Marchés européens: Naviguer dans des mers agitées

@Pexels

Par Capital Group

Qu’en est-il de l’enthousiasme pour les actions européennes en 2017? L’élection du président français Emmanuel Macron, favorable aux réformes, la persistance de la chancelière Angela Merkel en Allemagne et les signes d’amélioration de la croissance économique dans la zone euro ont favorisé une progression à deux chiffres des actions européennes. Les marchés européens semblaient enfin vouloir renverser une longue période de retard sur un puissant marché haussier américain.

Cette année, ces espoirs se sont estompés. Au milieu des inquiétudes des investisseurs concernant les accrochages commerciaux mondiaux, l’économie européenne axée sur le commerce a sensiblement ralenti. La scène politique dans plusieurs pays clés a sombré dans la tourmente. Et les marchés boursiers européens ont reflété cette tournure regrettable des événements, ne parvenant pas encore à suivre le rythme des actions américaines.

Voici trois problèmes sous-jacents contribuant à la dislocation sur les marchés internationaux :

  1. Les différends commerciaux mondiaux nuisent davantage à l’Europe qu’à toute autre grande région économique.

L’Europe est particulièrement vulnérable aux perturbations des échanges. Les gros titres ont tendance à mettre l’accent sur les conflits entre les États-Unis et la Chine, mais c’est l’Europe qui a le plus à perdre dans une guerre commerciale. Il s’agit d’une raison essentielle du faible rendement des actions européennes cette année.

Jusqu’à la fin du troisième trimestre, l’indice MSCI Europe était en baisse d’environ 2% en dollars américains. Cela se compare à un rendement d’environ 11% pour les actions américaines, qui ont atteint à plusieurs reprises de nouveaux sommets au cours de la période de neuf mois. Sur les marchés des changes, l’euro a glissé de 3% par rapport au dollar cette année, la hausse des taux d’intérêt américains, la vigueur de l’économie américaine et la tendance à la fuite des capitaux ont favorisé les flux d’actifs américains.

  1. Des politiques conflictuelles remettent en question la stabilité de l’UE.

En plus des craintes commerciales, la politique a constitué un obstacle. La reprise du marché boursier européen qui a débuté avec les élections françaises de mai 2017 s’est progressivement estompée et il est devenu évident que les réformes économiques de Macron feraient face à une vive opposition interne. En Allemagne, Merkel a été critiquée lorsque son parti démocrate-chrétien a perdu beaucoup de terrain lors des élections législatives, même si elle a réussi de justesse à exercer les fonctions de chancelière.

De l’autre côté de la Manche, les négociations sur le Brexit se poursuivent et il est possible que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne sans un accord commercial, ce qui pourrait être très problématique pour les deux parties.

Parallèlement, à la suite des dernières élections en Italie, un nouveau gouvernement de coalition populiste a ravivé les craintes concernant les politiques budgétaires de la troisième économie européenne et son désir à long terme de rester dans l’Union européenne et dans la zone euro, qui compte 19 membres.

La politique européenne continue de se fragmenter. Les mouvements populistes, nationalistes et marginaux réaffirment leur influence sur le continent. Ils ne disparaissent pas. Au contraire, ils gagnent du terrain dans des pays comme l’Allemagne, l’Italie et la Norvège, entre autres.

Le calendrier des événements pour 2019 n’inspire guère d’optimisme. Nous pourrions assister à un changement de direction en Allemagne, à un « hard Brexit » au Royaume-Uni et aux troubles politiques et financiers en Italie. De plus, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, devrait quitter ses fonctions en octobre 2019.

Par ailleurs, la BCE devrait mettre fin à son programme de stimulation des achats d’obligations d’ici décembre et envisager de relever ses taux d’intérêt à la fin de 2019. La BCE maintient son taux directeur en territoire négatif depuis 2014 dans le but de relancer l’économie européenne.

Tout ça fait beaucoup d’incertitude sur une période relativement courte. C’est la recette idéale pour une plus grande volatilité du marché.

  1. Les sociétés de croissance séculaire plus répandues aux États-Unis.

Une autre raison de la disparité des rendements entre les actions américaines et européennes est l’absence relative en Europe de sociétés à forte croissance axées sur la technologie. Les secteurs de la technologie et de la consommation discrétionnaire, qui dominent le marché haussier américain depuis 2009, représentent un pourcentage beaucoup moins important du marché européen.

Ce n’est un secret pour personne que d’extraordinaires leaders sur le marché, tels que Amazon, Apple, Facebook, Google, Microsoft et Netflix, sont tous basés aux États-Unis. À titre de comparaison, seules deux sociétés, l’allemand SAP et l’ASML néerlandais, représentent près de la moitié de la capitalisation boursière du marché technologique européen. La pénurie de sociétés innovantes dans les domaines de la technologie et de la consommation grand public en Europe a laissé la région en retard sur un rallye à long terme centré sur la technologie.

Consultez aussi le corner Billet d’humeur

 

 


Pour en savoir plus sur ce sujet et sur le monde financier et économique, abonnez-vous gratuitement à la newsletter hebdomadaire ici
Nous n’avons que des produits de courrier électronique concernant la newsletter, des flashs actu ou l’invitation à des événements que nous organisons. C’est pour recevoir ce type d’informations que les lecteurs s’inscrivent. Nous ne recueillons et ne traitons que vos adresses électroniques. Veuillez noter qu’en vertu de GDPR, vous aurez le droit de nous demander à tout moment de recevoir une copie de vos données personnelles traitées, de demander la suppression de vos données personnelles. Nos newsletters contiennent un lien pour mettre fin à votre abonnement immédiatement ou le modifier.

Ce contenu a été publié dans Actualité, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *