Quelles leçons peut-on tirer de la crise turque ?

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Les étés sont de moins en moins calmes sur les marchés financiers. Cette année, c’est la Turquie qui a fait couler beaucoup d’encre. Cette crise financière turque nous rappelle quelques principes à ne pas perdre de vue quand on investit dans ce genre de pays. Quelles leçons peut-on en tirer ? Analyse avec Frank Vranken, Stratégiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers.

Cette crise était prévisible car des signaux inquiétants étaient déjà apparus dès le début 2018. « La perte d’indépendance de la banque centrale est un signe évident que les choses risquent de mal tourner. A cela, il faut ajouter un déficit des comptes courants, une dette très importante par rapport au PIB et le fait que cette dette est libellée en devises fortes », note Frank Vranken.  Malgré une croissance soutenue par la démographie, la Turquie doit résoudre ses grands déséquilibres macroéconomiques. L’inflation est venue se greffer sur une situation macroéconomique fragile, ce qui nécessitait une hausse des taux d’intérêt à laquelle le président Erdogan s’est opposée pour des raisons religieuses. La situation macroéconomique de la Turquie laissait donc présager une telle crise.

A cela s’ajoute la « guerre des égos » entre les présidents américain et turc. « Nous sommes dans un scénario d’escalade. Mais, si dans une guerre des présidents on ne sait jamais lequel des deux va plier en premier, dans une guerre d’un pays contre les marchés, on sait que les marchés gagnent toujours ! », prévient cet analyste des marchés.

Quels sont alors les risques potentiels ? La crise turque n’a probablement pas dit son dernier mot. « Une hausse importante de l’inflation, une fuite des capitaux et des achats de devises par la population turque sont à prévoir. On pourrait arriver à un scénario comme en Islande qui avait figé les sorties de capitaux pour les échanges purement financiers ».

Quel enseignement peut-on tirer de cette crise ? La crise turque nous rappelle qu’il n’est pas facile d’entrer dans certains pays émergents. Il faut être attentifs à la situation macroéconomique globale des pays sans en sous-estimer les difficultés. Les rendements attractifs sont des signes de risques plus importants. Il convient également de ne pas négliger le risque devise lié à ces investissements et de tenir compte des risques géopolitiques qui, eux, ne sont pas toujours prévisibles !

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