Payer sans sa banque, désormais possible

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La nouvelle réglementation PSD2 (pour Payment Services Directive) ouvre des possibilités pour les sociétés actives dans le secteur des paiements. Cette directive facilite les paiements transfrontaliers au sein de l’Union européenne en les rendant aussi simples que les paiements nationaux. Parmi toutes les mesures que comprend cette directive, épinglons le fait que PSD2 va permettre aux clients des banques (particuliers et entreprises) d’autoriser une partie tierce, qui n’est pas nécessairement la banque, à gérer leurs finances ou à avoir accès à leurs données financières.

Désormais, des acteurs non bancaires sont habilités (moyennant l’obtention d’un agrément du régulateur) à payer des factures, à effectuer des transferts ou à consolider toutes les données financières d’une PME ou d’un particulier. Toutes ces opérations pourront être effectuées alors que l’argent restera sur un compte bancaire. Les banques seront obligées de fournir ces informations via ce que l’on appelle une API (Application program interface) si le client a donné son autorisation à une personne tierce pour y avoir accès.

En Belgique, la société iBanFirst  est un des premiers établissements de paiement à se voir délivrer par le régulateur belge les agréments PSD2 pour l’information sur les comptes et l’initiation de paiement. « Cela signifie que nos clients, essentiellement des PME, peuvent effectuer des paiements en devises étrangères par notre intermédiaire sans passer par leur banque. Notre service est plus rapide, plus transparent et moins cher que celui offert par les banquiers traditionnels », explique Pierre-Antoine Dusoulier, CEO d’iBanFirst .  

Concrètement comment cela se passe-t-il ? Le client ouvre un compte chez iBanFirst  qui ne sert qu’aux paiements. Il ne s’agit pas d’un compte bancaire dans la mesure où ces dépôts ne sont pas agrégés dans les comptes d’iBanFirst . Si, par exemple, une PME doit effectuer un paiement de 300.000 dollars à Hong-Kong, elle donne l’ordre à Ibanfirst de prendre une partie de la somme sur son compte dans une banque et l’autre partie chez son second banquier, de convertir les euros en dollars en temps réel et de les envoyer à son fournisseur à Hong-Kong. Cela lui évite de transférer les sommes d’un compte à l’autre, de demander à son banquier de faire l’opération dans des délais qui sont souvent plus longs. Par ailleurs, les PME peuvent voir en un coup d’œil tous leurs avoirs en compte auprès de leurs différents banquiers. Aujourd’hui, iBanFirst est spécialisée dans les paiements pour les entreprises. En France, la société Bankin’ offre ce type de services aux particuliers via une application sur Smartphones.

Cela signifie-t-il qu’à terme on pourrait se passer des banques pour effectuer ses paiements ? On aura toujours un ou plusieurs comptes bancaires mais, dans certains domaines, on pourrait effectivement voir des changements importants. « Avec PSD2, les paiements ne doivent plus nécessairement se faire via un compte bancaire. Ils peuvent se faire via une application ou une société indépendante des banques. Nos clients peuvent ainsi payer et recevoir des sommes via des comptes de paiement logés chez nous. Nous n’apportons pas un nouveau métier mais nous réalisons un métier existant de façon plus performante pour le client », estime Pierre-Antoine Dusoulier. Avec PSD2, un bel avenir s’ouvre à cette activité de paiement et ce genre de FinTech démontre que l’on n’a pas nécessairement besoin d’une banque pour tout. D’autres FinTechs nous montrent également que, par leur activité, on peut aussi sortir certains services de la banque : crowdlending, crowdfunding, change de devises, envoi de devises à l’étranger, gestion en ligne, robo advisors,… Il est donc important d’être attentif et de s’informer concernant toutes les nouvelles possibilités qui apparaissent sur le marché de façon à faire son choix de manière judicieuse.

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