Moins de sucre dans l’assiette : quelles conséquences en portefeuille?

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Par Elly Irving, analyste ESG chez Schroders

Le sucre pourrait faire du « Big Food » le prochain « Big Tobacco ». En effet, l’industrie alimentaire et des boissons a subi de profonds changements et les investisseurs peuvent tenir compte de ces facteurs en portefeuille.

Trois catalyseurs expliquent ce changement d’environnement pour les entreprises alimentaires et de boissons.

  1. Une prise de conscience croissante chez les diverses parties prenantes

Les médias, les consommateurs et le législateur accordent toujours plus d’attention au rôle du sucre dans l’alimentation. La réglementation en matière de publicité et d’étiquetage a été étendue, tandis que des directives volontaires en faveur d’une réduction de la consommation de sucre ont vu le jour.   

  1. Tendances en matière de démographie et de santé 

La hausse des cas d’obésité, de diabète et autres maladies non transmissibles met les budgets des soins de santé sous pression. D’après l’OMS, la prévalence de l’obésité a doublé au niveau mondial depuis 1980. Durant la même période, la consommation de sucre a elle aussi augmenté. Les frais de santé croissants ont convaincu les pouvoirs publics d’instaurer des taxes sur le sucre. Depuis 2015, 17 nouvelles taxes sur le sucre ont été introduites. 

  1. La recherche scientifique indépendante augmente le risque d’actions en justice

La recherche scientifique portant sur les effets de la consommation de sucre sur la santé s’intensifie. Le risque de poursuites judiciaires à l’encontre des producteurs alimentaires et de boissons croît également, surtout si le nombre de cas d’obésité continue de grimper.  À l’instar de Public Health England, un certain nombre de catégories de produits alimentaires et boissons sont dans le collimateur : les sodas, les céréales, les friandises, les yaourts et les glaces. À eux seuls, les sodas représentent déjà 28 % de la consommation journalière de sucre des enfants. 

Si les entreprises alimentaires veulent survivre, elles doivent s’adapter au changement de comportement des consommateurs. On observe ainsi quatre tendances dans ce secteur : 

  1. Fusions et reprises en raison de la demande de produits plus sains

Les grandes entreprises alimentaires tentent de croître dans ce segment en opérant des fusions ou reprises de producteurs de moindre taille, répondant mieux à la demande de produits plus sains.  Les entreprises qui ne parviennent pas à s’adapter assez rapidement, deviennent la proie d’actionnaires activistes.  

  1. Adaptation et innovation

Les grands producteurs alimentaires et de boissons adaptent leur offre existante, d’une part, en réponse à la demande changeante du consommateur et, d’autre part, en raison des taxes sur le sucre qui les menacent. Le succès n’est toutefois pas garanti. Une adaptation de l’offre de produits peut s’avérer coûteuse et même porter préjudice à la marque si elle ne satisfait pas les attentes du consommateur.  

  1. Davantage de promotion

L’évolution vers des alternatives plus saines occasionne des dépenses en promotion plus élevées afin de compenser la baisse des ventes des produits nocifs pour la santé.  Le secteur publicitaire lutte également contre la diabolisation du sucre par les médias, aidés par l’instauration d’une taxe sur le sucre. 

  1. Davantage de transparence au niveau de l’entreprise

Les entreprises du secteur alimentaire se voient de plus en plus imposer des contraintes afin d’expliquer comment elles réagissent à ces tendances. Les entreprises fixent des objectifs nutritionnels. Les taxes sur le sucre font également l’objet d’une attention accrue dans les rapports annuels. 

Et en portefeuille ?

Dans l’analyse du secteur et de ces entreprises, il convient donc de tenir également compte de leur manière de relever les défis liés à la consommation de sucre. Cela entraîne des adaptations dans la composition du portefeuille afin de mieux maîtriser le risque inhérent à une exposition au secteur alimentaire et des boissons.

Retrouvez le texte complet Sugar: current state of play, de Elly Irving, analyste ESG chez Schroders, dans le Sustainable Investment Report (annual report 2017).

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