Et à la fin, ce sont les États-Unis qui gagnent…

Par Vincent Juvyns, Stratégiste chez J.P. Morgan AM

Si à l’heure d’écrire ces lignes, le vainqueur de la coupe du monde de football n’était pas encore connu, sur le terrain économique et financier il y avait en revanche moins de suspense quant au gagnant du premier semestre de 2018. En effet, malgré une politique budgétaire, monétaire, diplomatique et commerciale qui a déstabilisé les marchés financiers mondiaux, les États-Unis ont une nouvelle fois « dribblé » tous leurs adversaires.

Ils ne faisaient pourtant pas office de favoris à l’entame de 2018, en raison des craintes suscitées par une fin de cycle prochaine et par le niveau des valorisations des entreprises US, et par conséquent, rares étaient les investisseurs qui privilégiaient les États-Unis au sein de leur portefeuille en début d’année.

Aujourd’hui, en revanche, alors que les indices S&P 500 et Russell 2000 semblent afficher les meilleures performances boursières de l’année, nombreux s’interrogent quant à l’opportunité de revenir sur ces  marchés mais craignent d’arriver à la fin de la « fête ».

Il est vrai que la phase d’expansion de l’économie américaine vient d’entrer dans sa 10eme année et qu’à ce rythme, d’ici 12 mois, elle pourrait devenir la plus longue période de croissance économique ininterrompue dans l’histoire des États-Unis.

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, c’est bien connu, et plus cette phase d’expansion s’allonge plus la probabilité d’une récession augmente. Cependant, les périodes d’expansion ne meurent pas non plus de leurs vieux jours et même les pessimistes reconnaitront qu’il y a peu des signes avant-coureurs d’une récession. La croissance du PIB au deuxième trimestre 2018 devrait dépasser les 3% en rythme annualisé1, les indicateurs conjoncturels avancés restent bien orientés, le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis 1969 et la confiance des consommateurs reste élevée.

La récession n’est donc pas une fatalité et bien que 10 années d’expansion puissent sembler longues, ce n’est rien comparé aux 27 années de croissance ininterrompue affichées par l’Australie depuis 1991…

Même s’il semble peu probable que les États-Unis égalent le record de l’Australie, on peut estimer que le risque de récession demeure faible et que l’on peut continuer dès lors à privilégier les marchés d’actions américains. Leur valorisation est retombée à 16,3x les bénéfices attendus, après avoir atteint 18,5x fin janvier, la croissance bénéficiaire devrait s’élever à plus de 20% cette année et les indices américains nous exposent davantage à des thématiques porteuses, comme le secteur technologique ou la consommation domestique. Dans un contexte de politique monétaire plus restrictive et d’incertitudes sur le commerce mondial, il semble néanmoins, aujourd’hui, plus pertinent de privilégier une approche LONG/SHORTplutôt que LONG ONLYafin de tirer le meilleur parti de ces marchés.

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Sources: 1J.P. Morgan Asset Management; 2Office of Labour US, 3Standaard & Poor’s. Juin 2018.

 

 

 


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