Investissements socialement responsables : quels mythes et quelles réalités ?

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S’y retrouver dans les placements socialement responsables n’est pas toujours aisé. Entre mythes et réalités, des éclaircissements peuvent être apportés. Il a donc été question d’éthique et de responsabilité sociétale lors du dernier petit déjeuner financier organisé par La Libre Belgique et le blog MoneyStore. A cette occasion, Christel Dumas, Professeur à l’ICHEC et Frédéric Degembe, Investment Officer chez ING Private banking ont apporté leur éclairage sur un pan de la finance un peu particulier : l’investissement socialement responsable.

A l’origine de source religieuse, la tendance de la finance éthique s’est renforcée lors de l’apartheid avec l’exclusion des investissements en Afrique du Sud et avec des catastrophes écologiques comme celle de l’Exxon Valdez. « On est passé d’une dimension éthique à une offre orientée à la fois vers l’environnement, le social et la gouvernance. Aujourd’hui, ces investissements se penchent sur l’impact qu’ils ont sur la société et l’environnement et sur la façon dont ils peuvent favoriser la création d’un monde meilleur », explique Christel Dumas.

Aujourd’hui, les fonds qualifiés d’ESG (environnement, social, gouvernance) représentent 12 milliards d’euros d’actifs sous gestion en Belgique (contre 5 milliards d’euros en 2015). « La demande et l’offre explosent et l’on compte 1.800 fonds qualifiés d’ESG dans le monde aujourd’hui. A cela, il convient encore d’ajouter les mandats de gestion. Les millennials poussent aussi la demande pour ces fonds. Des études ont ainsi estimé que 80% d’entre eux seraient prêts à investir dans ce type de produits », ajoute Frédéric Degembe.

Mais une question est fréquemment posée : ces fonds sont-ils aussi rentables que les fonds traditionnels ? « Plus de 200 études académiques ont été réalisées sur ce sujet. Il en ressort que, lorsqu’on investit dans ces produits, on ne perd rien en performance financière. Il faut aussi voir tous les aspects connexes que la responsabilité sociale engendre. Les employés sont plus performants, les relations avec les clients sont meilleures et le dialogue avec les investisseurs est de qualité supérieure », constate Christel Dumas. Il est cependant admis que chaque fonds ayant sa propre approche, certains produits, en raison de leur politique d’exclusion, peuvent parfois sous-performer dans un cycle économique complet. Dans ce type d’investissements, la relation au temps sera primordiale, car sur le long terme ces fonds génèrent en moyenne une bonne performance.

Mais ces fonds durables ont-ils un réel impact sur la société ? « Concrètement, ils ont un réel impact grâce à la politique de vote des gestionnaires en assemblée générale des entreprises en portefeuille, ce qui permet d’instaurer aussi un dialogue en vue d’améliorer la stratégie des sociétés », note Frédéric Degembe. Ces entreprises sont également encouragées à améliorer leur comportement pour des raisons de gestion du risque, de réputation et de bon fonctionnement. Mais pourquoi faut-il nécessairement associer les valeurs aux investissements ? L’argent n’est en réalité pas neutre. La façon dont il est alloué et soutient l’économie n’est pas anodine. Finalement, investir socialement responsable, c’est un peu comme consommer « bio » : c’est bon pour la santé du portefeuille et cela permet de favoriser une autre façon de produire. « C’est un acte politique dans la conception grecque du terme. Grâce à ces placements, on peut avoir un réel impact sur la société. On ne peut donc pas dissocier les valeurs de l’argent. Cependant, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans cette offre », reconnaît Christel Dumas

Comment faire le tri entre les mauvais et les bons élèves de la classe ? Il n’existe pas de définition de la durabilité. Dans certains fonds le focus donné à l’environnement prévaut sur les aspects sociaux ou de gouvernance. « Il existe cependant des labels qui sont édités par des associations mais la clef, c’est la transparence. Malheureusement, l’information n’est pas toujours complète. Il faut donc veiller à avoir un dialogue avec son banquier sur la composition du fonds », préconise Christel Dumas. Il faut donc être extrêmement attentifs au contenu des fonds durables dans lesquels on veut investir car ce type d’investissement n’est pas anodin dans la mesure où, bien ciblé, il peut avoir une portée sociétale réelle qui peut faire avancer des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les entreprises.

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez aussi sur MoneyStore :

Qu’est-ce qu’un fonds éthique, durable ou ISR ?

A quoi faut-il être attentifs quand on investit dans un fonds durable ?

Quelle place pour le pétrole en portefeuille ?

et la vidéo ici

 


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