Le futur de l’économie chinoise: un chemin rempli d’embûches

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Par Mauro Fiorini, Rédacteur

Avec un rapport Investissements en infrastructure /PIB de 40%, un rapport dette globale/PIB de 299% et un marché immobilier en surchauffe, la Chine aurait déjà dû connaître une crise financière semblable à celle connue par le Japon et la Corée du Sud dans les années 90. Et pourtant, la croissance reste toujours bien soutenue autour de 7 % et aucune crise ne semble se profiler dans un avenir immédiat.

Conscient de ces dangers, en 2017, le pouvoir central a pris certaines mesures :

  1. Réduire la part des investissements dans le PIB global
  2. Réduire progressivement l’endettement en s’attaquant au « Shadow Banking » dont les encours réels de prêts sont méconnus.
  3. Contrôler les véhicules de financement des provinces et régions
  4. Augmenter la part de la consommation dans le PIB

Confronté à un bras de fer avec les Etats-Unis au sujet des droits de douane, le pouvoir central verra les exportations subir une baisse importante, ce qui influencera négativement  le PIB. La mise ne place des trois premières mesures évoquées ci-dessus a déjà provoqué un ralentissement de l’activité économique alors que la consommation stagne et ne parvient pas à compenser cet effet négatif.

Ne pouvant accepter un recul sensible du PIB, le pouvoir central a décidé :

de favoriser les projets de recherche et développement au moyen de réductions d’impôts ;

– d’inciter les régions et provinces à dépenser leur surplus de recettes et de contribuer au financement de projets ;

– permettre aux banques d’octroyer plus de crédits en abaissant les exigences en réserves à déposer à la banque centrale ;

– abaisser le niveau de contrôle exercé sur le « Shadow Banking » afin là aussi de favoriser l’octroi de crédits ;

– d’abaisser les exigences en matière de fonds propres à verser au moment d’acquérir un bien immobilier.

– d’inciter les plus grandes entreprises d’état à participer à des grands projets dans un ensemble de pays africains, du continent asiatique. Elles fourniront le financement aux gouvernements concernés au moyen de capitaux empruntés sur le marché chinois. Ceci fera encore croître le rapport Dette/Fonds Propres.

Hélas, certains emprunteurs sont souvent de piètre qualité à tel point qu’aucun organisme international ne veut leur prêter de l’argent. Les gouvernements concernés se retrouvent avec des rapports Dette/PIB trop importants et  32 % d’entre eux n’ont plus le cash-flow pour servir leurs dettes.

Ces mesures auraient dû être complétées par des transferts plus importants vers la société civile afin d’améliorer le pouvoir d’achat. Les jeunes veulent consommer sans avoir les ressources nécessaires qu’ils se procurent via le marché des cartes de crédit. Actuellement, l’ensemble des crédits hypothécaires et à la consommation atteint 40% du PIB soit 2 fois plus qu’en 2011. Les études internationales montrent que, dans certains cas, 80% du revenu disponible sont consacrés à rembourser les dettes ce qui explique la relative stagnation de la consommation.

Conclusions :

  1. Le gouvernement central est de nouveau tombé dans le même travers qu’en 2008, à savoir favoriser des projets d’infrastructure qui deviennent de plus en plus difficiles à rentabiliser et relancer le marché immobilier.
  2. Il en résulte que le taux global d’endettement risque de dépasser le seuil des 300% et si ce taux devait atteindre les 400 % alors le pays n’échapperait pas à une crise financière comme l’ont connue le Japon et la Corée en leur temps.
  3. L’absence de statistiques fiables quant aux crédits en souffrance renforce le risque lié à ce niveau d’endettement.
  4. Cependant, il est important de souligner que le gouvernement central contrôle tous les leviers du pouvoir aussi bien politique qu’économique. Le pays possède d’énormes réserves de change d’environ 3.000 milliards de dollars et est à l’abri d’attaques extérieures majeures, les investissements étrangers étant contrôlés par le pouvoir central.
  5. Le gouvernement pourrait aussi utiliser ses marges de manœuvre fiscales afin d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs notamment en augmentant les couvertures sociales, l’accès aux études et la mise sur pied d’un véritable plan de pension.

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