien entendu aucun objectif financier mais l’entreprise se trouve enrichie sur le plan humain. En février 2009, la Fondation d’Entreprise Hermès a été nommée Grand Mécène par l’Etat français pour son soutien à la création contemporaine, à la préservation et à la transmission des métiers d’art.

PASSER COMMANDE AUX ARTISTES

Créée en 1984 sur une suggestion de l’artiste César, et installée dix ans plus tard à Paris dans un bâtiment de verre et de métal réalisé par Jean Nouvel, la Fondation Cartier promeut et soutient l’art contemporain international. Elle organise des expositions et des événements culturels d’envergure mais se distingue surtout par les commandes régulières qu’elle passe aux artistes. Ainsi, la Fondation Cartier permet aux artistes de réaliser une œuvre, une série d’œuvres ou une exposition tout entière, dans les domaines aussi variés que la photographie ou la sculpture monumentale. La collection, quant à elle, compte plus de 1.000 œuvres qui sont régulièrement montrées au public dans l’espace du Boulevard Raspail ou à l’étranger.

La Belgique compte de très riches collections d’entreprise mais celles-ci ne sont pas ou peu ouvertes au public. De fait, elles n’ont pas vocation de musée et les bâtiments qui les abritent ne sont pas adaptés pour recevoir le public. Néanmoins, les pouvoirs politiques se penchent sur la question de la visibilité des collections d’entreprises publiques et d’organismes d’intérêt public. Le projet vise à demander à ces entreprises de réaliser un inventaire de leur patrimoine artistique et culturel et d’en assurer la visibilité au public par des partenariats avec des musées ou en organisant des expositions.

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Le Neuvième Art aux enchères

Le 29 avril 2015

Depuis quelques années, le Neuvième Art tient une place de choix dans le monde des ventes aux enchères et les prix atteints par certains créateurs montrent bien la vitalité de ce marché qui n’a de cesse de s’étendre et de se consolider. Aussi, si l’on parle de sommes importantes pour certaines planches, on reste éloigné des prix réalisés par l’art contemporain.

Le marché de la bande dessinée est un marché de connaisseurs passionnés. Ses collectionneurs appartiennent à une génération qui a grandi avec les héros des albums qu’ils ont lus dans leur enfance et leur adolescence, et l’aspect nostalgie n’est pas très éloigné de leur engouement. Aujourd’hui, les premières collections, constituées dans les années ’70 et ’80, arrivent sur le marché et les pièces importantes entrent dans de plus jeunes collections, sans intention d’en sortir rapidement. En effet, s’il y a beaucoup de dessins dans cette catégorie d’art, les pièces majeures sont peu nombreuses, jalousement gardées et on peut dès lors penser que l’effet bulle restera à distance.

En Europe, c’est avant tout un marché francophone, présent surtout en Belgique, en France et en Suisse. Les Pays-Bas sont également de la partie, bénéficiant des albums traduits en néerlandais.

C’est à la maison française Artcurial que revient la première place du marché. Celle-ci organise des ventes dédiées à la bande dessinée depuis 2005 et en est le leader mondial. En avril 2014, elle a pulvérisé le record pour une vente aux enchères dans cette spécialité avec un montant total de 7,3 millions d’euros échangés sur deux jours.

Les maisons internationales se sont aussi mises au Neuvième Art et ont donné une visibilité encore plus grande à ce marché. Sotheby’s avait déjà tenté l’expérience en 2012 mais la vente avait été décevante, n’atteignant que 600.000 euros et se soldant par beaucoup d’invendus. Néanmoins, en mars de cette année, les planches et les dessins rassemblés ont réalisé plus de 3,8 millions d’euros, se rapprochant ainsi du très beau résultat obtenu par Christie’s pour sa première vente en avril 2014.

Pour chacune de ces ventes, un catalogue de grande qualité et très bien documenté est publié. On y trouve des dessins originaux, des couvertures d’albums, des planches, des crayonnés, des albums, des illustrations et également des objets. Il y a les auteurs classiques tels Hergé, Uderzo, Franquin, … et les plus contemporains comme Moebius, Tardi, Pratt, Schuiten, Sfar…

Tintin est la star du marché. Il faut dire que le plus célèbre des reporters, est connu de plusieurs générations de lecteurs et qu’il reste aujourd’hui encore très moderne. Ainsi, après avoir établi un record en 2012 pour la couverture des aventures de « Tintin en Amérique », adjugé à 1,3 million d’euros, Artcurial a vendu le dessin original de la double page de garde qui allait figurer dans les albums de Tintin de 1937 à 1958, estimée entre 700.000 à 900 .000 euros pour un montant de 2,519 millions d ‘euros, hissant la cote d’Hergé au rang de celle des grands artistes du XXème siècle.

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Pourquoi la TEFAF reste incontournable

Le 30 mars 2015

La foire internationale d’art de Maastricht, qui vient de refermer ses portes, a d’abord été un « modeste » salon d’art biannuel spécialisé en tableaux anciens et en sculptures médiévales. Treize ans plus tard, en 1988, la TEFAF – The European Fine Art Fair – est créée et s’installe dans le centre d’exposition MECC (Maastricht Exhibition & Congress Centre) avec nonante-sept exposants. Elle reçoit cette année-là 17.672 visiteurs, dans l’espace qu’elle occupe depuis lors, chaque année, au mois de mars.

La Foire de Maastricht est la plus prestigieuse et la plus importante foire d’art et d’antiquité au monde. Pendant les dix jours que se tient la manifestation, les plus grands marchands exposent les pièces qu’ils ont réservées spécialement pour les collectionneurs venus des cinq continents.

Une sélection drastique

La TEFAF est une réussite par son modèle et sa qualité. Sa force tient à son organisation et à ses règles strictes. Les galeries participantes sont sélectionnées de manière drastique par un comité et, avant l’ouverture de la foire, des experts spécialisés passent en revue les pièces présentées par les marchands pour assurer leur authenticité, leur qualité et leur état. De quoi rassurer les amateurs et les collectionneurs qui sont aussi des connaisseurs pointus. De la sorte, ces derniers sont fidèles à la foire, reviennent chaque année et restent souvent plusieurs jours.

Depuis 1975, la TEFAF n’a cessé de se renouveler en s’ouvrant à de nouvelles catégories d’art. Ainsi, en 1991, la section moderne est créée et l’année suivante celle de la haute joaillerie. Ce sont alors 35.000 personnes qui parcourent les allées de la MECC. Entreront ensuite d’autres spécialités et, en 2001, deux-cent exposants accueillent 76.044 visiteurs. Aujourd’hui, la foire est divisée en quatre grandes sections : les tableaux de maitres anciens, les antiquités, l’art moderne et le design. Un étage complémentaire est dédié aux œuvres sur papier.

Pour sa 28e édition, la TEFAF qui s’est tenue du 13 au 22 mars 2015, a accueilli 280 exposants sur 30.000 mètres carrés et quelque 75.000 visiteurs. La section de tableaux anciens était représentée par soixante galeries, celle des antiquités par cent-huit. Si l’art moderne classique est devenu un des points forts de la manifestation, l’art contemporain est également présent – en tout cinquante et une galerie pour l’art des XXe et XXIe siècle. Cette année, un nouveau projet, mené par l’écrivain et collectionneuse Sidney Picasso a mis à l’honneur, sous le titre de « Night Fishing », la sculpture contemporaine avec dix galeries et dix artistes, de manière à jeter des ponts avec l’art plus traditionnel de la foire. Le design était également au rendez-vous avec dix marchands et la surprise créée par le stand de mobilier shaker à l’esthétique austère, qui ouvre clairement à un nouveau marché.

La Belgique, quant à elle, était représentée dans différentes catégories par les galeries Patrick Derom, Berko Fine Arts, Didier Claes, Epoque Fine Jewels, Marcel Nies, Xeno X, Francis Janssens van der Maelen. Dans la section « Showcase » dédiée aux galeries émergentes, le galeriste belge Eric Gillis s’est vu offert sa participation à la foire pour la qualité de son travail.

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Marché de l’art 2014 : le bilan en quelques chiffres

Le 26 février 2015

C’est un fait, le marché de l’art ne cesse de croître et 2014 a supplanté 2013 en termes de valeur globale de ventes, avec les Etats-Unis comme centre névralgique. Dans ce paysage, les deux grandes maisons de ventes anglo-saxonnes, Christie’s et Sotheby’s, détiennent à elles-seules 40 % du marché.

Les chiffres qui sont publiés annuellement ne reflètent que la partie visible du marché. Ils ne tiennent pas compte des transactions faites par les galeries et les marchands qui, bien entendu, ne publient pas leurs résultats. D’après le TEFAF Art Market Report 2014, ceci représenterait 53 % de la totalité des transactions. Aussi, les chiffres rendus par les grandes plateformes telles Artnet, Artprice, Mei Moses,… ont un caractère imparfait, les données collectées pouvant l’être de manière incomplète. De plus, les salles de vente ne publient pas toujours leurs résultats avec les mêmes critères.

Il n’en reste pas moins qu’ils sont un excellent indicateur.

Les places fortes.

D’après la base de données Artnet, le montant global des ventes aux enchères d’oeuvres d’art en 2014 est de 16,1 milliards de dollars. Le marché de l’art aura donc connu une augmentation de 12,1 % par rapport à l’année précédente. Les Etats-Unis (5,8 milliards de dollars) et l’Angleterre (3,4 milliards de dollars), respectivement en première et troisième places, ont connu une croissance de 20,1 % et 35,3 % depuis 2013. La Chine (4,3 milliards de dollars) quant à elle, garde la seconde place mais a néanmoins subi une baisse de 4,8 %, ce qui ne veut pas dire que les collectionneurs chinois achètent moins mais qu’ils achètent aujourd’hui de manière plus internationale. La France suit avec un total de 698 millions de dollars.

Le nombre de lots vendus sur le marché n’a lui augmenté que de 0,5 %. Si l’on compare ceci au 12,1% d’augmentation du marché total, cela signifie que l’on a vendu plus d’œuvres de grande valeur. En effet le nombre de pièces négociées au-delà du million de dollars a augmenté de 10,8%. Dans notre monde globalisé, l’art tient en appétit une clientèle grandissante en quête d’achats. Certains collectionneurs sont en attente de pièces de grande qualité et ont les moyens de la surenchère. De fait, en 2014, 139 lots ont été vendus aux enchères au-delà de 10 millions de dollars et représentent à eux seuls 21,7 % du marché.

Une vente record ! Cette année encore, c’est l’art d’après-guerre et contemporain qui a tiré le marché vers le haut. La maison de ventes Christie’s a réalisé, en novembre dernier à New York, la vente la plus chère jamais connue en dispersant 75 œuvres pour un montant de 852,9 millions de dollars. Vingt lots y étaient proposés avec des estimations basses supérieures à 10 millions de dollars, et la vente a enregistré 15 records pour des artistes des XXe et XXIe siècles.

En terme d’œuvre record, Chariot, la sculpture en bronze conçue par Alberto Giacometti en 1950 est l’œuvre la plus chère vendue aux enchères en 2014. C’est sous le marteau de Sotheby’s à New York que l’œuvre du sculpteur suisse a été acquise pour 101 millions de dollars par un collectionneur américain.

Certains artistes sont plus recherchés que d’autres et il est intéressant de noter que dix noms seulement ont réalisé 19,4 % du marché : Andy Warhol, Pablo Picasso, Francis Bacon, Gerhard Richter, Mark Rothko, Qi Baishi, Claude Monet, Zhang Daqian, Alberto Giacometti et Jean-Michel Basquiat. A suivre …

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Le marché de l’art, origines et développements

Le 13 janvier 2015

L’art a d’abord été rituel, politique et non marchand

L’Homo Sapiens a recouvert les murs de ses cavernes d’extraordinaires peintures à caractère magique. Plus tard, les temples, autels et tombes de l’Antiquité regorgeaient d’images de dieux commandés à des artistes-artisans, porte-paroles des puissances célestes. Tout au plus, circulaient dans les cargaisons des marchands, des figurines de divinités à l’usage des croyants. Les puissants rois, empereurs, pharaons remplissaient des salles de trésors, signes de leur pouvoir politique. Mais ce n’est vraiment qu’avec l’avènement de Rome que l’on vit apparaître les premières collections d’art privées.

Celles-ci furent d’abord constituées des butins de guerre, permettant à la classe régnante du puissant Empire en expansion, de faire vitrine de ses conquêtes. Au contact de ces œuvres et objets d’art, un goût va s’éduquer, une demande se créer et un commerce s’organiser. Les siècles qui suivent la chute de l’Empire romain furent dédiés à la mise en place de l’église chrétienne qui commanda directement aux artistes et ateliers ses images « promotionnelles ».

A partir de la Renaissance, les artistes s’affranchirent des patrons de l’Eglise et des corporations pour se vendre auprès de riches commanditaires, en direct ou par le biais d’intermédiaires et de marchands qui se spécialisaient dans le domaine des arts et objets de curiosités. Dans toute l’Europe, cours royales, aristocratie, banquiers, riches marchands et bourgeoisie vont constituer des collections extraordinaires qui circuleront, par la force des choses, en tout ou en partie, sur le marché.

Le marché des œuvres d’art va s’organiser différemment d’un pays à l’autre.

En France, à côté des marchands d’art, les ventes publiques ont été régies par l’Etat. En 1556, Henri II met en place la charge d’huissier-priseur, officier d’état seul habilité à faire des ventes publiques (Le monopole de cette charge ne sera aboli qu’en 2001 avec l’harmonisation des lois européennes, suite à une plainte déposée par Sotheby’s).

Ces commissaires-priseurs vont dès le XVIIIe siècle, s’entourer d’experts. Le nombre de tableaux arrivant sur le marché au fil du temps augmentant (successions, faillites,… ), il était devenu important de faire le tri dans les attributions pour s’assurer la confiance des acheteurs et garantir un profit. La France comme centre artistique a organisé son négoce d’art et a fait de Paris, au même titre que Londres, mais dans un autre esprit, l’autre place importante du marché en Europe. Après la seconde guerre mondiale, elle a laissé sa première place aux Etats-Unis.

Aux Pays-Bas, dès le XVIe siècle, le libre marché a été privilégié avec succès. A l’époque du « Siècle d’Or », le pays est riche par son commerce et les personnes fortunées vont investir dans l’art, faute de terre à occuper. Aussi, la position de l’église calviniste par rapport aux images a obligé les peintres à trouver une nouvelle clientèle à qui ils vont offrir un répertoire d’œuvres élargi aux paysages, scènes de genre, portraits, scène mythologiques, … Si ces œuvres peuvent s’acheter directement dans les ateliers ou auprès des négociants spécialisés, les transactions s’effectuent également en « boutique », aux enchères ou au cours de loteries. Le marché répond ici exactement à la demande croissante des amateurs. La réputation des artistes hollandais fit le tour de l’Europe et leurs œuvres s’exportèrent en nombre.

Il est naturel dans l’éducation de la noblesse anglaise de voyager, de se cultiver et de constituer ses propres collections dans des domaines variés. A la fin du XVIIe siècle, après les années Cromwell interdisant l’importation d’œuvres d’art, l’Angleterre, soutenue par une économie grandissante, va se positionner en leader du marché de l’art. La première maison de ventes aux enchères à ouvrir à Londres sera Sotheby’s, en 1744 avec une vente de livres. Quelques vingt ans plus tard, James Christie, quant à lui, se lança dans les ventes de tableaux et de meubles. Très vite, il comprit le potentiel social de l’art et fera de sa salle de vente un haut lieu de rencontres et d’échanges artistiques, culturels et intellectuels, élevant d’un supplément d’âme la valeur usuelle ou décorative des objets d’art négociés sous son marteau.

La première vente aux enchères connue avait été organisée par les romains en 146 avant Jésus Christ. On y a vendu des pièces d’art prises aux villes grecques et des esclaves. Aujourd’hui, le premier marché en termes de montant total de vente est la Chine, suivie par New York, Londres et Paris. Comme tous les marchés, le marché de l’art est cyclique et dépend des réalités culturelles, sociales, géopolitiques et économiques de chaque pays dans la perspective d’un monde globalisé en perpétuel changement.

Sources : Dirk Boll. Art for Sale. Hatje Cantz. 2011.

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Sur les chapeaux de roues!

Le 19 novembre 2014

La voiture de collection lie indubitablement l’investissement au plaisir: plaisir esthétique, plaisir de la performance technique, plaisir nostalgique. De même que pour l’art contemporain, les voitures de collection induisent un style de vie entraînant ses collectionneurs à des événements dédiés, organisés à travers le monde. Tout cela dans un contexte de marché en pleine forme dont on peut espérer dégager quelques plus-values en cas de revente ou, au moins, retrouver sa mise de départ.

L’intérêt pour la collection de voitures remonte à son invention. Dès les années trente, on voit apparaître les premiers clubs de passionnés en Angleterre et en France. Ils se formaliseront dans les années cinquante en clubs de marques et autres ligues automobiles. Les collections jusqu’alors restées discrètes vont se faire connaître, et au cours des décennies suivantes, des musées vont s’ouvrir, une presse spécialisée va voir le jour et un argus va référencer les transactions.

Avec les progrès de l’industrie mécanique, les changements de goût et de style de vie, la pratique de la collection a évolué. Les «Vétérans» ou voitures construites avant 1914 ont perdu de leur intérêt. Il faut dire que ce type d’automobile séduit moins l’actuelle génération d’amateurs, davantage sensible à la vitesse, à la tenue de route, au freinage mordant … Sans compter que ces ancêtres demandent une expertise mécanique très pointue.

Quant aux prestigieuses et élégantes voitures de l’entre-deux-guerres, Bugatti, Delahaye, Delage, Hispano-Suiza, Rolls-Royce et autres Bentley, elles restent le sujet de nombreuses collections d’amateurs fortunés et suscitent toujours beaucoup d’intérêt, notamment lorsque leur ligne est due au crayon d’un grand carrossier, et qu’elles sont « convertibles ».

Mais depuis une quinzaine d’années, la principale tendance se porte sur les voitures de sport et de compétition. Peu importe leur âge si elles font preuve d’authenticité, d’un beau pedigree et qu’elles peuvent se prévaloir d’un riche palmarès. Il peut alors s’agir d’une respectueuse Mercedes 35 HP de 1909 comme d’une «jeune» Matra de 1973. Les marques les plus recherchées restant Ferrari, Aston Martin, Porsche, Maserati, Jaguar, Mercedes.

De manière générale, le haut du pavé est tenu par les voitures des années 50 à 70 acquises par des amateurs qui, enfants, rêvaient de ces modèles. Ainsi, la maison de vente française Artcurial a réalisé des prix importants pour deux mythes de cette époque: une Citroën DS 23 Pallas berline de 1972 a atteint près de 180.000 euros et une 2CV Azam berline de 1965, 60.000 euros.

Aujourd’hui, la génération des quadragénaires s’intéresse aux modèles de voiture plus récents. Ces « youngtimers », bien que trop jeunes pour être reconnus comme voitures de collection, rencontrent un engouement croissant car elles autorisent leur propriétaire, pour un budget raisonnable, à lier le plaisir nostalgique à l’usage quotidien.

Toutes les voitures anciennes ne seront pas éligibles dans la catégorie « collection ». Ainsi, la cote des automobiles de collection repose sur plusieurs critères et est assez bien circonscrite: la marque, la rareté, la provenance, l’authenticité, le « matching numbers », l’état, la couleur, la sellerie, le kilométrage.

Comme pour le marché de l’art, il est délicat de relayer les indices calculés pour ce type de marché dans l’optique de les comparer aux indices boursiers. En effet, ceux-ci ne tiennent pas compte de la nature même de ce marché et faussent la compréhension que l’on peut en avoir. Il est préférable de parler de résultats de vente et de montants globaux de transactions qui sont des indications plus tangibles. En 2013, selon une étude britannique, le marché mondial de la voiture de collection représentait un montant global de transactions de 55 milliards de dollars, soit cent fois plus qu’il y a une quinzaine d’années.

L’été dernier, la maison anglaise Bonhams a vendu, à Carmel en Californie, la voiture la plus chère jamais négociée aux enchères pour 38.115.000 dollars. Il s’agit d’une Ferrari 250 GTO Berlinetta de 1962. Tous les ingrédients étaient réunis pour cette première place sur le podium des ventes. Une voiture rare car seuls 39 exemplaires ont été construits et la plupart sont dans les mains d’heureux collectionneurs; un pedigree prestigieux de par son histoire, ses propriétaires et son palmarès et; enfin, une voiture performante, authentique et dans un très bel état.

Néanmoins, on peut observer que le marché de la voiture de collection, comme tous les marchés, connaît des évolutions et des fluctuations. Le boom d’aujourd’hui répond à l’offre et à la demande et suit la courbe croissante du nombre des milliardaires dans le monde. De plus, la hausse des prix pour les voitures prestigieuses s’autoalimente, bénéficiant d’un préjugé favorable auprès de ces nouveaux investisseurs internationaux en provenance des Etats-Unis, du Moyen-Orient ou des pays de l’Est. La Chine, quant à elle, n’est pas encore entrée dans la danse, n’étant pas autorisée à importer des voitures d’« occasion ». Ce marché devrait donc encore réserver de belles surprises pour l’avenir.

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La ronde des foires d’art contemporain

Le 30 octobre 2014

Les foires jouent un rôle primordial sur le marché de l’art contemporain. Elles sont parmi les grands événements qui jalonnent, chaque année, aux mêmes dates, le calendrier des collectionneurs, galeristes, artistes, institutionnels. Ici, ceux qui comptent parmi les plus influents du monde de l’art se rencontrent, échangent, avisent. L’art s’y montre, circule, le marché vit, fait parler de lui, focalise les médias, attirant un nombre toujours grandissant d’amateurs venus découvrir l’actualité artistique et les tendances du marché.

Certaines de ces foires, qui sont, d’essence, à vocation commerciale, ont même gagné aujourd’hui le label d’événement culturel majeur au vu de la qualité de ce qui est proposé. C’est le cas de la foire de Bâle où argent et culture se marient sans complexe.

Si les galeries les plus importantes donnent le ton, ces foires sont aussi une vitrine pour les jeunes artistes présentés par des jeunes galeries triées sur le volet. En effet, n’est pas élu qui veut dans ces temples de l’art contemporain. Il faut répondre à certains critères et passer devant un comité de sélection chapeauté par un directeur artistique. Ceci a pour objectif de garantir de la cohérence et un certain niveau de qualité à l’événement. Autour de ces grandes foires, d’autres, profitant de l’appel médiatique, ont vu le jour. Certaines complices avec leur mère comme la foire « OFF »(icielle) de la FIAC, d’autres, satellites indépendants, ouvrent l’offre à de l’art plus abordable en prix tout en étant également régies par des critères de sélection (ceux-ci confortant exposants et visiteurs sur le long terme).

Une foire est une merveilleuse opportunité pour un galeriste car ici le désir de consommer de l’art est concentré en termes de qualité d’offre et titillé par un ensemble d’événements annexes sur une période de temps très limitée. Le revers de ceci est que l’attention du public et des médias s’est sensiblement éloignée des activités régulières des galeries. Elles sont aujourd’hui obligées de s’y inscrire, et souvent à grand frais, ces manifestations étant devenues incontournables pour leur assurer visibilité et légitimité.

C’est dans les années soixante que les foires d’art contemporain ont commencé à voir le jour. Art Cologne s’est crée en 1967, Art Basel deux ans plus tard. A Paris, la Foire Internationale d’Art Contemporain – la FIAC – s’est établie à partir de 1974. Art Brussels fêtera son 33e anniversaire l’année prochaine. A Londres, Frieze Art Fair, organisée par le magazine du même nom, est née en 2003.

On pourrait aisément dressé une carte géographique de la richesse du monde en épinglant les lieux investis par les foires d’art contemporain. D’une part, la renommée et le modèle de certaines d’entre-elles ont donné naissance à une duplication de leur marque, au même titre d’ailleurs que certains musées créent des pôles en dehors de leur territoire. Ainsi, Art Basel s’est exporté en heureux conquérant de l’Amérique du Nord, réunissant chaque hiver depuis 2002, ce que le monde de l’art compte de plus international sur les plages de Miami, avec Art Basel Miami, et la FIAC elle-même prépare son installation à Los Angeles pour 2015.

D’autre part, les pays émergents se sont inscrits dans le circuit de l’art contemporain, créant chacun leur propre marque à Moscou, Istanbul, Dubaï, Hong Kong, Shanghai, Sao Paulo ou Rio pour ne parler que d’eux.

Si ces foires s’adressent d’abord à leurs compatriotes, elles suscitent également l’intérêt des collectionneurs et des galeries hors frontières en quête de nouveautés et animés par une vision transversale du monde que seul l’art semble offrir.

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Le marché de l’art contemporain,  « bulle ou pas bulle » ?

Le 17 septembre 2014

Des résultats toujours en hausse.

Partie visible du marché de l’art, les ventes aux enchères en sont le baromètre. Si le marché impressionniste et moderne était la valeur étalon dans les années ‘80 et ‘90, le XXIème siècle a conduit l’art d’après-guerre et contemporain sur la plus haute marche des records d’enchères. À chaque nouvelle saison de ventes, des montants toujours plus impressionnants sont déboursés et il est légitime de se demander si ce marché a atteint son sommet, s’il va continuer à se dépasser ou s’il va retomber comme un soufflé.

En novembre dernier, l’appétit des collectionneurs avait été aiguisé par la vente historique, orchestrée par Christie’s, au cours de laquelle le triptyque de Francis Bacon, « Three Studies of Lucian Freud », s’était échangé pour 142,4 millions de dollars, raflant ainsi la place d’œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères au « Cri » d’Edvard Munch, qui avait réalisé 119,9 millions de dollars, l’année précédente, chez Sotheby’s.

L’année 2013 s’était profilée comme une année record pour le marché de l’art, atteignant 12,17 milliards de dollars. Avec un résultat supérieur de plus d’un milliard de dollars par rapport à la même période en 2013, le premier semestre 2014 semble confirmer l’effervescence de ce marché.

Des prix à la mesure d’un marché planétaire.

Si les collectionneurs américains et européens sont toujours très présents, ce marché est boosté par la concurrence des acheteurs en provenance d’Asie, des anciennes républiques soviétiques, d’Inde, d’Amérique Latine et du Moyen-Orient. Ces collectionneurs fortunés font monter les enchères en fonction de leurs moyens et surenchérissent aujourd’hui sur les grands noms de l’art occidental, mondialisation oblige. C’est à cette classe de collectionneurs que revient le marché des pièces exceptionnelles. Les œuvres plus courantes quant à elles profitent de cette dynamique.

L’art d’après-guerre et l’art contemporain.

L’intérêt pour l’art d’après-guerre et pour l’art contemporain apparaît somme toute assez logique, l’accès aux chefs d’œuvres de l’art impressionniste et de l’art moderne s’étant fortement tari. L’art d’après-guerre, a pris progressivement le statut de « nouveau classique » et des valeurs sûres s’en sont dégagées.  On voit arriver sur le marché des pièces majeures en provenance de collections privées, cédées par une génération de collectionneurs se séparant aujourd’hui « naturellement » d’œuvres acquises en leur temps.

L’art contemporain, quant à lui, s’inscrit dans un vrai mode de vie. Ses passionnés souhaitant se reconnaître et participer à la conquête de l’époque à laquelle ils appartiennent, organisent leurs agendas en fonction des foires, des biennales, des grandes ventes et des expositions. S’il est source de découvertes, de plaisir, de voyages, de rencontres, l’art contemporain est aussi un investissement financier et peut même s’avérer être un bon investissement à condition toutefois que les artistes retenus ne soient pas sujets aux effets de mode qui feront fluctuer leur cote, voire les faire disparaître de la scène.

Bacon, Rothko, Warhol, Lichtenstein, Richter, pour ne citer qu’eux, sont des noms que l’histoire et le marché retiendront, tout le monde s’entend aujourd’hui pour le dire. Si on reconnaît en Basquiat un artiste majeur qui a ouvert des portes aux générations qui l’ont suivi, y aurait-il encore un petit doute à lever face à Jeff Koens alors qu’il est un des artistes phare les plus créatifs des années ’80 – ’90 ?

Une vue à court terme ? Pas si sûr.

D’expérience, les salles de ventes, marquées par la crise de 2008, se sont adaptées pour contrer l’effet bulle. Afin de redonner confiance aux acheteurs et aux vendeurs, elles ont revu leur stratégie : leurs ventes sont devenues plus sélectives, les œuvres proposées de meilleure qualité, leurs estimations bien plus réalistes et elles proposent également de plus en plus de ventes privées. D’autre part, l’accès aux informations sur les prix et les transactions, facilité par Internet, a rendu le marché plus transparent et donc plus attractif. Aussi, le nombre croissant de nouveaux clients par le fait de la mondialisation a rendu le marché très large et très global. Enfin, les collectionneurs eux-mêmes sont mieux avisés, plus investis dans leurs choix ou encore savent s’entourer de bons conseillés.

Le contexte mondial actuel, la remise en cause des salles de ventes, l’évolution des législations et les progrès d’Internet sont des éléments qui tendraient à penser que le marché de l’art est stable et solide. De fait, les prix réalisés ces quatre dernières années n’ont pas découragé les acheteurs, et ont stimulé les vendeurs à se défaire d’œuvres majeures et fraîches sur le marché.

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