Quel défi pour le gouvernement Chinois ?

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Par Mauro Fiorini, Rédacteur

Comme les experts l’avaient prédit, le Congrès du Parti Communiste Chinois qui vient de se conclure a renforcé les pouvoirs du Président Xi Jinping.

Ayant échappé à la crise financière de 2008, la Chine a pris conscience des dangers liés à un endettement excessif. Avec un rapport Dette/PIB de 260 %, le FMI avait déjà mis en garde les dirigeants chinois du danger de baser la croissance intérieure sur une croissance continue du crédit et sur l’augmentation de l’encours des crédits douteux.

Dans son discours de clôture, le Président semble avoir abandonné ses objectifs ambitieux de croissance à long terme (entre 6 et 7 %) et veut consacrer ses efforts sur la réduction du risque financier lié à l’endettement global. Cet objectif inclut également la meilleure régulation du shadow banking qui est aussi un pourvoyeur de crédits qui ne sont pas repris dans les statistiques officielles et dont le montant total est inconnu.

Ce virage implique une nette diminution de la part des investissements dans le PIB global au profit de la part de la consommation intérieure. Cela nécessitera dès lors de nouvelles politiques sociales afin d’augmenter le pouvoir d’achat notamment en mettant en place un système de pension plus étendu et un meilleur accès aux soins de santé.

Dans un article publié le 20 novembre dernier dans le Financial Times, le professeur Michaël Pettis de l’Université de Pékin conclut à une croissance réelle chinoise de l’ordre de 3 %.

Son argumentation est basée sur la non prise en considération des crédits douteux, qui sont repris par une agence gouvernementale au lieu d’être amortis, ainsi que la quantité d’investissements non productifs (capacités de production excédentaires, infrastructures non utilisées).

La Banque Centrale de Chine a déjà mis en place une politique monétaire plus restrictive visant à restreindre l’octroi de crédits. L’encours des dettes contractées par les sociétés s’élève à 160 % du PIB et a connu une croissance très élevée ces dernières années.

Le Pouvoir Central apporte son soutien en favorisant la disparition de sociétés qualifiées de « zombies » et l’élimination de capacités de production excédentaires dans les grandes entreprises étatiques. Le gouvernement cherche aussi à éviter toute surchauffe des prix de l’immobilier. Ce secteur contribue à hauteur de 10 % au PIB total, voire 20 % en y ajoutant les effets induits de devoir meubler et équiper les appartements construits. Il est donc impératif qu’aucune bulle immobilière ne puisse se produire.

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