To be or not to be…au dessus de 3%?

@pexels

Par Vincent Juvyns, Stratégiste chez J.P. Morgan AM

Telle est la question existentielle qui agite actuellement les marchés au sujet de l’évolution du taux des bons du trésor américain à 10 ans.

Alors qu’en décembre 2017 la plupart des économistes tablaient sur un taux inférieur ou égal à 3 % en 2018, nombre d’entre eux estiment aujourd’hui que celui-ci pourrait dépasser la barre des 3 % et s’établir entre 3,25 % et 3,5 % d’ici la fin de l’année. Ce revirement s’explique par une croissance des salaires américains meilleure qu’attendue au mois de février ainsi que par l’évolution de l’inflation qui devraient conforter la Fed quant à la nécessité de poursuivre son rythme actuel de normalisation de sa politique monétaire.

En plus de ce retour à la normale sur le front de l’inflation, d’autres éléments fondamentaux et techniques pourraient également pousser les taux à la hausse.

D’un point de vue fondamental, l’implémentation de la réforme fiscale aux États-Unis devrait faire plonger le déficit budgétaire américain à 5% du PIB en moyenne au cours des 10 prochaines années et engendrer plusieurs trilliards de dollars d’émissions de bons du trésor.

D’un point de vue technique, ces émissions pourraient être plus difficilement absorbées par les marchés obligataires car les investisseurs européens et japonais sont aujourd’hui moins friands de bons du trésor américain, en raison du renchérissement des coûts de couverture de change, tandis que la Fed devrait réduire la taille de son bilan de près de 400 milliards de dollars en 2018.

Dans ce contexte, bien que la politique monétaire globale demeure accommodante, ce qui devrait nous prémunir d’une rapide et forte remontée des taux, le point d’inflexion sur les marchés obligataires est probablement proche, si pas déjà derrière nous.

Les investisseurs obligataires doivent dès lors être particulièrement vigilants et privilégier une approche flexible visant notamment à réduire la sensibilité de leur portefeuille aux fluctuations des taux d’intérêt.

Hausse des taux et marchés d’actions ne font pas non plus bon ménage, puisque la hausse du taux d’actualisation des bénéfices entraine une baisse des cours, mais le point d’inflexion pour ces derniers semble encore éloigné. Historiquement, on observe que l’environnement de taux commence à devenir problématique pour les marchés d’actions, dès lors que les taux à 2 ans approchent de 4 %, or ces derniers oscillent actuellement autour de 2,5 % aux États-Unis

En outre, depuis le début de l’année, les valorisations des principaux indices boursiers ont déjà intégré la potentialité de taux d’intérêt supérieurs, à l’instar du S&P 500 dont le ratio cours/bénéfices attendus est passé de 18,5 fin janvier à 16,4 fin mars, tandis que les fortes révisions à la hausse des attentes de croissance bénéficiaire ont permis d’atténuer cet impact.

Consultez aussi le corner Fenêtre sur le monde

 


Pour en savoir plus sur ce sujet et sur le monde financier et économique, abonnez-vous gratuitement à la newsletter hebdomadaire ici
Nous n’avons que des produits de courrier électronique concernant la newsletter, des flashs actu ou l’invitation à des événements que nous organisons. C’est pour recevoir ce type d’informations que les lecteurs s’inscrivent. Nous ne recueillons et ne traitons que vos adresses électroniques. Veuillez noter qu’en vertu de GDPR, vous aurez le droit de nous demander à tout moment de recevoir une copie de vos données personnelles traitées, de demander la suppression de vos données personnelles. Nos newsletters contiennent un lien pour mettre fin à votre abonnement immédiatement ou le modifier.

Ce contenu a été publié dans Actualité, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *