Que penser des marchés émergents ?

@Pexels

Après la crise turque, les élections au Brésil, voici le point sur les marchés émergents en trois questions avec Pierre-Yves Bareau, Global Head of Emerging Market Debt chez J.P. Morgan AM à Londres.

Que sont devenus les pays BRICS ?

Le concept de BRICS a été lancé en 2012 par Goldman Sachs. C’était une formule, un acronyme essentiellement marketing pour qualifier les pays émergents-phares de l’époque : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Ces pays étaient présentés comme une « brique » supplémentaire à ajouter dans les portefeuilles. Ils affichaient déjà, à l’époque, des divergences économiques. Par exemple, l’Inde, économie axée sur la technologie, est un gros importateur de matières premières alors que la Russie exporte ses matières premières. Certains de ces pays évoluent très rapidement là où d’autres sont en récession.

Mais ils ont une base commune : ce sont des économies qui émergent et qui sont encore fragiles. Aujourd’hui, les pays émergents réalisent 40% de la croissance mondiale. Ils prennent donc de plus en plus de poids dans l’ordre mondial et économique. Ces économies concurrencent les pays développés mais ils se concurrencent désormais moins entre eux. On constate également que ces Etats prennent de plus en plus d’importance aussi au niveau politique. Le monde devient multi facettes avec un leadership moins prononcé des Etats-Unis au profit de la Chine ou de la Russie.

Quels sont les facteurs qui influencent ces marchés ?

On peut distinguer les facteurs exogènes et les facteurs endogènes. Parmi les facteurs exogènes, il y a la croissance mondiale et les conditions financières. Beaucoup de ces pays sont exportateurs et ils bénéficient d’une croissance mondiale bien orientée comme c’était le cas en 2017 avec une croissance mondiale synchronisée. La globalisation de l’économie est bonne pour ces pays. Mais si la croissance devient asynchrone ou si elle ralentit, ce sera un élément défavorable pour les économies émergentes. Le contexte de guerre commerciale déclenché par Donald Trump n’est pas propice pour ces marchés.

Autre facteur exogène : le cours du dollar et les taux d’intérêt américains. Les économies émergentes se refinancent encore beaucoup en dollar même si la part de la dette en devises locales augmente. Si le dollar se renforce, la part de la dette à rembourser augmente et si les taux américains sont à la hausse, le coût de la dette de ces pays s’en ressent. On sait que la Réserve Fédérale a décidé de revoir ses taux à la hausse, ce qui est préjudiciable pour les pays émergents.
En ce qui concerne les facteurs endogènes, relevons l’importance de la croissance domestique, de la politique monétaire menée par ces pays et de la force ou de la faiblesse de la devise locale. Le leadership politique, la corruption et une politique économique stable ou instable auront des répercussions non négligeables sur ces marchés. En règle générale, il vaut mieux privilégier des pays qui ont une structure générale équilibrée avec une bonne balance courante et des budgets raisonnables.

Et en portefeuille, comment peut-on les aborder ?

Aujourd’hui, on constate que la dette de ces économies paye bien. Ces rendements valent le détour mais il faut aussi réaliser que ces économies sont très cycliques. Il faut savoir quand y entrer et quand en sortir. Aujourd’hui, les choses se compliquent avec une croissance moins lisible et la FED qui remonte ses taux. Les devises locales semblent plus intéressantes car elles sont dépréciées mais elles sont aussi plus volatiles. Dans ce type d’investissements en émergents, il convient de bien diversifier les secteurs, les pays et les devises. Ces marchés, tout comme l’ensemble des économies qu’elles soient développées ou émergentes, seront à surveiller en 2019.

Cet article vous a intéressé ? Consultez aussi sur MoneyStore.be :

Comment aborder le marché des actions chinoises ?

La crise turque affectera-t-elle la Chine et les économies émergentes de la région APAC ?

Comment les marchés émergents transforment le commerce mondial ?

 


Pour en savoir plus sur ce sujet et sur le monde financier et économique, abonnez-vous gratuitement à la newsletter hebdomadaire ici
Nous n’avons que des produits de courrier électronique concernant la newsletter, des flashs actu ou l’invitation à des événements que nous organisons. C’est pour recevoir ce type d’informations que les lecteurs s’inscrivent. Nous ne recueillons et ne traitons que vos adresses électroniques. Veuillez noter qu’en vertu de GDPR, vous aurez le droit de nous demander à tout moment de recevoir une copie de vos données personnelles traitées, de demander la suppression de vos données personnelles. Nos newsletters contiennent un lien pour mettre fin à votre abonnement immédiatement ou le modifier.

Ce contenu a été publié dans Actualité, Construction de portefeuille, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *