Est-ce le moment de passer aux obligations ?

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Par Deutsche Bank Belgium

Le changement semble amorcé : partout dans le monde, les taux d’intérêt ont entamé leur remontée, lentement mais sûrement. Quel est l’impact pour les investisseurs ?

En résumé :

    • Malgré la lente remontée des taux d’intérêt, il est encore trop tôt pour ‘switcher’ vers les obligations. Les actions gardent la cote, pour autant qu’elles cadrent avec votre profil d’investisseur.
    • Si vous souhaitez malgré tout investir dans des obligations, optez pour les pays émergents, qui offrent le meilleur rapport rendement/risque.

  1. Les taux d’intérêt remontent. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

C’est plutôt une bonne nouvelle. Les taux d’intérêt augmentent en effet pour une bonne raison : la croissance économique, qui reprend finalement son rythme. Dans les pays émergents comme dans les pays développés, l’économie connaît une croissance plus rapide qu’auparavant.

Outre la croissance économique, l’augmentation progressive des taux d’intérêt est également favorisée par le changement de politique des banques centrales. Ces dernières années, la Federal Reserve (Fed) aux États-Unis et la Banque centrale européenne (BCE) ont soutenu en bloc les cours obligataires, poussant ainsi les rendements vers le bas. La Fed a commencé à relever son taux directeur et elle réduit lentement son bilan en obligations. La BCE amorce, elle aussi, un changement de politique monétaire. Jusqu’à la fin 2017, elle achetait massivement des obligations, pour un montant de 60 milliards d’euros par mois. Aujourd’hui, ce chiffre a été réduit de moitié. Comme les obligations sont moins soutenues par les banques centrales, le cours des valeurs existantes va baisser et les rendements des nouvelles émissions vont augmenter.

  1. Dans ce climat, est-ce une bonne idée d’opter pour les obligations ?

Dans un contexte de forte croissance économique, les actions offrent un meilleur rendement que les obligations. Les actions sont donc à privilégier si elles correspondent à votre profil d’investisseur.

Si vous souhaitez quand même acheter des obligations, les emprunts des pays émergents offrent le meilleur rapport rendement-risque, même si vous devez accepter un risque de change.

3.     Quand faut-il acheter ?

Il est difficile d’indiquer un moment précis. Le taux directeur devrait rester très faible pendant plusieurs années encore. Ainsi, on n’attend une première hausse du taux directeur européen qu’à l’été 2019. Il n’y a donc aucune urgence.

Une augmentation de la prime de risque sur les obligations serait un bon signal d’achat. Il s’agit de la prime que l’émetteur paie en sus du taux pour un emprunt risqué, pour compenser le risque de crédit que l’investisseur prend sur cet émetteur. Aujourd’hui, nous avons atteint un niveau extrêmement bas et le risque de crédit n’est pas suffisamment rémunéré. À terme, la prime de risque se normalisera et d’autres obligations que celles des pays émergents offriront, elles aussi, une compensation correcte pour le risque de crédit.

4.     Dans l’attente du bon moment, quelles sont les alternatives dans le segment des obligations ?

Les obligations à taux variable, dont le coupon augmente à mesure que le taux d’intérêt monte. Mais elles sont très rares. On trouve occasionnellement des produits structurés qui misent sur cette tendance, mais ils ne sont pas légion.
Les fonds qui jouent activement sur la duration. La duration indique la sensibilité d’un instrument financier aux fluctuations des taux d’intérêt. Les obligations ont normalement une duration positive : si le taux augmente, la valeur d’une obligation diminue. Les gestionnaires de fonds professionnels peuvent toutefois jouer sur cette duration via des produits dérivés. Il est même possible d’obtenir une duration négative, et donc de créer de la valeur lorsque les taux d’intérêt augmentent. Vous pouvez donc obtenir malgré tout un rendement positif dans le segment des obligations si les taux repartent à la hausse. Toutefois, si les taux ne venaient pas à poursuivre leur hausse, les pertes sur de tels produits peuvent être substantielles. Il est donc déconseillé d’investir exclusivement dans ce type de fonds.

Conserver en portefeuille un maximum d’obligations à court terme. Le rendement sera faible, mais l’échéance sera plus proche. Si, dans trois ans environ, les taux ont nettement augmenté – c’est le scénario le plus probable – vous pourrez réinvestir avec un meilleur rendement.

5.     Quid des obligations que je possède déjà en portefeuille ?

Mieux vaut vendre sans tarder les obligations dont le rendement résiduel net à l’échéance est négatif. Par ‘rendement négatif’, nous entendons un revenu total à l’échéance, tenant compte de tous les coupons, inférieur au revenu en cas de vente aujourd’hui.

Si le rendement résiduel est positif et que vous êtes satisfait(e) de vos coupons, vous pouvez conserver ces obligations en portefeuille. Attention toutefois aux obligations spéculatives qui, par nature, exigent un suivi attentif du risque de crédit.

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