Quelle place pour le pétrole en portefeuille ?

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On peut se poser la question de savoir quelle place on peut allouer aux énergies fossiles, et plus particulièrement au pétrole, dans son portefeuille. Cette question peut se décliner en deux temps en abordant d’une part l’aspect éthique et, d’autre part, l’aspect économique et financier.

D’un point de vue éthique, on constate que de plus en plus de fonds ISR (Investissements Socialement Responsables) excluent les énergies fossiles de leurs portefeuilles. L’argument invoqué est de respecter ainsi des critères environnementaux et d’anticiper les impératifs climatiques de plus en plus présents dans les réglementations. « En excluant ce secteur dans certaines de nos stratégies d’investissement, nous ne voulons pas jouer le rôle de moralisateur. Il est évident que nous ne pouvons pas nous passer de pétrole. Il ne s’agit donc pas d’un boycott mais plutôt d’une manière de stimuler la transition énergétique à travers nos placements », explique Etienne de Callataÿ, Président d’Orcadia Asset Management. Mais, en excluant le pétrole et les énergies fossiles des portefeuilles, les investisseurs n’encouragent pas les entreprises de ce secteur à s’améliorer et l’on se prive également d’un pouvoir en matière de vote aux assemblées générales de ces sociétés. Un vote qui permet de peser sur les politiques environnementales et sociales de ces compagnies ! Cependant, ce mouvement de désinvestissement dans les énergies fossiles pourrait provoquer un abandon de certains projets dommageables pour le climat tout en encourageant le développement de nouvelles stratégies énergétiques plus respectueuses de l’environnement.

D’un point de vue économique et financier, le secteur pétrolier est-il un bon investissement ? En ce qui concerne cet aspect, deux visions s’opposent. La firme Schroders est positive pour le secteur pétrolier et gazier. Après le rallye d’avril dans le secteur, les cours pétroliers ont continué de grimper jusqu’à franchir la barre des 80 dollars le baril. Cela peut s’expliquer à la fois par une demande de pétrole qui reste forte, une offre faible et des faibles valorisations dans le secteur. «  Le secteur tout entier semble être tombé en disgrâce auprès des marchés financiers. Pourtant, les entreprises qui ont continué d’investir de façon disciplinée pendant la récession sont à présent en bonne position grâce à la forte demande et à la hausse des prix du pétrole.  Ce cycle est alimenté par la dynamique à long terme de l’offre et de la demande », note James Sym, gestionnaire de fonds en actions européennes.

Mais ce secteur n’est pas sans dangers et il présente des risques très spécifiques. « On peut s’attendre, à moyen et long terme, à une diminution de la demande pour les énergies fossiles. Les réglementations en matière de protection de l’environnement de plus en plus sévères, la fiscalité, les changements dans les modes de transport et de consommation d’énergie sont autant de facteurs qui vont peser sur la demande des énergies fossiles. L’énergie fossile risque de bien porter son nom, être une énergie du passé. Il y a donc de bons arguments de type financier pour éviter le secteur des énergies fossiles, même s’il en résulte une perte de diversification dans le portefeuille. Il y a aussi de bons arguments de type éthique pour un tel évitement », estime Etienne de Callataÿ.

Ce sentiment est partagé par les analystes de DWS qui viennent de sortir une étude selon laquelle « le changement climatique est l’une des plus importantes questions en matière d’ESG. En conséquence, de nombreuses stratégies d’investissements sont à l’étude pour faire face aux risques relatifs à la transition vers une économie à faible intensité de carbone ainsi que la menace que représentent pour le rendement des investissements des éléments tels que l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes ».

A noter encore que tous les fonds qualifiés de durables, ISR ou ESG n’excluent pas d’office les énergies fossiles de leurs investissements. Les investisseurs soucieux de vouloir éviter ce secteur ont donc intérêt à s’enquérir auprès de leur gestionnaire sur la présence ou non de ces compagnies en portefeuille.

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