La crise a-t-elle une fin ?

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Invité pour la rentrée 2018-2019 du Cercle Femmes & Finance, Etienne de Callataÿ (Economiste et Président d’Orcadia Asset Management) a exposé ses vues sur la situation économique et des marchés. « La mission d’un économiste n’est pas de faire des prédictions comme Madame Soleil mais plutôt de disséquer ce qui se passe », avertit l’orateur.

Alors comment va l’économie aujourd’hui ? La crise a-t-elle une fin ? Globalement, cela ne va pas si mal. En exposant les chiffres du chômage, cet économiste montre que les Etats-Unis n’ont jamais connu une baisse du taux de chômage aussi longue et forte. En Europe aussi, la contraction du chômage est favorable et l’on est revenu aux chiffres du début des années 2000. Peut-on cependant en déduire que la crise est derrière nous ? « C’est un indicateur qui va dans le bon sens », estime Etienne de Callataÿ.

Un autre indicateur est le taux de croissance. Globalement, en 2018, les évolutions sont plus favorables qu’espéré. On s’attend cependant à une légère décélération en 2019. Certains observateurs estiment qu’après 9 ans de croissance continue aux Etats-Unis, on va assister à une récession. « Mais cette idée se base sur une erreur fondamentale qui est de croire que la croissance aurait une durée préétablie. Statistiquement, il n’est pas plus probable d’avoir une crise en 2018 qu’en 2019. Il n’existe pas de corrélation entre la durée d’une période de croissance et le risque de récession », souligne cet économiste.

Le pire danger qui semble donc guetter nos économies est la peur : peur que les pompiers ne soient pas assez efficaces pour éteindre les incendies. Qui sont ces pompiers ? Les hommes et femmes politiques pour dégonfler les conflits, les autorités chinoises pour contrôler leur économie, les banques centrales pour éviter une hausse brutale des taux d’intérêt. Notre orateur temporise alors les craintes relatives au protectionnisme, au Brexit, à l’Italie ou à la Turquie. La BCE a fait du bon travail et, au-delà du protectionnisme américain, il y a sans doute lieu de craindre davantage l’instabilité dans la communication de Donald Trump. « En ce qui concerne l’Italie, il faut réaliser qu’il n’existe pas de volonté populaire pour quitter la zone euro. Par ailleurs, d’un point de vue politique, les dirigeants se priveraient d’un bouc émissaire de choix. Cependant, il faut admettre que l’Italie aurait les moyens de relâcher les contraintes budgétaires qui lui sont imposées, ce qui aurait pour effet de relancer la croissance », reconnaît Etienne de Callataÿ.

Les niveaux de croissance attendus ne permettront sans doute pas de rattraper les effets de la crise de 2008. Mais il ne faut pas non plus occulter les améliorations que nous avons connues ces dernières années. La convergence des économies émergentes et des pays du Sud de l’Europe a démontré des signes d’amélioration. Les réformes structurelles et la qualité de l’action publique dans de nombreux pays (dont la Chine) sont aussi des indicateurs de consolidation.

Et au niveau des investissements ? « Le faible niveau des taux d’intérêt doit nous rappeler que les obligations exposent au risque d’inflation et de remontée des taux … et ne protègent pas le pouvoir d’achat ! Un investissement diversifié en actions permet quant à lui de dégager de meilleurs rendements. Il ne faut pas pour cela tout investir en actions si l’on a besoin de son capital dans un laps de temps court et si l’on a peur d’avoir peur ». Notre orateur rappelle aussi les atouts de l’investissement socialement responsable qui, selon lui, permet de dégager quatre rendements : la satisfaction personnelle de faire le bien, l’impact sur la manière d’agir des entreprises, la réduction du risque (dont le risque de notoriété) et l’amélioration des performances. En conclusion, l’adage « n’ayez pas peur » semble être d’actualité même si la prudence et surtout la vigilance restent de mise à bien des égards en portefeuille.

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