Investissements socialement responsables, comment s’y retrouver ?

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L’investissement socialement responsable est apparu en France dans les années 80. Essentiellement basée sur une politique d’exclusion, cette approche a évolué. Dans les années 2000, c’est l’approche Best in Class qui prévalait. A partir de 2010, le choix des valeurs en portefeuille s’est fait sur base d’une politique de conviction. Aujourd’hui, tous les gestionnaires de fonds développent une offre en ISR (investissement socialement responsable). Ce développement s’est parfois fait grâce à une conversion massive de fonds traditionnels en fonds ISR. Entre les opérations de marketing et le greenwashing, difficile pour les investisseurs de dénouer le vrai du faux.

Trois questions

  • Pour s’y retrouver, Léa Dunand-Chatelet, responsable ISR chez DNCA propose d’interpeller les gestionnaires de fonds ISR sur base de trois questions. Il serait faux de croire que toutes les sociétés de gestion pratiquent la même méthodologie. « Si j’interpelle un gestionnaire sur la présence d’une valeur en portefeuille, il doit être capable de m’envoyer l’analyse qu’il a faite sur cette valeur. Il doit pouvoir le faire dans la journée. S’il n’est pas capable de le faire, c’est plutôt mauvais signe», constate Léa Dunand-Chatelet.
  • Le site de l’émetteur des fonds reprend-il l’intégralité du portefeuille ? En général, seules les 10 premières positions sont reprises. Pour obtenir une véritable transparence, toutes les positions du portefeuille doivent être disponibles.
  • Ensuite, l’investisseur doit pouvoir avoir accès sur le site au reporting final concernant les valeurs en portefeuille. Ce reporting reprend les engagements de responsabilité et de durabilité des sociétés qui peuvent se mesurer. Les entreprises prennent des engagements et agissent dans ce sens (réduction de l’empreinte carbone de leurs activités par exemple). Elles communiquent également sur leurs progrès réalisés notamment au travers de reportings.

Les labels

  • Mon fonds dispose d’un label, cela garantit-il son caractère durable ? C’est malheureusement faux. « La labellisation ISR impose des critères ESG dans la gestion des fonds, néanmoins peu de sociétés de gestion communiquent de façon publique, exhaustive et régulière sur leurs modèles d’analyse ESG ou la composition de leurs portefeuilles ISR. Tous les labels ne se valent pas. Le nouveau label belge initié par la fédération du secteur financier belge, Febelfin, est le plus exigeant. Les labels luxembourgeois le sont moins. D’autres labels européens sont surtout centrés sur des exigences environnementales, » précise Léa Dunand-Chatelet.
  • Si une société de gestion n’a pas un label précis pour ses fonds ISR, qu’est-ce que cela signifie ? Il se peut que la maison de gestion n’ait pas demandé le label. En effet, certains gestionnaires estiment que certains labels ne vont pas assez loin, ne sont pas assez exigeants. Ils ont parfois demandé et obtenu d’autres labels. Il se peut aussi que le fonds n’ait pas encore été validé. En effet, la procédure de validation peut parfois être assez longue et complexe. Si un produit de placement ne bénéficie pas de label, il y a donc lieu de s’enquérir de la raison de cette absence. Il faut également pouvoir poser un œil critique sur la réponse donnée.

Le vrai du faux

Certaines idées préconçues circulent concernant les produits ISR.

  • On pourrait ainsi penser que les sociétés pétrolières ne peuvent pas intégrer un portefeuille durable. «Or, certaines de ces sociétés font partie de l’univers d’investissement de ces fonds. En effet, une entreprise comme Total, par exemple, est un acteur de la transition durable. Elle œuvre notamment au développement de solutions énergétiques alternatives ». C’est à chaque investisseur de se positionner sur la présence ou non de certains secteurs dans son portefeuille ISR.
  • Certains pensent que l’ISR n’a pas d’effet réel sur la société. « C’est faux. L’ISR permet de contribuer à financer un ou plusieurs des grands enjeux de la transition durable (démographique, médicale, économique, mode de vie, écologique). Il le fait avec un impact fondamental sur l’évolution de la société aujourd’hui et demain. De plus, l’essor de l’ISR donne raison aux entreprises qui investissent à la fois leurs ressources humaines et financières, pour développer ou transformer leurs modèles économiques de façon responsable et pérenne », ajoute cette gestionnaire.

Aujourd’hui, dans un environnement dans lequel l’offre ISR abonde, il convient donc d’ouvrir l’œil et d’oser poser les bonnes questions.

Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez aussi sur MoneyStore les articles suivants :

Comment choisir un fonds ISR ?

Comment mesurer la durabilité d’un fonds ?

A quoi faut-il être attentifs quand on investit dans un fonds durable ?


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