Quelles perspectives pour la finance responsable en 2018 ? (partie I)

Par Degroof Petercam

L’année 2017 aura été dominée à nouveau par le changement climatique, qui restera bien entendu, un sujet majeur pour les investissements responsables et durables en 2018. Et notamment la question du financement avec toujours l’engouement pour les obligations vertes. Plus globalement, les objectifs de développement durable (Sustainable Development Goals), alors qu’ils étaient passés quasi inaperçus lors de leur lancement, gagnent en importance dans les communications et les stratégies des entreprises.

Communication accrue, notamment du fait d’une réglementation croissante en matière d’une information environnementale, sociale et de gouvernance, pour les entreprises financières comme non financières. Enfin, la question d’une fiscalité et taxation responsables s’immisce progressivement auprès des grandes entreprises appelées à revoir leur stratégie fiscale, sous la pression de la société civile et de la réglementation.

1.             Objectifs de Développement Durable

Successeurs des objectifs du millénaire, les 17 objectifs de développement durable ont été initialement définis pour les pays. Cependant, adoptés dans un contexte porteur de prise de conscience auprès des investisseurs et tenant compte de l’importance des besoins de financement[1], la sphère privée – financière et non financière – s’est rapidement approprié ces objectifs de développement durable dans les domaines économique, social et environnemental d’ici 2030.

Le risque de “greenwashing” peut être grand étant donné le magnifique outil marketing qu’offrent ces 17 icônes colorés. Cependant, les ODD inscrivent les investissements responsables et durables dans une nouvelle dynamique de remise en question sur leur valeur ajoutée et impact réels. Il ne suffit plus pour les fonds d’investissement durables et responsables d’écarter certains secteurs ou certaines entreprises mais de prouver que les investissements sont orientés vers des solutions de développement durable. 2018 sera l’heure de la preuve avec la mesure de l’impact pour les investissements durables.

2. Réglementation croissante en matière d’informations environnementales, sociales et de gouvernance

“Comply or explain” est le principe qui domine de plus en plus le cadre réglementaire notamment européen.

La réglementation est de plus en plus pressante sur les entreprises et les investisseurs quant à leur responsabilité vis-à-vis de la société et de ses différentes parties prenantes. Les entreprises sont dorénavant soumises à l’obligation de rapporter sur leurs données environnementales, sociales et de gouvernance. En effet, la directive 2014/95/EU règle la publication des données dites non-financières des grandes entreprises qui devront à partir de 2018 publier celles-ci dans leurs rapports annuels.Il est dommage que la Commission Européenne parle de données non-financières et ne se soit pas encore alignée avec les tendances du marché en parlant de données extra-financières, reconnaissant par-là l’impact financier et économique de telles informations ESG. Ainsi les entreprises comptant plus de 500 employés devront publier leurs politiques en matière de protection environnementale, responsabilité sociale et traitement des employés, respect des droits humains, politique d’anti-corruption et diversité des conseils d’administration. Ces dernières peuvent se référer aux recommandations de l’OCDE sur la question. En effet, l’OCDE a émis cette année ses recommandations de conduite des affaires responsables pour les multinationales et également les investisseurs institutionnels. De plus, en juin dernier la Commission a également publié ses lignes de conduites et recommandations à l’attention des entreprises afin de les assister à publier leur information sociale et environnementale.Les investisseurs institutionnels font face à différentes réglementations traitant du sujet. Principalement nous citerons la Directive IORP II qui oblige les institutions de retraite professionnelle (fonds de pension et plans de retraite) à expliquer leur approche d’intégration des critères extra-financiers ou encore la révision de la Directive des Droits des Actionnaires qui fait de nombreuses références dans ses différents articles à l’obligation d’intégrer et rapporter sur la politique d’intégration des critères ESG. La consultation de la Commission européenne sur les obligations des investisseurs institutionnels et gestionnaires d’actifs en matière de durabilité est d’ailleurs toujours ouverte. Au nom de l’obligation de loyauté et de prudence, les investisseurs institutionnels et des gestionnaires d’actifs font face à des obligations fiduciaires qui incluent explicitement les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et la durabilité à long-terme.

Consulter aussi le corner Placements responsables

[1] Entre 5 et 7 trillions de dollars par an entre 2015 et 2030 selon les Nations Unies (United Nations Commission on Trade and Development (UNCTAD))

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