La récession : Une question de temps !

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Beaucoup de stratégistes estiment que l’économie européenne n’est pas prête d’entrer en récession. Cependant, un autre discours émerge chez certains acteurs du secteur financier. Pour Paul Diggle, Senior Economist, chez Aberdeen Standard Investments Research Institute, la question n’est pas de savoir s’il y aura une récession mais plutôt de savoir quand aura lieu cette récession. De là, trois questions en découlent. Qu’est-ce qui va causer la prochaine récession ? Qu’est-ce qui va se passer durant la prochaine récession ? Que va-t-il se passer après cette récession ?

Causes et prémices

« Si le secteur des services se porte plutôt bien, l’industrie manufacturière est déjà en récession. L’Allemagne est elle aussi, probablement, déjà en récession. Maintenant il faut savoir vers quel type de récession nous allons. Nous dirigeons-nous vers une nouvelle crise financière systémique ? », se demande Paul Diggle lors d’une conférence à Edimbourg. En Allemagne, les PMI ne sont pas bons et l’économie allemande se contracte. En Europe, l’Italie et l’Allemagne sont les pays les plus exposés à une récession en raison de la contraction de leur cycle industriel. C’est donc la faiblesse et la divergence des PMI industriels par rapport aux services qui vont tirer les services vers le bas. « Dans une économie à faible croissance, il faut se dire que la récession est toujours au coin de la rue », ajoute Paul Diggle.  Une autre cause d’inquiétude est pointée par cet économiste : la situation des dettes publiques en Europe. « La combinaison d’une croissance faible et de dettes publiques importantes pourrait nous conduire à une crise systémique », prévient cet économiste.

Pendant la récession

Les divergences économiques engendrent la fragmentation politique. En raison d’une architecture économique et politique incomplète, les taux de chômage de la zone euro divergent sensiblement en période de récession. Malgré la politique monétaire accommodante et les taux bas, l’économie européenne n’a pas vraiment décollé. « La déflation pourrait devenir endémique.Du côté des politiques à mettre en œuvre, nous ne sommes pas au bout de nos peines.Le bilan de la BCE continuera son expansion. La Banque centrale va devoir accroître ses instruments non conventionnels. Du côté de la fiscalité, on va aussi devoir prendre des mesures qui relèvent, quant à elles, de la sphère politique», ajoute Paul Diggle.

Et après, quel scénario ?

L’Europe a mis plus de temps à se remettre de la crise que les autres économies avancées. « On connaît la prescription à donner à l’économie européenne : une meilleure intégration dont une meilleure intégration fiscale. Cependant, on ne voit rien venir », note Paul Diggle. L’Europe pourrait donc prendre deux voies : soit celle d’une plus grande intégration, soit celle d’un éclatement. Il y a des forces qui pourraient renforcer la cohésion comme, par exemple, une intégration fiscale et financière et une meilleure mobilité des travailleurs. D’autres points pourraient cependant activer une désintégration: une fragmentation économique, la montée d’un nationalisme économique ou encore la montée des populismes.

Une autre question se pose également. Se dirigera-t-on vers une japonisation de l’économie européenne ? Il semblerait que nous éviterons ce scénario à la japonaise. La culture politique est différente en Europe. Notre histoire politique et les différentes cultures en présence devraient éloigner ce type de scénario. Et puis, finalement, le Brexit renforce l’esprit et la cohésion au sein de l’Union Européenne. L’Europe n’a donc pas le choix : pour survivre, elle doit opter pour plus d’intégration !

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