Comment obtenir des revenus réguliers d’un capital ? Mode d’emploi

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Par Deutsche Bank Belgique

Vous venez de toucher un capital important, par exemple une assurance-vie, un capital pension, une succession ou le produit de la vente d’un bien immobilier? Vous pouvez transformer ce capital en une rente régulière, afin de compléter vos revenus. Analyse.

Lorsqu’approche l’âge de la retraite, les priorités financières évoluent. D’une logique de constitution d’une réserve financière pendant la vie active, vous passez à un autre besoin : celui de générer des revenus complémentaires réguliers, qui vous aideront à maintenir votre niveau de vie. La raison est simple : après l’âge de la retraite, les revenus ont tendance à chuter drastiquement (lire l’encadré).

Certes, la constitution d’une épargne-pension complémentaire du 2epilier (via votre employeur) ou 3epilier (à titre privé) vous permettra de toucher une jolie somme au moment de prendre votre pension. Mais que faire après avoir empoché votre assurance-groupe ou le capital constitué dans le cadre d’une assurance-vie, si vous souhaitez en tirer un complément de revenus régulier ? Le raisonnement vaut également après une succession. Est-il possible de transformer ce capital en rente ? Analysons différents cas de figure.

L’épargne : zéro risque, mais…

Première piste à envisager : le compte d’épargne réglementé. En Belgique, les avantages du « livret » sont nombreux. Primo, les comptes d’épargne réglementés sont couverts par la garantie d’Etat à hauteur de 100.000 euros par déposant et par institution financière. A l’heure actuelle, l’épargne reste le placement le plus sûr. Secundo, la première tranche d’intérêts de 960 euros (année de revenus 2018), par an et par contribuable, est exonérée du précompte mobilier de 30%. C’est donc une solution fiscalement avantageuse. Tertio, le compte d’épargne reste un produit extrêmement liquide : en cas de besoin, votre argent est immédiatement disponible.

Le compte d’épargne réglementé demeure sans aucun doute la solution la moins risquée pour sécuriser un capital. Revers de la médaille : le contexte actuel de taux historiquement bas ne permet pas d’envisager des rendements suffisamment élevés pour générer des revenus réguliers décents. Pour obtenir des revenus complémentaires, il va donc falloir accepter de s’exposer à une certaine part de risque.

Les produits structurés : une stratégie à la carte

S’ils correspondent à votre profil d’investisseur et à votre tolérance au risque, certains produits structurés peuvent vous aider à atteindre votre objectif de revenus récurrents. Il s’agit en général de titres de dette structurés, dont le rendement dépend d’un scénario présenté à l’avance. Il peut par exemple être lié à l’évolution d’un indice boursier, d’un fonds ou d’un panier de fonds, d’un taux d’intérêt ou même de l’inflation.

Bien souvent, ce rendement est distribué sous la forme d’un coupon brut (comme pour les obligations classiques) annuel ou unique à l’échéance du produit. N’oubliez pas que ces coupons sont soumis à la retenue du précompte mobilier de 30%.

Dans la grande majorité des cas, les produits structurés présentent une maturité fixée à l’avance (par exemple 5 ou 10 ans). Pour se protéger contre le risque de perte sur le capital investi, les investisseurs privilégieront les produits structurés avec droit au remboursement à 100% à l’échéance. Attention : cette protection n’est pas une garantie absolue, car vous n’êtes jamais à l’abri d’un défaut de l’émetteur. Vous devrez également tenir compte des éventuels frais d’entrée.

Les produits structurés présentent plusieurs avantages. D’une part, leur rendement potentiel est plus élevé que celui des produits bancaires classiques. De l’autre, en fonction de votre stratégie et des scénarios de rendements que vous avez choisis, vous pouvez prédire avec plus ou moins de précision les revenus récurrents que vous obtiendrez. Par ailleurs, l’offre est suffisamment variée pour répartir votre investissement sur plusieurs produits aux stratégies différentes, plusieurs durées et plusieurs émetteurs, et ce afin de diversifier vos risques.

En effet, les produits structurés ne sont pas sans risque. Vous devez toujours tenir compte du risque de perte sur le capital en cas de défaut de l’émetteur. De même, les produits libellés en devises comportent un risque supplémentaire lié à l’évolution des taux de change.

Ne perdez pas de vue le risque de liquidité : si vous souhaitez récupérer une partie de votre capital avant l’échéance, vous serez tributaire des cours sur le marché secondaire et courrez un risque de rendement si le coupon est lié à la performance de la valeur de référence (indice, fonds, courbe des taux, etc.). Enfin, le risque de réinvestissement n’est pas à négliger : à l’échéance de votre produit, vos opportunités de réinvestissement dépendront du contexte général des taux sur les marchés.

Marchés boursiers: la flexibilité a un prix

Si les produits structurés présentent un certain confort, ils pourraient également refroidir les ardeurs des investisseurs qui cherchent avant tout la flexibilité. Devrez-vous dès lors vous tourner vers les marchés d’actions ? Pourquoi pas… si vous faites partie des investisseurs qui disposent de l’expérience, des connaissances et de l’horizon d’investissement nécessaires pour affronter la volatilité des marchés. Vous pourriez ainsi privilégier les actions qui distribuent habituellement un dividende régulier (dépendant de leurs résultats). Néanmoins, les actions individuelles demeurent un terrain extrêmement risqué pour les investisseurs particuliers.

Une solution intermédiaire consiste à vous orienter vers des fonds mixtes flexibles. Ceux-ci investissent à la fois en actions, obligations et autres classes d’actifs. Leur politique d’investissement est suffisamment souple pour revoir leur exposition aux marchés en fonction des risques anticipés par le gestionnaire. Double objectif : profiter du potentiel haussier des bourses tout en se protégeant des risques baissiers. Parmi ces fonds mixtes flexibles, certains privilégient une stratégie de distribution des revenus. Leur terrain de prédilection va des actions générant un dividende de manière durable aux obligations publiques ou d’émetteurs de qualité en passant par les obligations à haut rendement plus risquées, voire les devises.

Bien entendu, avant de souscrire à l’un de ces fonds, vous prendrez soin de vérifier leur compatibilité avec vos objectifs et votre profil de risque. Même s’ils sont diversifiés et gérés par des professionnels, les fonds demeurent des produits risqués qui n’offrent aucune garantie sur le capital investi.

Avant de vous lancer sur les marchés, posez-vous quand même cette question essentielle : acceptez-vous d’exposer au risque une partie, voire l’entièreté, d’un capital durement constitué pendant de longues années dans l’espoir d’en tirer un revenu régulier ?

Un produit de rente à vie

Une autre solution consiste à souscrire à un produit qui vous garantit une rente minimale à vie, calculée en fonction de votre âge lors de la souscription, le montant de la prime et la périodicité de la rente. Ce type de produit, qui se présente sous la forme d’une assurance-vie (branche 21 ou branche 23), vous permet dès lors de générer un revenu régulier – par exemple mensuel – en complément de votre pension légale et d’éventuels autres ressources complémentaires (revenus immobiliers, etc.). Pendant toute la durée du produit – c’est-à-dire jusqu’à votre décès –, le capital de départ est investi dans une structure sous-jacente, par exemple un fonds.

L’avantage de ce genre de solution saute immédiatement aux yeux : vous connaissez dès la souscription le montant minimum de la rente qui vous sera versée à vie. Que vous viviez encore 10, 20 ou 40 ans n’y changera rien. Dans certains cas, cette rente peut même être revue à la hausse, notamment en cas de bonnes performances boursières de l’actif sous-jacent. La rente périodique bénéficie souvent d’un régime fiscal favorable, et dans certains cas elle n’est soumise à aucune taxation.

Après le décès de l’assuré, il est mis fin au paiement de la rente. L’avenir du capital restant va dépendre des conditions du produit. Si vous avez opté pour un produit viager classique, le capital est abandonné à la compagnie d’assurance. Par contre, pour certains types d’assurances-vie, le capital restant éventuel sera versé aux bénéficiaires en cas de décès. Le capital investi qui n’a pas encore été consommé est transféré aux bénéficiaires que vous avez désignés ou dévolus à votre succession. Ce dernier type de produit répond à la crainte de voir une partie de votre patrimoine échapper à vos héritiers en cas de décès précoce. Une certitude : vous bénéficiez d’une rente minimale jusqu’à la fin de vos jours.

 

Un revenu complémentaire : oui, mais pourquoi ?

En Belgique, la pension de retraite au taux d’isolé après une carrière complète est de 1.220,86 euros (source : SPF Pensions, année 2017). Néanmoins, compte tenu du faible taux d’activité après 60 ans, la pension moyenne réellement perçue n’atteint que 1.065 euros pour un salarié. Pour un indépendant, ce montant moyen chute même à 740 euros ! Or, c’est à la même période que vous risquez d’être confronté à l’explosion de certaines dépenses. Personne ne vous le souhaite, mais vos frais de santé risquent d’augmenter. Les moins alarmistes pointeront également la probable augmentation des dépenses liées aux loisirs. Vous n’avez pas travaillé toute votre vie pour rester cloîtré chez vous après la retraite !

Alternative pour les « mangeurs de coupons »

De même, nombreux sont les investisseurs qui, durant les décennies qui ont précédé la crise de 2008, privilégiaient la distribution des coupons d’obligations (ou de bons de caisse) pour se constituer des revenus réguliers. Or, avec des taux obligataires en chute libre depuis 10 ans, cette option est devenue plus hasardeuse – toutefois si l’on veut opter pour des émetteurs solides de premier rang et des émissions en euros.

 

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