Les particuliers sous-estiment fortement le coût de la vie à la retraite

Par Schroders

Les Belges non pensionnés prévoient de consacrer en moyenne 34 % de leur pension aux dépenses de la vie courante[1]mais, dans les faits, c’est près de 50 % de ce montant en moyenne dont ils auront besoin une fois pensionnés.

L’enquête Schroders Global Investor 2018 révèle un écart important entre les attentes et la réalité financière de la vie de pensionné.

Proportionnellement au dernier salaire, les revenus des pensionnés sont inférieurs (de 54% en moyenne) au niveau dont les actifs proches de la retraite pensent avoir besoin pour vivre confortablement (75% en moyenne).

Réalisée auprès de plus de 22 000 investisseurs issus de 30 pays[2], l’enquête indique que 30 % des pensionnés belges pensent qu’ils n’ont pas un revenu suffisant pour vivre confortablement, contre 14 % à l’échelle européenne et 15 % à l’échelle mondiale.

Fig 1 Ventilation attendue des dépenses (chez les actifs non pensionnés)
Question posée : Quelle part approximative de votre revenu annuel (c’est-à-dire la somme que vous touchez chaque année) prévoyez-vous de dépenser dans chacun des postes suivants pendant vos années actives en tant que pensionné ?

Fig 2 Répartition réelle des dépenses (chez les pensionnés)
Question posée : Quelle part approximative de votre revenu annuel (c’est-à-dire la somme que vous touchez chaque année) prévoyez-vous de dépenser dans chacun des postes suivants pendant vos années actives en tant que pensionné ?

37 % des pensionnés belges interrogés reconnaissent qu’un revenu légèrement supérieur ne ferait pas de tort, tandis que 33 % indiquent disposer d’un revenu suffisant pour vivre leur retraite de manière confortable.

Les actifs en fin de carrière qui se trouvent dans la tranche d’âge des 55 ans ou plus risquent d’avoir une bien mauvaise surprise s’ils surestiment leurs revenus de pensionnés. Ils pensent en effet avoir besoin en moyenne de 75 % de leur salaire actuel pour vivre une retraite confortable.

 

Pourcentage moyen pour

vivre une retraite confortable :

Belgique Europe Monde
Actifs non pensionnés & âgés de 55+ 75,1 % (n=97) 72,4 % (n=1.465) 73,9 % (n=2.947)
Pourcentage moyen du dernier salaire réellement perçu à la pension

Actifs pensionnés & âgés de 55+

54,1 % (n=114) 63,0 % (n=1.382) 60,8 % (n=2.820)


Fig 3 Revenu de pensionné (question posée aux 55+)
Questions posées : Quel est le revenu annuel, exprimé en pourcentage de votre salaire ou revenu actuel, dont vous pensez avoir besoin pour vivre une retraite confortable ?
Quel revenu annuel, exprimé en pourcentage de votre dernier salaire, toucherez-vous une fois que vous aurez pris votre pension ?

En réalité, les pensionnés belges perçoivent en moyenne 54 % de leur dernier salaire annuel, alors que ce pourcentage est de 61 % à l’échelle mondiale. Au niveau mondial, l’écart le plus faible s’observe en Europe où les pensionnés perçoivent 63 % de leur dernier salaire annuel, alors que les actifs proches de l’âge de la retraite évaluent leurs besoins à 72 %. Cela veut dire que le revenu des pensionnés belges est inférieur de 9 % en moyenne à celui des retraités européens par rapport à leur dernier salaire annuel.

Un signe peut-être que les pensionnés belges pensent que leur revenu final ne sera pas suffisant : ils continuent d’investir en allouant en moyenne 23 % du total de leur épargne-pension[3]à des placements financiers, contre 19 % pour les retraités à l’échelle mondiale et 18 % à l’échelle européenne.

À l’inverse, les Belges proches de l’âge de la pension estiment ne devoir investir en moyenne que 8 % de leur épargne-pension.

C’est en Asie que les projections des non-pensionnés concernant la part du revenu consacrée aux dépenses de la vie courante sont les plus réalistes, cette part atteignant 32 % de leur pension – en moyenne, les résultats sont similaires en Europe (35%) et en Belgique (34%). En réalité, cette part s’élève à un peu plus de 38 % chez les pensionnés d’Asie, tandis que les pensionnés européens et belges consacrent 50% aux dépenses de la vie courante.

Il est fort à craindre que partout dans le monde, les particuliers sous-estiment la proportion de leur revenu qu’ils devront consacrer à leurs dépenses courantes après leur départ à la retraite, ainsi que le montant dont ils devront disposer pour vivre une retraite confortable, en particulier dans l’environnement actuel caractérisé par des rendements faibles et une inflation en hausse. Cet écart de perception représente un danger bien réel, qui ne peut être corrigé d’un simple coup de baguette magique. Pour éviter d’être confrontés à des difficultés financières une fois venue l’heure de la retraite, les particuliers doivent prendre conscience de l’importance de commencer à épargner le plus tôt possible.

Ne commencer à épargner en prévision de sa pension qu’à l’approche de ses 50 ou 60 ans risque de ne pas suffire pour combler un niveau d’épargne insuffisant.

L’enquête révèle que, peut-être faute de disposer d’une pension suffisante, les retraités continuent d’investir, et placent des sommes supérieures à ce qu’ils avaient prévu lorsqu’ils étaient encore actifs. 

Pour consulter l’intégralité de l’Enquête Schroders Global Investor 2018 « Épargner pour bénéficier d’une retraite confortable », consultezle site.


Consultez aussi le corner Placements

Comment vivre de mon capital après la pension? 

[1]Dépenses quotidiennes telles que l’alimentation, l’habillement et le paiement du loyer/prêt

[2]En avril 2018, Schroders a confié à Research Plus Ltd la réalisation d’une enquête indépendante en ligne auprès de plus de 22 000 personnes investissant depuis 30 pays à travers le monde. Parmi ces pays, figurent l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. Cette enquête considère comme un investisseur toute personne envisageant d’investir au moins 10 000 euros (ou une somme équivalente) au cours des 12 prochains mois et ayant modifié ses placements au cours des dix dernières années

[3]Tout type de placement destiné à générer un revenu de retraite, comme par exemple un plan d’épargne-pension d’entreprise, le régime des pensions du secteur public, un plan d’épargne-pension individuel ainsi que toute autre forme d’épargne ou de placement, tel que les hypothèques rechargeables, les dons d’argent par des proches ou encore les héritages.

Ce contenu a été publié dans Pensions, Placements, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Les particuliers sous-estiment fortement le coût de la vie à la retraite

  1. Barvaux dit :

    Cette étude met bien en lumière la situation des pensionnés, avec quelques variantes, selon le comportement de chacun. Elle évoque aussi la frilosité des plus jeunes à penser à ce moment, donc à anticiper. Car la vie de pensionnés, aujourd’hui, est tout autre que celle qu’ils avaient prévue. Perte en capital, due à l’inflation et à l’absence d’intérêt sur le capital, sans compter, pour beaucoup, sur la perte de valeur des actions Fortis devenue Ageas. Le rendement espéré aurait permis de faire face aux dépenses du quotidien: mazout, électricité, eau, vacances……..Sans compter aussi sur l’augmentation effrayante du coût de la vie. Puis, sur le capital de l’assurance pension, doublement taxé en « cotisation de solidarité »: à la source, lors du paiement, puis mensuellement via le revenu fictif ajouté virtuellement à la pension!! Je qualifierais cela de vol manifeste de la part du fisc. Double imposition inacceptable.
    A cela s’ajoutent les soins de santé que la longévité augmente.
    Et si l’un des 2 conjoints quitte la vie, les frais fixes incombent au survivant qui ne peut assumer sans réserves confortables. Or ces réserves ne font que fondre comme neige au soleil, …..sans même mettre en cause le réchauffement climatique!!
    Alors que ce segment de population pourrait apporter un réel souffle à la dynamique économique par ses dépenses en loisirs, vacances, sports, restaurants, achats…. les pensionnés restent prudents dans leurs dépenses et apportent moins qu’ils ne le voudraient. Par peur d’en manquer!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *