Quel est l’impact socialement responsable de l’e-commerce ?

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Les transactions sur les sites de commerce en ligne explosent : depuis la fin des années 2000, l’e-commerce a atteint 8,7% des ventes au détail au niveau mondial. Ce chiffre devrait être de 15% en 2020.

Plusieurs études académiques se sont penchées sur l’impact environnemental du commerce en ligne. Selon une analyse réalisée par la maison de gestion Candriam se basant sur ces recherches académiques, le commerce en ligne aurait un impact favorable sur l’environnement à divers niveaux.

Les analystes de Candriam distinguent ainsi quatre principaux effets favorables. Le commerce en ligne permet de réduire les déplacements en voiture et les émissions de carbone qui y sont associées. Il permet également de diminuer les stocks mais aussi les déchets et l’espace de vente au détail. En utilisant moins d’espace de vente, ce type de commerce permet de réduire l’énergie consommée principalement par l’éclairage et la climatisation.

Mais que penser des émissions associées au déplacement des biens au départ des entrepôts vers les lieux de livraison ? Selon une étude de Weber et al. (datée de 2008), deux tiers des émissions issues du shopping traditionnel proviennent des déplacements des clients jusqu’aux points de vente. Cette énergie est plus conséquente que celle utilisée par tous les transports de logistique. Même si le client se fait livrer chez lui, et malgré ce que l’on qualifie du « dernier kilomètre » ou du « last mile », cette livraison est 24 fois plus efficiente que si les clients utilisaient leur propre véhicule.

Dans les pays de l’OCDE, les émissions de CO2 proviennent approximativement à concurrence de 30% du secteur des transports. Or, l’e-commerce permet de rationnaliser les déplacements en supprimant un des maillons de la chaîne de distribution : le déplacement des clients vers le site commercial. Dans ce cadre, l’e-commerce peut donc constituer une opportunité pour les défis liés au changement climatique.

Cependant, l’e-commerce peut avoir aussi des effets négatifs sur l’environnement. Le packaging est ainsi une source beaucoup plus importante de déchets chez les commerçants en ligne que chez les commerçants physiques. En effet, les emballages sont différents selon que l’on est dans un magasin physique ou selon que l’on se fait livrer la marchandise. « Les boîtes d’expédition individuelles et les emballages intérieurs non recyclables utilisés par les sociétés de commerce électronique augmentent considérablement leur empreinte carbone, tandis que les détaillants physiques utilisent des palettes et un film rétractable protecteur », note l’étude de Candriam.

Par ailleurs, les livraisons « express » peuvent avoir un impact négatif sur l’environnement si elles exigent un envoi par avion. Cependant, si les achats et les livraisons peuvent être regroupés, on peut diminuer encore l’empreinte carbone de ces livraisons et diminuer également les emballages.

D’autres points négatifs doivent encore être relevés : les politiques de retour des marchandises induisent des déplacements du domicile vers les points de collecte. On estime ainsi que 30% des biens achetés en ligne font l’objet d’un retour contre seulement 6 à 10% pour les commerces traditionnels. L’infrastructure informatique est également consommatrice d’énergie. « On estime que le secteur des technologies de l’information consomme déjà 7 % de la demande mondiale d’électricité, dont la moitié est consommée par les réseaux et les centres de données, ce qui augmente l’intérêt pour les énergies renouvelables ».

En conclusion, cette étude démontre que les choses ne sont pas tout à fait blanches ou noires mais que l’e-commerce a un impact globalement positif sur l’environnement. Cependant, il y a encore des efforts à réaliser concernant la politique des retours, le regroupement des achats, les emballages et le développement d’énergies alternatives pour la consommation d’électricité liée aux infrastructures informatiques. Les clients ont aussi un rôle à jouer dans cette avancée en commandant de façon rationnelle pour éviter au maximum les retours de marchandises qui sont nocifs pour l’environnement.

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