Perspectives d’investissement 2020 : Équilibrer les risques, renforcer la résilience (Partie 1)

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Par Vincent Juvyns, Global Market Strategist chez JP Morgan AM

A quelle étape du cycle nous trouvons-nous ?

Une opinion en matière d’allocation d’actifs est souvent fondée sur une évaluation de l’étape du cycle. En début de cycle, les valorisations sont bon marché, les politiques sont accommodantes et l’économie dispose d’une ample capacité inutilisée pour lui permettre de croître. Le moment se prête généralement à la prise de risques. À l’inverse, la fin de cycle est généralement un moment opportun pour engranger ses gains. Lorsque l’économie montre des signes d’emballement ou de surchauffe, la hausse des taux d’intérêt y met habituellement un terme.

Il s’avère beaucoup plus difficile de s’adapter aux fluctuations des marchés de nos jours sur la base d’une évaluation du cycle. Le scénario reste très flou. Les taux de chômage sont proches des niveaux les plus bas jamais enregistrés dans la plupart des pays développés, ce qui laisse penser que l’économie est en toute fin de cycle. Pourtant, cette dernière affiche très peu d’autres signes d’exubérance propres à une fin de cycle. Les dépenses ne semblent pas au plus haut, ni du côté des entreprises ni du côté des consommateurs. En effet, les consommateurs américains semblent remarquablement prudents : le taux d’épargne, qui chute souvent fortement en fin de cycle, est assez élevé.

Et l’Inflation ne signifie certainement pas que l’expansion de l’économie mondiale a atteint ses limites. À vrai dire, les banques centrales craignent que l’Inflation demeure très faible voire plafonnée. Plutôt que d’essayer de contenir la croissance, les banques centrales se cOncentrent avant tout sur la façon de la stimuler. Il est donc très difficile de dire avec certitude combien de temps il reste avant d’arriver au terme de ce cycle économique.

Une résolution du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, une solution au problème du Brexit et un apaisement des tensions à Hong Kong, au Chili et en Turquie pourraient alimenter un retournement du climat des affaires et une reprise de l’activité en 2020. Dans un contexte d’Inflation modérée, les taux d’intérêt pourraient rester bas, ce qui constitue un environnement favorable aux actifs risqués.

Mais il est plus probable, que le risque géopolitique peRSIste. Le conflit commercial a peu de chances d’être entièrement résolu. Les sondages suggèrent qu’aux yeux de l’électorat américain, le Président a raison de s’attaquer aux pratiques commerciales déloyales, tandis que certains aspects du conflit – comme les subventions de l’État chinois au bénéfice de son secteur technologique – ne semblent pas en mesure de trouver un terrain d’entente. La Chine croit en la politique industrielle, ce qui n’est pas le cas des États-Unis.

Le gouvernement américain semble comprendre qu’il doit trouver le juste équilibre entre le maintien de ses positions et la nécessité de ne pas nuire à la croissance américaine, ce qui explique le ton plus conciliant employé récemment. Les prochains mois nous diront si cette approche plus mesurée contribuera un tant soit peu à renforcer la confiance des entreprises. Les entreprises ont été échaudées et vont sans doute encore hésiter à investir, ce qui devrait limiter le rebond du secteur manufacturier au cours de l’année 2020. Cette réticence semble se répercuter sur les intentions d’embauche.

Si les tensions géopolitiques peRSIstent sans toutefois s’aggraver, nous devrions faire face à un ralentissement plutôt qu’à une stagnation de l’économie. Mais c’est un grand « si ». Notre nouvel indicateur de santé économique met en évidence les indicateurs clés de l’activité économique américaine afin de nous aider à surveiller les risques dans les mois à venir.

Freins aux valorisations et aux marges

Les investisseurs en actifs risqués semblent porter un regard plus optimiste sur le monde. La plupart des marchés ont rebondi par rapport aux replis enregistrés fin 2018 tandis que, dans le même temps, les bénéfices ont stagné dans la plupart des régions. Par conséquent, les valorisations, sur une base cours/bénéfice prévisionnel, sont beaucoup moins favorables qu’elles ne l’étaient début 2019, et les Spreads de crédit se sont considérablement resserrés.

La croissance des bénéfices a-t-elle des chances d’accélérer à nouveau en 2020 ? Probablement pas. Les bénéfices des entreprises devraient se maintenir en 2020 dans la plupart des grandes régions, sans pour autant croître de manière significative. L’un des problèmes majeurs à l’échelle mondiale cOncerne les tensions sur le marché du travail qui font grimper les coûts salariaux, mais les entreprises n’enregistrent encore qu’une faible croissance de leur chiffre d’affaires puisque le pouvoir de fixation des prix reste incertain dans la plupart des secteurs. En conséquence, les marges sont sous pression.

Les risques qui pèsent sur ces perspectives de bénéfices semblent globalement équilibrés. Une recrudescence des tensions commerciales ou des pressions sur les marges pourrait conduire les entreprises à supprimer des emplois, et l’économie mondiale pourrait se dégrader de façon significative. Mais les salaires plus élevés qui ont comprimé les bénéfices en 2019 pourraient à leur tour entraîner une hausse des ventes. La baisse des taux d’intérêt pourrait également contribuer à atténuer les pressions sur les marges et à stimuler les ventes. Ces éléments dissuadent de se montrer trop pessimistes.

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